samedi 14 mars 2009

N° 14 de "Tout sur moi"

14 03 2009

Dans une semaine, c'est le printemps. La vue des premières fleurs et le parfum frais des diverses plantes qui pointent, me plongent dans les souvenirs de mon enfance et me ramènent aux habitudes de ma grand-mère concernant les sorties du dimanche. Toutes tournaient autour des fleurs et dans cette guirlande, Marie Blanche, que j'ai toujours entendu appelé "la Blanche" par son entourage, entraînait toute la famille.

La première, à la mi-février, c'était pour cueillir les perce-neige au col des Chèvres. C'étaient en fait des nivéoles .


A quelques temps de là, les jonquilles réunissaient toutes les branches de la famille dans le même secteur géographique.

Venait ensuite la sortie des violettes à la montagne de Givry (modeste colline qui domine la plaine de la Saône et au-delà, la Bresse) au sommet de laquelle trône une vierge que ma grand-mère vénérait. Elle n'allait jamais à la messe, mais avait fait baptiser ses filles en cachette de mon grand-père communiste, et la Sainte Vierge, c'était sacré. Vous allez pensé que j'ai oublié les coucous, non, ces fleurs-là, c'était le jeudi, de l'autre côté de la nationale, dans les champs qui bordent la voie ferrée, là où on allait aussi cueillir les mûres.

Le muguet du premier mai entraînait les amateurs de sensations parfumées vers diverses destinations, la région étant entourée de bois.


Je n'oublie pas les marguerites, fleur préférée de ma grand-mère, puis venait le repos, les mois où le jardin de mon grand-père enchantait la passion de sa douce. Le pied de coeur de Marie, les reines-marguerites, les roses, etc.

Mon père entrait alors en action pour apprendre à ses filles qu'il y avait autre chose dans la nature que des fleurs, et venait l'époque des champignons, des mûres, des châtaignes puis du houx et du gui. Et voilà, l'année était bouclée...

N° 13 de "Tout sur moi"

14 03 2009

Il m'arrive, dans les brocantes de livres, de trouver de vieux manuels scolaires de lecture des grandes classes des années 50 et je crois reconnaître ceux que ma maitresse de grande section de maternelle me donnaient avec la mission d'entourer en rouge telle lettre de l'alphabet et en bleu telle autre lettre.
Ce sont des livres sans images.
C'est ainsi que j'ai été initiée à l'apprentissage de la lecture. Ensuite, j'ai peaufiné en écoutant chaque soir mes deux soeurs aînées, assises en face de moi, répétées avec beaucoup de difficultés leur lecture, sous le joug de ma mère, qui finissait souvent par perdre patience, tellement elles avaient la tête dure. La pauvre ne se doutait pas que pendant ce temps, j'apprenais autant qu'elles, bien qu'à l'envers, et qu'elle n'aurait pas de répétition à faire faire l'année suivante quand ce serait mon tour d'être au CP....