dimanche 7 octobre 2007

le dernier sablier

07 10 2007

Pour le jeu du Sablier d'Automne

Le bonheur vient-il de ces deux mots : la bonne heure? Cela voudrait-il dire qu'il vient toujours à la bonne heure? Le bonheur est-il ponctuel ? Mais de quelle heure s’agirait-il ?

Car à l’heure d’aujourd’hui, il n’est pas de moment dans la journée où je ne sente ma souffrance, pas une seule minute où je n’oublie que j’ai un corps douloureux ; peut-on dans ce cas avoir son heure de bonheur ? Si quelqu’un peut me dire de laquelle il s’agit, et si effectivement le bonheur est ponctuel, donnez-moi vite la réponse. Si c’est en pleine nuit, je veux bien mettre trois réveils pour ne pas louper cet instant...

Mais à part Le bonheur avec un grand B, il y a dans la vie de tous les jours, des petits bonheurs qui me font oublier durant quelques minutes…

le chat qui me rapporte inéluctablement une souris avec quelques brins d’herbe sèche (il doit les sortir de leurs nids, ces rongeurs, car où peut-il trouver de l’herbe sèche dans notre Bourgogne des moussons ?)

quelques photos de mes fleurs particulièrement réussies

savoir que je vais revoir ma petite-fille dans la semaine

lire les commentaires de mes billets

retrouver vos blogs et frémir d’admiration, rire avec vous, compatir, laisser quelques mots

me relever pour manger une glace

participer au sablier d’automne qui malheureusement se termine ce soir, merci Kozlika et Samantdi !

samedi 6 octobre 2007

le premier août 2007

06 10 2007

Pour le jeu du Sablier d'Automne

Je n’ai pas de mot. C’est rare. Mais c’est ainsi. Ma colère est au-delà des mots. Voir ce soir mes deux filles pleurer pour des évènements que j’ignorais, qui se sont passés il y a deux ans, m’a complètement chamboulée.

Elles l’ont trahi. Il le leur a reproché. La plus jeune l’a insulté, elle culpabilise aujourd’hui de ne pas en avoir reparlé avec lui, de s’attacher à quelqu’un d’autre, oui, qui lui renvoie une image plus sécurisante. L’aînée a pris de la distance avec lui, elle a conscience de la manipulation dont elle est victime depuis notre séparation.

Il s’est senti trahi parce qu’elles n’ont pas pu m’abandonner dans une passe difficile, elles sont venues m’aider et me faire sentir combien elle tenait à moi, au moment où la vie me fuyait. Elles n’ont pas tenu compte de ses dernières exigences avant le règlement de nos affaires.

Sa médiocrité, sa sournoiserie, sa mesquinerie, admettre que ce soit un trait de sa personnalité psychotique et non pas un désir de nuire….

Le mal qu’il m’a fait, je m’en délivrerai, mais elles ?

Les billets précédents écrits dans le cadre du sablier d’automne étaient de la fiction, celui-ci aurait pu être édité sur cet espace, le 2 août dernier, mais j’ai préféré ravaler ma colère et faire ressortir des éléments plus positifs dans ce billet « quelle chance j’ai ».

Voilà, la vie, comment elle est parfois, on ne fait pas quelque chose puis des circonstances vous font revenir dessus….

vendredi 5 octobre 2007

travailler en musique !

05 10 2007

Pour le jeu du Sablier d'Automne

Je n'ai plus l'habitude de travailler en entendant des sons humains autour de moi. Pendant un an, afin de permettre à ma famille de survivre, j'ai accepté un emploi d'enfouisseur de déchets. Oui, mes allocations de chômage étaient terminées et le RMI ne suffisait pas à faire vivre dignement mes enfants. Tous les jours, j'ai donc conduit un engin qui éparpillait le contenu des camions poubelles puis tassait la couche de déchets. J'étais le dernier arrivé dans la boîte, j'ai bien sûr hérité du plus vieux véhicule et, outre qu'il n'y avait pas la radio dans la cabine, un défaut d'amortisseur m'a esquinté le dos. Huit heures par jour dans cette machine, sans compagnie, sans musique, un boulot où la réflexion ne sert à rien, si, juste à se faire du mal, à se demander pourquoi...Enfin mes trois têtes blondes étaient une raison suffisante, inutile de se persécuter afin de trouver un sens...

Quand j'ai voulu reprendre après mon opération de hernie discale, le médecin du travail s'en est mêlé et il a monté tout un dossier pour un aménagement de poste avec des aides. C'est ainsi que mon patron a fini par commander un nouvel engin.

Mais finalement, je n'ai pas repris. Car entre-temps, j'ai touché un héritage ! Et nous avons trouvé une île, avec un phare et une petite maison, j'ai pu reprendre mon activité d'illustrateur de livres pour la jeunesse et créer ma propre maison d'édition. Mon atelier est installé au sommet du phare, j'entends les vagues et le vent, j'écoute de la musique, les enfants montent me rejoindre et m'appellent depuis les escaliers....

Le bonheur est revenu.

le jour de l'alliance

05 10 2007

Pour le jeu du Sablier d'Automne

Ce matin, entre Adler et Duhamel, l’immuable créneau de ma douche d’avant départ au boulot, agitant mes mains ensavonnées je fais tomber mon alliance. Je la remets aussitôt mais avec beaucoup de difficultés qui me seront l’occasion de plusieurs vagues d’interrogation lors des minutes et heures suivantes, du séchage aux rebutantes tâches journalières et néanmoins professionnelles. Me suis-je trompée de doigt ? Non, après vérification, elle est bien à mon annulaire gauche, sa place habituelle, je ne suis pas très originale….

Au troisième feu rouge qui me bloque près de la bijouterie où fut achetée cette alliance il y a maintenant 10 ans, je repense à cette évènement. Tout en faisant passer et repasser la bague de part et d’autre de mon articulation, je constate une gêne. Pourtant, mon poids n’a pas varié depuis mon mariage, je ne vois pas ce qui bloque, est-ce un problème d’articulation qui gonflerait ? Je pense à ma grand-mère et à ses rhumatismes, tout en redémarrant .

Au cours de la matinée, je reçois un appel d’un client de la banque qui souhaite fermer son compte joint car il vient d’apprendre que sa femme, partie en déplacement, ne reviendra pas, elle l’a trompé et part vivre avec son patron…. Je pense alors à mon homme à moi, depuis trois jours en Allemagne pour un salon avec sa secrétaire. Un frisson me prend. Cette alliance qui ne veut plus prendre sa place normalement, serait-ce un signe prémonitoire ?

jeudi 4 octobre 2007

le jeu du sablier d'automne

04 10 2007

Depuis trois jours, je participe au sablier d’automne, organisé par Samantdi et Kozlika.

J’ai eu beaucoup de facilité à démarrer les deux derniers billets, un peu moins le premier. J’ai dû, afin d'imaginer un gadget à décrire, taper ce mot dans ma barre de recherche favorite pour trouver une idée visuelle, à partir de laquelle j’ai pu ensuite composer et, à ma grande surprise, inventer un semblant de fiction.

Ce jeu me rassure sur mes possibilités d’écrire à partir de tout et de rien, je n’ai pas perdu l’entraînement. Depuis 30 ans que je compose des histoires de vie en résumé, mais aussi que je rédige des projets divers, ceci souvent dans la précipitation et le stress, parfois à quatre mains voire six, j’avais fini par conclure, sur le ton de la boutade, que je me sentais capable d’écrire à partir de n’importe quel sujet (genre la culture du petit pois en Pennsylvanie ou la vie des nomades dans le siècle des lumières….).

Chaque soir, il y a d’abord la fébrilité en attendant de lire l’accroche : que vont nous pondre Samantdi et Kozlika ?

Dès qu’elle est décryptée et que j'ai effectué un "copier coller", je passe à l’action. La rédaction me procure un plaisir évident et je remercie nos deux fées du blog de leur initiative.

Puis, il y a la découverte des autres billets, qu’ont pu inventer mes « coblogueurs » habituels ? Je lis rapidement les premiers, reviens sur ceux qui m’ont particulièrement plu, dépose un commentaire. Ah ! Un blogueur inconnu, ça n’a pas l’air mal ici, hops, dans l’agrégateur, je verrai ultérieurement plus en détail, car entre-temps, d’autres billets sont apparus dans les commentaires de Samantdi.

Voilà, je suis contente de contribuer au sablier d’automne et surtout, merci à tous les autres participants et bien sûr aux deux organisatrices

mercredi 3 octobre 2007

Moi, le chat de la forêt

03 10 2007

Pour le jeu du Sablier d'Automne

Je comprends ce que les gens disent. C’est pénible, je n’en ai pas l’habitude. Je déteste ça. Les gens parlent, j’entends sans avoir besoin d’écouter et je comprends. C’est infernal. J’ai l’impression de me mêler de ce qui ne me regarde pas. D’ailleurs ça ne m’intéresse pas, je ne veux pas savoir.

Quand j'arrivai dans la maison, après avoir vécu six semaines dans le bois voisin où ma mère m’avait abandonné, la vieille femme me donna du lait puis me mit dans le lavabo et me savonna avant de m’enduire d’une poudre qui me fit éternuer. Elle émettait des sons, leur bercement m'endormit au creux de son bras.

Le lendemain, lorsque je mevréveillai, un chat roux édenté veillait au pied du coussin où j’avais été déposé.

« Salut, jeune chat, bienvenue dans la maison des bois. Ici, tu verras, la nature est reine et tu vas t’amuser, les mulots pullulent, sans compter les oiseaux ! Moi, j’ai des rhumatismes, mais tu vas bientôt pouvoir prendre la relève, j’étais un fin chasseur dans ma jeunesse. » Et mon apprentissage commença, nous devînmes inséparables et moi qui ne connaissais pas mon père, je fus accompagné dans le début de ma vie par ce vieux chat attentif à ma formation et affectueux.

Il avait pourtant un défaut, il ne pouvait s’empêcher de me traduire les propos de sa maîtresse, je me suis d’ailleurs toujours demandé comment il avait appris. Il avait probablement lui aussi eu un mentor dans sa jeunesse .

Depuis six mois que je suis en maison de retraite avec la vieille femme, je ne cesse de regretter amèrement de comprendre ce langage ! Le personnel parle, il paraît qu’elle perd la tête. Elle ne reconnaîtrait plus ses enfants, elle deviendrait méchante et sale.

A moi, elle continue de raconter les souvenirs de notre maison dans la forêt, elle s’endort comme autrefois, tenant ma patte dans sa main et le matin, je recouvre son visage de mon corps, elle comprend qu’il est l’heure de me donner ma ration de croquette.

Je voudrais ne plus les entendre, devenir un chat sourd….

mardi 2 octobre 2007

une lettre de mon ami Jean

02 10 2007

Pour le jeu du Sablier d'Automne

J'ai très longtemps habité près d'un pont SNCF, tout au nord de Paris. Un pont très noir, qui tremblait au passage des trains de marchandises, un pont que j'aimais. Comment pouvait-on aimer un tel amas de ferraille, lui trouver un quelconque charme ? Sans aucun doute, je devais être le seul dans ce cas. Il faut préciser que la fenêtre de ma chambre donnait sur ce pont, ma chambre d’enfant. Tu sais, celle où l’on me voit en photo, mon ours en peluche dans les bras, me balançant sur mon cheval à bascule à côté de mon lit recouvert d’un édredon de cretonne. Tu avais bien aimé ce décor qui te rappelait la boutique du brocanteur où tu as trouvé le jeu de nain-jaune en bois. Ce pont, je l’ai souvent regardé au crépuscule, en attendant ma mère , lorsque rentrant de l’école dans cette maison vide, je n’osais allumer l’électricité, craignant sa colère car il fallait économiser… J’ouvrais alors le rideau et les lumières des lignes du chemin de fer éclairaient un peu ma solitude. Plus tard, lorsqu’il fallait justifier mon retard à la sortie des classes, je préférais me risquer à suivre les voies après avoir grimpé le haut talus interdit, histoire de gagner quelques précieuses minutes sur le parcours habituel, plutôt que de me soumettre à l’interrogatoire en règle de ma mère. Elle craignait les mauvaises fréquentations et il fallait rentrer directement après l’étude. C’est le pont que l’on voit depuis chez Madeleine, chez qui nous avons déjeuner lors de ton dernier passage à Paris. Cette chère Madeleine, fille de notre ancienne concierge, qui a si brillamment réussie une carrière de chanteuse lyrique ! Tu n’avais pas apprécié ses oeufs à la neige caoutchouteux et brunâtres….Il est vrai qu’elle chante mieux qu’elle ne cuisine et que pour ce dessert, c’est toi la reine. Donc j’honorerai ton invitation pour dimanche puisque tu m’as promis ce délice et, dans cette attente, je te souhaite une très bonne fin de semaine.