jeudi 18 septembre 2008

Du baptême...

18 09 2008

Image de l'enfance, le visage de ma marraine me revient. Elle avait 11 ans quand je suis née, elle a passé beaucoup de temps à s'occuper de mes soeurs et de moi. Je l'admirais beaucoup, je voulais être sa préférée. Dans ma tête d'enfant, mon statut de filleule aurait dû me valoir cette place. Elle ne montrait pas de différence, ne me traitait ni mieux ni moins bien.

Les années ont passé. Le baptême ne représente plus rien pour moi. Je ne suis plus croyante.

La religion catholique telle qu'on me l'a enseignée, ressemblait beaucoup au conte du père Noël. Il y avait Dieu, qui voyait tout ce que nous faisions, qui savait tout ce que nous pensions. A force d'entendre ça, vers l'âge de neuf ans, je me sentais gênée par ce manque d'intimité avec moi-même, surtout quand j'inventais des trucs pas gentils… Pourtant, ça avait bien commencé, puisqu'il nous aimait, nous les petits enfants, ses agneaux de Dieu. Je ne demandais que ça, d'être aimée, même si une fois de plus, c'était un amour pour tout un troupeau… Le troupeau de filles, trois en onze mois, le troupeau d'agneaux, décidemment, pas moyen d'être l'unique aimée ! Néanmoins, dans ma tête, j'étais seule à lui parler et je n'étais pas loin d'être touchée par la grâce...

Un jour, le prêtre, qui rassemblait de temps en temps, dans la chapelle, toutes les années de catéchisme, demanda à l'assemblée sage comme une image : "Les enfants qui ont un frère, levez le doigt". Après une courte mais profonde réflexion, je me manifestais. Le curé, qui connaissait la composition de toutes les familles de sa paroisse, ne manqua pas d'être intrigué. L'air étonné, il me questionna : "comment ça, toi, tu a un frère ?" et je lui répondis, avec assurément l'air illuminé d'une future sainte, que oui, j'avais un frère, Jésus, et lui récitai un passage du catéchisme, qu'il fallait connaître sur le bout du doigt. C'était sans doute l'époque où j'avais la crainte de voir apparaître la vierge, alors je n'aimais pas regarder les nuages, effrayée qu'elle puisse me choisir comme nouvelle Bernadette et mef aire coucou depuis là-haut. J'évitais même de dévisager sa statue vêtue de bleu, qui trônait à droite dans la chapelle, pensant ainsi que si elle se montrait à moi, je pourrais toujours prétendre que je ne l'avais pas reconnue…

Après une première année difficile, durant laquelle je ne comprenais rien des phrases qu'on me faisait apprendre par cœur dans un livret qui en plus, était très moche, avec des dessins peu enthousiasmant pour une enfant de 7 ou 8 ans, le catéchisme et la messe tous les dimanches firent partie des contraintes de ma vie d'enfant comme l'école cinq jours par semaine et le dentiste tous les samedis après-midi une grande partie de l'année. Il y eut cependant de bons souvenirs : des missionnaires venus nous parler de l'Afrique et nous montrer des diapos alors qu'à l'école, on ne voyait que la carte de ce pays, le patronage du curé que je préférais à celui organisé à l'école, parce qu'autour de la chapelle, il y avait un petit "parc" avec des buis pour se cacher, et que le curé organisait des jeux de piste et des kermesses.

Une fois la "communion" passée et les cadeaux empochés, j'ai continué l'aumônerie en 6ème, comme je l'avais promis au curé qui avait autorisé que je fasse ma profession de foi (à l'époque, les parents continuaient de l'appeler la "communion solennelle") en même temps que mes deux sœurs aînées, pour éviter à ma famille le coût d'un banquet deux années de suite… Et puis, basta… Je ne croyais plus en Dieu.

Mes filles n'ont pas été baptisées quand elles étaient bébé, mon ex était athée. Puis, il se prit d'intérêt pour la religion et demanda le baptême, en même temps que sa fille aînée, alors pour ne faire qu'un seul lot, la cadette fut baptisée également.

Depuis la semaine dernière, après l'épisode du pape et de la "laïcité positive", je me demande si je ne vais pas faire la démarche de renoncer à mon baptême.

mercredi 17 septembre 2008

Sur le chemin de l'école

17 09 2008

Lorsque j'étais enfant, à l'automne, sur le chemin de l'école, il y avait une rue en pente, bordée d'arbres. Mes parents les appelaient des platanes tout en précisant que cela n'en était pas… Il s'agissait d'érables planes et tous les jeunes enfants s'amusaient à se coller sur le nez l'une des moitiés des deux fruits ou samares, qui tombaient en planant je ne sais plus à quelle époque de l'année.


En automne, après avoir pris de chaudes couleurs, les feuilles tombaient et les trottoirs, qui habituellement servaient très peu aux écoliers car les véhicules encore rares à l'époque, ne fréquentaient pas les rues à la même heure que les enfants, me réjouissaient quand ils étaient recouverts d'un matelas de feuilles d'au moins quinze centimètres.

Si pour aller à l'école, j'empruntais le milieu de la chaussée descendante, en courant à toute allure dans le secret espoir de m'envoler emportée par l'élan, au retour j'aspirais à être l'une des premières à marcher sur le trottoir. Quand par chance, après la sonnerie stridente, notre classe sortait en tête de l'école, je cavalais tout au long du chemin jusqu'à cet endroit. Les feuilles étaient bien sagement entassées et je profitais qu'elles ne soient pas encore éparpillées par une nuée de pieds. Alors, je prenais un plaisir immense à marcher dans cette couche végétale aux parfums d'humus et de terre, à soulever les feuilles légères et colorées. Quelques unes composaient un bouquet avec lequel je m'amuserais après le goûter et les devoirs.

L'état de mes chaussures qui avaient raclé les graviers du trottoir me valait souvent une claque et ma mère ne comprenait pas pourquoi j'abimais si vite mes chaussures, made in France alors et si chères pour les familles modestes.