mercredi 2 avril 2008

Douche écossaise

02 04 2008

Je ne sais pas où il est, je ne sais pas qui a eu cette brillante idée ni qui a pris la photo, mais si je savais où le trouver, j’y courrais derechef.

Oui, quoi, ce soleil couchant, ça fait râler quand on a le temps qu’on a. Qui a vu le soleil aujourd’hui ? Pas moi en tout cas même si j’ai pensé pendant une partie de la journée, qu’il allait finir par percer la couche de nuages ! Eh bien non et la pluie est revenue, on ne l’avait pas vue depuis deux jours, vous parlez d’une histoire ! Toute la journée d’hier et toute la matinée d’aujourd’hui au sec, sans eau, c’est les chats qui n’en revenaient pas ! Du coup, ils ont repris leur chasse à la souris, j’ai retrouvé une tête sur le paillasson…
Il a fait hier, entre 15 et 20° quand le soleil a brillé un peu. La pelouse, qui a les racines toute baignée d’eau, en a profité pour prendre quinze centimètres en vingt-quatre heures … Pas question pourtant de sortir la tondeuse, elle risquerait de s’enfoncer dans ce qui va finir par ressembler à un marécage. Oui car ce soir, c’est reparti …
Alors les soleils couchants, on repassera, nous autres.

Sablier de Printemps - Jour 10

mardi 1 avril 2008

Douce folie

01 04 2008

Notez, je vous prie, que j’aurais résisté longtemps avant de finalement céder sur un malheureux coup de tête hier soir dimanche, aux alentours de minuit.

Oui, j’ai cédé, faisant fi des conséquences… J’ai signé le bon de commande et je suis allée le mettre dans la boîte aux lettres, au milieu du village, rasant les murs afin de ne pas chuter du trottoir si étroit par endroits dans la rue principale. La nuit était très sombre. La chouette qui habite le clocher et que je vois parfois depuis ma fenêtre, m’accompagnait de son hululement.

J’ai longtemps hésité, cuir ou textile ? Du bois verni ou un design plus moderne avec de l’aluminium ? Le prix n’était pas le même évidemment, mais puisque c’était la folie de ma vie, je n’allais pas m’arrêter à ce détail.

Voilà, elle arrivera pour mon anniversaire, ma Jaguar S-type. Reste maintenant à convaincre mon banquier…

Sablier de Printemps - Jour 9

lundi 31 mars 2008

L'année du Serpent

31 03 2008

Et puis un jour, on ose relever la tête. Enfin, pour moi, cela s’est traduit comme cela : j’ai commencé à arpenter la vie en ne contemplant plus le sol, courbée que j’étais sous le poids de mon encombrant boulet, mais redressée, regardant les autres dans les yeux, et l’horizon vers lequel j’allais...

J’ai alors cessé d’être dans l’attente du désir de l’autre, pour me soucier de mon propre désir.

J’ai ouvert mes mains et, paumes levées vers le ciel, espéré que la sérénité qui m’habitait tout à coup, se transmettrait à l’autre.

La joie et la douceur m’envahissaient. Le rire de l’enfance revenait. Une soudaine insouciance me rendait indulgente.

Mes traits se sont détendus, mon souffle est devenu plus ample.

J’ai dirigé ma vie, les pas dans ma liberté recouvrée, à côté de la sienne, laquelle n’a pas aimé s’en faire à l’idée.

Il n’a pas supporté. Me délester de ce poids, c’était aussi redevenir une femme quand lui avait besoin d’une mater dolorosa à bercer dans le filet de sa perversité.
Il m’a dit qu’il partait. C’était il y a six ans.

Sablier de Printemps - Jour 8

dimanche 30 mars 2008

là-haut sur la montagne...

30 03 2008

''L'humanité se divise en deux camps bien distincts que tout oppose irrémédiablement. La ligne de fracture passe très précisément au milieu de la table de ma salle à manger...''

D’un côté, le monde de l’enfance, de l’autre celui des adultes.

D’un côté, un tas de cubes multicolores, quelques crayons ouverts et mâchouillés, des restes d’avions en papier à moitié déchirés, des feuilles gribouillées, quelques petites voitures.

De l’autre, suivant les jours, une machine à coudre et quelques morceaux de tissus, des classeurs et des factures, des albums et des photos en vrac, un ordi et une souris.

Mille fois par jour, des cris s’élèvent entre les deux camps.

Ce soir, je suis vaincue, j’ai rangé toutes mes affaires et malgré tout, la table est pleine. L’autre camp a profité de la situation et a tout envahi. Un casque rouge et des patins à roulettes dominent le chaos, perchés sur une multitude de choses…

Cette montagne s’écroulera-t-elle cette nuit ? Ce qui est sûr, c’est qu’elle ne disparaîtra pas toute seule, je crois qu’il va falloir que je m’y colle demain….

Sablier de printemps - Jour 7

samedi 29 mars 2008

Une vieille histoire vraie...

29 03 2008

...écrite pour le Sablier de Printemps - Jour 6

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un doigt de Porto

29 03 2008

Certains soirs, pour faire mon intéressant, il m'est arrivé de monter sur une chaise, de me draper dans un torchon à carreaux et de déclamer une poignée de vers avec des accès de lyrisme proportionnels à mon taux d'alcoolémie. Il s'agissait de l'extrait suivant : « C'est pas marqué dans les livres / Le plus important à vivre / C'est de vivre au jour le jour / Le temps c'est de l'amour ».

Cette phrase que m’écrivait mon ami Jean m’a bien fait rire. Je l’imagine fort bien dans cette situation avantageuse. Le torchon à carreaux, c’est très seyant pour un homme que j’ai toujours vu tiré à quatre épingles. Quant à son taux d’alcoolémie, il devait friser 0, 05 grammes, c’est bien suffisant pour le mettre dans cet état-là, ce vieil idéaliste aigri. Aigri par les vicissitudes d’une vie qui n’a pas tenu ses promesses.

Cocasse, en plus, le texte qu’il déclamait, comme pour s’en persuader lui-même, car c’est ce qu’il conseille sans cesse à son prochain, vivre au jour le jour… Lui pourtant, jamais je ne l’ai vu ancré dans le présent, il ne cesse de poursuivre ses rêves pour un demain qui n’arrive jamais.

Et que représente pour lui « le temps c’est de l’amour » ? L’amour, jamais il n’en parle pour lui, toujours seul je l’aurai connu. Jamais il n’évoque une aventure ou une liaison. Le seul amour qu’il tente d’obtenir, sans jamais en être satisfait, c’est celui de sa famille. Etre le meilleur d’une nombreuse fratrie totalement disloquée...Dans un déni total, cette quête est pourtant devenue sa seule raison de vivre...Pour cela, voici dix ans qu’il se consacre entièrement et inlassablement à accompagner seul sa vieille mère malade.

De temps à autre, pour se divertir, il doit prendre un doigt de porto et voilà le résultat, ses vieux démons ressortent et il redevient le jeune homme insouciant qu’il a dû être.

Sablier de printemps - Jour 5

jeudi 27 mars 2008

de l'oubli d'un clic

27 03 2008

Vous savez pas la dernière ? Il parait que j'ai un blog. Oui, oui, un de ces machins sur Internet où je raconte ma vie.

J'ai depuis longtemps l'habitude d'écrire des notes sur ce qui fait mon quotidien, pour les relire quand je serai vieille, le soir au coin du feu. J'avais commencé sur des carnets et quelques uns ont été entreposés au grenier lors de mon dernier déménagement. En rangeant un peu, je me suis aperçue qu'ils commençaient à faire la joie des souris qui ont allègrement grignoté les coins....Je me suis dépêchée de les mettre à l'abri et de les recopier sur CD.

Afin que cela ne se reproduise pas, j'ai décidé d'écrire mes notes directement sur un site où je peux agrémenter mes narrations de photos diverses. C'est un bon moyen de ne pas se faire bouffer par les souris et donc de conserver mes données dans de bonnes conditions. Bien sûr, j'avais pris le soin de cocher "hors ligne", car mon but n'était pas de raconter ma vie à la planète Terre branchée sur le net.

Mais que s'est-il passé ? J'ai commencé à recevoir de commentaires un soir de pleine lune, j'ai cru que je rêvais ! Quelqu'un me lisait ! Et émettait son avis sur les questions que je me posais à moi....Les bras m'en sont tombés.

Alors, j'ai repris courageusement les quelques 300 billets déjà écrits et me suis rendue compte qu'il ne suffisait pas de notifier dans le premier billet "hors ligne", il fallait le faire chaque jour....

Sablier d'automne - jour 4