mardi 10 mars 2009

N° 10 de "Tout sur moi".

10 03 2009

Depuis quelques mois, j'ai un problème avec mes chaussettes, ou avec mes pieds, après tout je ne sais pas puisque j'en ignore la raison.

Voilà, le matin, j'enfile mes chaussettes et de quelque matière ou épaisseur qu'elles soient (j'en ai de toutes sortes : coton, synthétique, laine, laine et soie, etc.), une demi heure après, je retrouve le talon devant et ça me gêne. Dix fois par jours, je les remets en place, surtout la droite. Je sais bien que c'est de ce côté là que j'ai une grosse boule sous le tendon d'Achille proche de la rupture, mais ça m'étonnerait que ce soit en rapport.

Docteur, c'est grave ?

lundi 9 mars 2009

N° 9 de "Tout sur moi"

09 03 2009

J'avais 16 ans tout juste lorsque j'ai fait sa connaissance. Il en avait 23. J'entrais dans une association où il avait un rôle important. Je tombai immédiatement amoureuse de lui. Il ne l'a jamais su. Je travaillais parfois avec lui durant les vacances.

Lorsque j'eus 18 ans, j'appris un jour par l'un de ses collègues qu'il se marierait durant l'été avec une autre salariée de l'asso, une fille bien sûre très désagréable, imbue de sa personne, je n'ai toujours pas compris. Ce jour-là, j'étais en solex, heureusement qu'il connaissait le chemin, je suis rentrée chez mes parents comme un zombie.

Trois mois après, je me présentai à un poste d'animatrice socio-éducative dans une nouvelles structure, il en était le directeur et elle la sous-directrice. Je travaillai avec eux durant 6 mois, je partageais son bureau à elle. J'eus presque tous les détails de leur intimité qu'elle narrait au lieu de travailler et de me former...

Ce n'est pas de gaîté de cœur que je m'éloignai de lui mais la raison l'emporta...

Dans les deux années qui suivirent, je le revis lors de différentes manifestations avec l'asso. Puis je fis ma vie dans une autre région, me mariant par raison et désir d'enfants, sans être amoureuse de mon conjoint. J'appris peu de temps après qu'il avait divorcé. Puis quitté son poste et ma ville natale.

Lorsque j'en eus l'occasion, je n'osai jamais demander de ses nouvelles. Il m'a semblé un jour, lors d'une formation dans la cité des Ducs, avoir deviné sa présence à la voix, au rang précédant le mien lors d'une séance de cinéma. Et encore une autre dizaine d'année après, je pense avoir été assise presque en face de lui dans un bus parisien sur le chemin de la gare, sans en être vraiment certaine. La situation ne se prêtait pas à une conversation, une jeune fille venait de se faire agresser verbalement par un vieux malgracieux, parce qu'elle avait une immense valise et que le bus, c'est pas une bétaillère et moi j'essayais de me faire toute petite avec mon sac de voyage qui était coincé dans l'allée... Et lui jouait le médiateur. Toujours la voix, cette fois-ci également les yeux, le sourire... Il y a des sosies, je ne sais pas...

Ce dont je suis sûre par contre, c'est que c'est encore de lui que j'ai rêvé la nuit dernière, et contrairement à beaucoup d'autres nuits où je le poursuis sans parvenir à le rejoindre, cette fois-ci il était bien là et il connaissait mes sentiments.

Il y a des jours où j'aimerais mieux ne pas me réveiller....

dimanche 8 mars 2009

N° 8 de "Tout sur moi"

08 03 2009

La semaine dernière, j'ai entendu dans une émission de radio que, généralement, les gens ne parviennent pas à se souvenir d'évènements plus vieux que leur quatrième année.

Mon plus vieux souvenir remonte à l'âge de deux ans, lorsque j'ai rencontré pour l'unique fois de ma vie, mon arrière grand-mère espagnole. Je vois encore où elle se tenait, sur le perron dominant les quatre ou cinq marches de l'escalier qui menait à la maison de mes grands-parents. Fugitif souvenir certe, mais bien présent et ce n'est pas un souvenir raconté car je n'en ai pas d'autres de ce séjour dans la famille de mon père . Il correspond, je pense, au moment où j'ai été surprise en entendant parler une langue qui m'était inconnue. Nous arrivions de la gare, mes parents et leurs "presque triplées" qui attiraient l'attention et les cris d'admiration. Mon arrière grand-mère avait dû, comme bien d'autres, s'exclamer en espagnol à notre arrivée. C'est surtout un souvenir de sensation, une vision.
J'ai un autre souvenir qui m'étonne depuis longtemps et qui est vraiment très personnel, il ne peut pas avoir été suscité par quelque chose que l'on m'a raconté. C'est le moment où j'ai différencié l'objet de l'image de l'objet. Impossible de dater, bien sûr, je suppose que cet évènement survient généralement entre 18 mois et deux ans, probablement plus tôt chez les enfants d'aujourd'hui, entourés d'images. Dans les années 50, les premiers livres s'offraient vers 4 ans. Les photos de famille étaient soigneusement rangés dans une boîte. Je ne sais plus s'il s'agissait d'une image de gâteau ou de friandise, j'étais déjà gourmande... J'ai voulu manger ce que je voyais, mes doigts glissaient sur la surface cartonnée et lisse...

Et vous, quel est votre plus vieux souvenirs ??? (allez c'est le départ d'une nouvelle chaîne et je tague Akinou, Leelolene et Heure Bleue...).

N° 7 de "tout sur moi"

08 03 2009

Lorsque j'essuie les poussières avec un chiffon sec et que je remarque une tache (genre coulure de café ou autre) qui ne part pas simplement en frottant, je crache sur mon chiffon ...

Que ceux et celles qui en font autant pour enlever d'un coin de mouchoir ou même du doigt, un peu de chocolat séché sur la commissure des lèvres de leur enfant, avant de le lâcher dans la cour de l'école, se rassurent : je l'ai fait, ma fille, ma mère et ma grand-mère aussi...

vendredi 6 mars 2009

N° 6 de « Tout sur moi »

06 03 2009

A l’adolescence, j’ai eu une période, que je situe dans mes souvenirs entre l’âge de13 et 15 ans, pendant laquelle je me sentais si mal que j’avais l’impression d’être en dehors du monde. Rien ne m’apportait apaisement, tout me semblait hostile, mes parents, un peu vieux jeux, un père autoritaire et violent, inquisiteur et méprisant, une mère épuisée et deux sœurs en pleine crise d’adolescence, plus faiseuses d’histoire que jamais…

La seule compagne que j’avais, depuis la maternelle, imposée par la proximité et l’autorisation de mes parents de la « fréquenter », avait elle-aussi bien des soucis avec des géniteurs que l’on qualifierait aujourd’hui de maltraitants, par abandon et manque d’intérêt en plus des brimades et coups fréquents. L’humiliation profonde dans laquelle ils la plongeaient sans cesse, avait fait de cette enfant un être un peu en perte de repaires et ma mère en avait pris pitié. Elle me pompait toute mon énergie, je n’osais me révolter puisque depuis mon plus jeune âge, on me demandait d’être gentille avec Cosette. Je me souviens combien elle me mettait mal à l’aise avec des questions perpétuelles du genre « Tu crois que la mouche qui s’est posée sur ma main, elle a mis un microbe sur mon écorchure ? », et c’était parti pour deux heures de délire à ce sujet, pendant lesquelles je devais sans cesse rassurer, examiner le bobo, sans me fâcher car après ça faisait un tas d’histoire, son père travaillant avec le mien…Je ne sais si elle souffrait de TOC, de phobies ou autre mal, à l’époque il n’y avait pas de psychologue dans les écoles.

Il y a des jours où j’avais envie de la frapper, de la tuer, de hurler qu’elle était folle, ainsi que sa mère que je voyais agir également comme une malade mentale. Mais chut, pas le droit, je devais garder toute cette violence en moi, je me culpabilisais même d'avoir de telles pensées, voilà à quoi j’étais contrainte. J’en tremblais intérieurement tout en restant impassible dans mon comportement, ce qui me gênait physiquement me rendant très maladroite. J’en acquis une véritable phobie sociale, alors que je devais tous les jours faire bonne figure à l’école comme à la maison.

A 15 ans, je me suis mise à fumer et je me suis sentie un tout petit peu mieux. C’était partie pour vingt huit années de tabagie.

A 18 ans, j’ai décidé de devenir assistante sociale, cherchez l’erreur…

jeudi 5 mars 2009

N° 5 de "tout sur moi"

05 03 2009

Eh bien ça y est, depuis hier soir, je suis reconnue comme la mamouchka de Mia par l'intéressée elle-même !

Au téléphone, que Grande fille a pris pour me dire qu'elle était impressionnée par les photos* des travaux que je lui ai envoyées car elle ne pensait pas que ce serait un chantier pareil (pour ne pas dire bord***, ben oui mon enfant, les choses ne se font pas dans le propre comme à la télé chez Davina ...), je l'entendais piaffer à côté de sa mère, "et patapa, pati et bébé patipo..." donc je demande à lui parler.

Comme d'habitude, je commence mon refrain :

" allo Mia, bonjour ma chérie, c'est mamouchka.

- Ka ?

- oui ma chérie c'est mamouchka

- e té (traduction je t'aime)

- moi aussi ma chérie, je t'aime. Tu me fais un bisou ?

- pfuit"

Inutile de vous dire que j'avais les larmes aux yeux, après cette première vraie conversation téléphonique avec mon petit bout de petite-fille qui aura déjà dix-huit mois le 15 mars prochain.

*vous aurez le comte-rendu des travaux en photos prochainement, elles sont sur l'autre ordi et je suis dans le ménage aujourd'hui, car demain, devinez ce que je fais ? Je vais voir les jeunes et profiter un peu de ma petite-fille jusqu'à lundi.)

mercredi 4 mars 2009

N° 4 de "tout sur moi"

04 03 2009

La première fois que je suis allée au cinéma, j'ai vu "le ballon rouge". Je devais avoir 6 ans et demi, il me semble que j'étais au CP. Un autobus s'est garé devant l'école et les enfants de deux classes (CP et CE1) sont montés dedans. Premier voyage en autocar également.
Le temps était triste et froid, le car nous a débarqués en ville devant le cinéma, dans une rue près du lycée que je fréquenterais neuf ans plus tard.
Avant le film, je ne me souviens pas très bien de ce qu'on nous a montré, mais je m'inquiétais de ne pas voir le film, je croyais toujours qu'il allait commencer et puis non. Je m'ennuyais. Au bout d'un temps qui m'a paru une éternité, enfin, nous avons vu le film.
J'avais déjà vu la télévision chez ma grand-mère, pourtant j'ai été très marquée par l'impression d'avoir quitté mon environnement pour rentrer dans celui du film, et me suis trouvée assez désorientée quand il a fallu revenir à la réalité.
De plus, quand nous sommes sortis de la salle, le bus n'avait pu se garer devant, il y avait beaucoup de voitures qui circulaient, alors que dans mon quartier on n'en voyait rarement plus de deux à la fois, et il nous a fallu marcher en rang sous la pluie sur un trottoir étroit avec des rigoles pleines d'eau...
Par la suite, j'ai souvent emprunté le livre "le ballon rouge" à la bibliothèque de l'école.