jeudi 2 août 2007

Quelle chance j'ai !

02 08 2007

Oui, j'ai de la chance car ce soir, après avoir tondu la (petite) pelouse et attaché les tomates, je n'ai pas eu le courage d'arroser les pots de fleurs : eh bien, à la fin de notre soirée passée enfin dehors, nous avons vu la nuit se zébrer de feu et l'orage était là. La pluie a suivi et continue de tomber depuis environ une heure. Le tonnerre gronde encore un peu. Donc demain matin, pas besoin d'abreuver mes plantes en pots.

Une autre chance : avoir mes deux grandes filles à la maison quelques jours ensemble, cette semaine. Nous avons pu ce soir passer des heures à parler, de plein de choses, de à quoi nous rêvions la nuit, de choses plus tristes aussi liées à la séparation de leurs parents, on a terminé sur nos ressemblances et nous avons regardé des photos de moi plus jeune. Nous étions d'accord en tout cas sur une chose : nous sommes toutes les trois un peu folles, "barges" dit mon aînée... Et nous nous aimons et nous le savons.

Je suis en tout cas rassurée de voir comment elles s'entendent bien, se respectent et s'intéressent l'une à l'autre, combien elles comptent l'une pour l'autre et même la plus jeune pour le mari de l'aînée : c'est un peu comme la petite soeur qu'il n'a pas eue. Oui, rassurée, car j'ai décidé d'avoir un deuxième enfant, au décès de mon grand-père, en pensant combien ce serait triste pour ma première fille de se retrouver seule quand ses parents disparaîtraient....Je ne regrette donc pas.

vendredi 15 juin 2007

de fil en aiguille

15 06 2007

Il y a quelques minutes, en cousant des petits boutons sur une brassière tricotée pour ma future petite-fille, je pensais à ma mère, qui m'a inculqué ce goût pour les activités manuelles en tout genre.

Contre son gré, car elle aimait l'école et aurait voulu aller au lycée, elle avait appris le métier de "culottière" chez un tailleur. Probablement influencé par un médecin, mon grand-père avait décrété que sa constitution fragile ne l'autorisait pas sans risque, à poursuivre une scolarité vers autre chose qu'une activité manuelle.

Je ne sais pas si son apprentissage fut plus facile que la poursuite d'études. En effet, je me souviens de l'atelier du tailleur comme d'un endroit sombre et humide. En plus de ses six journées de travail hebdomadaire ainsi que des trajets effectués en bicyclette 4 fois par jour, ma mère devait assister aux cours du soir, je ne sais pas combien de fois par semaine, afin de passer l'examen du CAP. Les 40 heures étaient largement dépassées...

Vers l'âge de 15 ou 16 ans, après une scarlatine, elle contracta une "danse de Saint-Guy". Pendant mon enfance, j'entendis souvent, raconté par elle-même ou par ma grand-mère, la description de cette maladie, qui la paralysa et lui fit garder le lit deux bons mois. Le traitement était à base d'arsenic qui lui était administré dans de la confiture. C'était en 1946 ou 47, les restrictions de ravitaillement avaient encore cours. Mon grand-père avait obtenu le droit à "un quart de lait" pour la jeune malade. Sa soeur, de deux ans sa cadette, devait aller chaque matin, avant l'école, chercher ce précieux breuvage à la ferme, distante d'environ 3 kilomètres. Le seul véhicule disponible était la bicyclette de ma mère. Or, celle-ci était catégorique : pas question de lui prêter, fut-ce pour aller lui chercher son lait ! Alors, de temps en temps, en douce, ma tante empruntait quand même le vélo...

L'huile aussi devait être rationnée : les couinements de la chaîne faisaient immédiatement réagir la jeune malade qui, depuis son lit, couvrait sa soeur d'invectives. Beaucoup plus tard, ma tante m'avoua qu'elle continua à utiliser l'engin en prenant le soin de le porter sur une cinquantaine de mètres.

jeudi 10 mai 2007

De mères en filles, Mia...

10 05 2007

Ma mère est partie un 16 octobre, après deux jours de comas provoqué pour lui éviter les souffrances causées par les polytraumatismes et interventions chirurgicales, après un accident de la route.

Auteur et responsable de cet accident, mon père s'est vite évaporé dans une autre vie, auprès d'une femme très gentille de laquelle il nous tient coupées, moi et mes soeurs. Plus facile pour lui sans doute de nous faire accroire que nous sommes pour elle, persona non grata, plutôt que d'affronter notre chagrin légitime, qui ne se veut pas rappel de sa responsabilité.

Depuis, la famille se délite, mes soeurs et neveux loin de moi, mon mari parti.

Reste mes filles, envolées du nid mais si proches de moi par leur amour et leurs pensées. Pas de relations fusionnelles entre nous. Pour moi, un sentiment d'appartenir à la même lignée, celles des femmes de ma famille, un peu comme des poupées russes. Je crois nécessaire de préciser que ma grand-mère et ma mère n'ont eu que des filles...

Tout ça pour dire que la future grand-mère que je suis, a appris aujourd'hui que dans 4 mois naîtra ...

la petite MIA...

Oui une petite fille, je suis folle de joie. Au moins, je suis sûre qu'il y aura une fille dans mes petits-enfants. Les suivants pourront être autant de garçons qu'ils le désirent...

Reformer une famille autour de mes petits-enfants, même s'il manque un papounet. Mon doud' à mi-temps n'a pas de petits-enfants, il se fera un plaisir de voir les miens ici.