jeudi 2 avril 2009

des couleurs et des malheurs

02 04 2009




Avant-hier, j'apprends par ma sœur que mon père, âgé de bientôt 77 ans, doit être opéré d'une artère cervicale à titre préventif comme il l'a déjà été il y a deux ou trois ans de l'autre artère portant le même nom. Il avait alors envisagé d'aller de chez lui à Lyon par le train avec sa valise mais finalement des amis l'avaient emmené. L'une de mes sœurs, atterrée tout comme moi par son absence de demande, avait été à l'hôpital pour assister à son réveil et lui tenir la main...

Cette fois-ci, cette même sœur n'est pas informée, moi je l'ai été par une autre de mes sœurs, il y a trois jours. Inutile de vous préciser que je me suis diablement énervée de ce comportement, actuellement je suis disponible et il le sait, pourquoi ne prévient-il pas qu'il va être opéré, afin que l'une de ses 4 filles puissent prendre ses dispositions pour l'accompagner ? Je le soupçonne de vouloir passer pour le père abandonné, ayant quatre filles indignes !

Quelques instants avant de lui téléphoner, je reçois un appel de Grande Fille : le papa de gendre adoré a fait des siennes, lors d'un séjour en thalasso, il est hospitalisé à Nantes après trois arrêts cardiaques, heureusement, une petite intervention a pu remettre la machine en route et éliminer la cause, un épanchement autour du cœur. Gendre est parti avec sa mère à son chevet.
Bon, décidément, les pères ont des soucis... Je finis par appeler le mien. Oui, il part dimanche soir avec sa valise, et sera opéré lundi matin. Mais c'est rien du tout, il ne veut déranger personne ! Je lui fais remarquer que pour moi, accompagner quelqu'un à l'hôpital, ce n'est pas du dérangement, mais quelque chose qui se pratique couramment dans les familles... Moi-même, je n'apprécierais pas de partir comme il le fait (en plus avec ma chance, ça tomberait un jour de grève de trains...). J'ai parlementé un moment et finalement pas trop insisté pour l'accompagner car Grande-fille pourrait avoir besoin de moi, père de Gendre n'étant pas encore tiré totalement d'affaire. Je lui demande de me communiquer son téléphone à l'hôpital dès qu'il le connaîtra, il me répond qu'il m'appellera dès qu'il sera en mesure de le faire !!! J'ai dû négocier pour qu'il m'envoie un message avant d'être opéré ! Je me rends compte aujourd'hui que je ne sais même pas dans quel hôpital il va. Mais il aura de la visite, sa compagne... Fait extraordinaire, il me demande des nouvelles des enfants ! J'en ai déduit qu'il voulait mettre ses tablettes à jour finalement...

L'affection que l'on peut porter à un père malgré tout, malgré qu'il soit responsable du décès de ma mère, malgré dix ans de désintéressement vis à vis de ses filles et petites-filles, malgré toutes les fêtes de famille gâchées par sa présence ou par son absence, il en fait table rase. J'ai souvent dit "mon père, c'est un con", j'ajoute aujourd'hui, "doublé d'un imbécile".

Heureusement, il y a des couleurs dans le ciel et le jardin, de charmantes scènes pour mettre un peu de baume sur les blessures qu'on croyait cicatrisées et qui se rouvrent par moment...