mardi 5 mai 2009

De la culottière à la chaussonnière

05 05 2009

Ma mère, contre son gré, fût "placée" en apprentissage à l'âge de 14 ans chez un tailleur, qui lui inculqua le métier de "culottière". Une santé fragile considérée incompatible avec des études plus intellectuelles fut la raison énoncée par ses parents. Elle se retrouva donc enfermée dans un atelier au premier étage d'une vieille bâtisse de ville et je me souviens y être montée, enfant, afin de dire bonjour à ma grand-tante : il faisait noir, c'était humide, un vrai nid à attraper la tuberculose... Première fille sur cinq à entrer dans le monde du travail, la présence d'une tante rassurait probablement mon grand-père qui imposa ce métier. Ma mère en fut d'autant plus malheureuse, que sa sœur entama l'année suivante, un cycle de trois ans d'étude d'employée de bureau.

Neuf ans plus tard, ma mère cessa cette activité afin de s'occuper des ses jumelles puis de moi qui suis née le jour des onze mois de me deux sœurs...

Il y a cinquante ans, dans les foyers modestes, la plupart des vêtements étaient fabriqués à la maison et souvent, on transformait, détricotait, ravaudait pour réutiliser tout ce qui n'était pas encore bon à faire des chiffons. Ma mère, de par son ancien métier, avait l'avantage de savoir très bien se débrouiller et elle confectionnait en trois exemplaires de la même taille, selon la mode, jupes écossaises plissées, kilt, manteaux, fuseaux,etc. Les pulls étaient tricotés par les différentes femmes de la famille. L'une de mes tantes, handicapée légère, était spécialisée dans les "culottes" en coton au point mousse, ma grand-mère surveillant l'avancée afin d'effectuer les diminutions de début de rangs en temps voulu puis elle posait l'élastique elle-même, ma tante ne sachant pas très bien coudre. Ces culottes étaient très seyantes surtout lorsqu'elles vous tombaient sur les pieds quand l'élastique lâchait... Mon grand-père, ancien menuisier devenu contrôleur à la CAF et à l'Urssaf grâce aux cours du soir, offrait les chaussures du dimanche. Il avait poussé mes parents à faire construire puisqu'ils pouvaient bénéficier du crédit foncier mis en place pour aider les familles nombreuses quelques années après la guerre. Il fallait donc tout compter et je me souviens de ma mère avec ses additions à rallonge et ses enveloppes, après le passage du payeur des allocations versée en liquide à domicile. Les claques tombaient si nous la dérangions à ce moment-là...

Je m'éloigne de mon titre...

La couture est donc devenue une affaire de famille. De plus, dès la maternelle, nous apprenions à pousser l'aiguille dans des "cartonnettes". Venait ensuite l'apprentissage du point de croix au CP, des différentes couture, la simple, la rabattue, le surjet, l'ourlet, les points de broderie, les jours, etc. Le programme était officiel. C'est en cinquième que l'on passait enfin à la machine à coudre après avoir confectionné en sixième des petits vêtements de layette ou une combinaison de coton, entièrement à la main. Jeune adulte, un peu influencée par la mode hippie, je confectionnais moi-même grandes jupe, tuniques froncées, etc... Puis par mesure d'économie, je fis comme ma mère les vêtements de ma première fille et les rideaux.

Grande Fille fut privée de télé pendant environ 6 ans, mon ex et moi n'étant pas du tout fans de ce divertissement des familles. Le manque de communication dans nos milieux d'origine autour de cet appareil nous avait traumatisés. Pour s'occuper, c'est donc naturellement que ma grande se mit à imiter sa mère et apprit à la maison ce qu'on n'enseignait plus à l'école, le tricot à quatre ans, la couture dans son sillage, les bracelets brésiliens à 6 ans (elle inventait même des nouveaux points) et les habits pour les poupées d'abord et pour elle-même vers quatorze ans. Passionnée par le dessin, elle souhaitait s'orienter dans cette branche, jusqu'au jour où je lui fis prendre conscience qu'elle ne voulait pas avouer que le métier de" styliste lui "brillait dans le ventre", par peur de ne pas réussir, par sentiment d'infériorité vis à vis de sa copine qui proclamait qu'elle serait styliste. Cette dernière gâcha ses études et termina avec un CAP de couture cuir alors que Grande Fille suivit sans encombres les différentes étapes menant au métier de styliste.

Malheureusement, pas de boulot en vue, elle n'a exercé qu'un an et demi et sa dernière expérience de trois jours chez un chinois l'a un peu refroidi : créer des croquis sur son ordi personnel, dans un local pas chauffé en février, avec ses gants, pour être remerciée au bout de trois jours et payée 9 euros de l'heure, il y a de quoi. Depuis, elle prépare sa petite entreprise, ce qui n'est pas pour me satisfaire pleinement mais au moins, il n'y a pas trop de risque avec l'auto entreprise, juste de mourir de faim quand elle sera en retraite... et de galérer peut-être un peu dans les temps prochains, quand elle n'aura plus d'allocations des assedics. Et que va-t-elle faire ? Vendre des chaussons faits maison sur le net ! De la taille naissance à la taille 40 et quelque, des chaussons de tissu souple, semelle cuir. Je vous donnerai bien sûr toute indication dès que sa boutique sera ouverte, d'ici une semaine.

En attendant,les couturières, si vous avez besoin de boutons, allez visiter ce site que Grande Fille m'a fait découvrir : Nathy créa, c'est choupinet, n'est-ce pas ? Vous retrouvez cette info dans mes liens.

lundi 13 avril 2009

Retrouvailles

13 04 2009

Partie ce matin et bien arrivée chez Grande Fille malgré un GPS qui a rendu l'âme (ou peut-être simplement vomi son contenu qu'il faudra réintégrer sur la carte...), j'ai retrouvé également Fifille montée hier par le TGV.

Mia n'en revient pas de toutes ces femmes pour s'occuper d'elle ! Entre Tata Toto (pour Coco) et Mouka (pour Mamouchka) et bien sûr Maman, qu'elle répète inlassablement et sur tous les tons 1000 fois par jour, son cœur chavire et elle nous enchante de son rire et de ses mimiques. Les conversations s'étoffent, elle nous fait des réponses et je sens que les questions ne vont pas tarder à arriver... La journée a été entachée d'une crise à la sortie du bain, probablement occasionnée par une eau un peu chaude : l'adorable fillette a piqué une colère et s'est mise à taper son père. Ce dernier a bien sûr aussitôt recadré cette infâme enfant, elle a alors retourné les coups contre elle... Mise à part cette incartade, Mia est adorable, et de plus en plus belle. Ses cheveux poussent et frisent, elle a maintenant des dents plein la bouche et mange en morceaux, elle grimpe partout et envoie son ballon chez les voisins,etc...


Mais où est passé le bébé, me voici maintenant avec une vraie petite-fille !

mardi 10 mars 2009

Compte rendu du week-end

10 03 2009


Comme prévu, j'ai passé trois jours chez Grande Fille. Repos bien sûr, après deux semaines de travaux qui ont chamboulé mon quotidien mais j'étais tellement douloureuse que j'ai eu un peu de mal à faire bonne figure.

J'ai donc apprécié de passer du temps avec ma petite-fille, et personne ne sera surpris si je déclare qu'elle est merveilleuse, intelligente, jolie comme un cœur, etc, etc.

Un truc très pratique, elle sait se moucher toute seule ! Abattue par un gros rhume sans gravité, elle apprécie qu'on s'occupe de son nez, souffle quand on le lui demande et même, sait maintenant disposer le mouchoir correctement, le pinçant avec ses doigts !

Autre sujet d'émerveillement, elle sait se faire comprendre et prononce des mots nouveaux tous les jours ! Elle vient avec son ordinateur en plastique et me dit "lallume", j'obtempère, elle vérifie et me regarde triomphalement en s'exclamant "a mache !"... Ainsi, il y a moins de pleurs puisqu'elle prend l'habitude de demander ce dont elle a besoin : "l'eau, l'eau", quand elle a soif, "mané (ou) mazé" quand elle a faim, "bébé, doudou," quand elle est fatiguée et qu'elle cherche ses deux jouets fétiches qu'elle peut maintenant promener dans la petite poussette que je lui ai apportée. Elle nous a demandé des saucisses au goûter, ça, non, on n'a pas voulu.

Grande fille, après son expérience malheureuse de styliste-graphiste chez un chinois du Sentier, a décidé de créer sa petite affaire. Si des personnes connaissent une solution sérieuse (pas une agence) et efficace pour gérer un petit site e-commerce, peuvent-elles me contacter sur ma boîte mail ? Merci à l'avance.

mardi 10 février 2009

ma première conversation téléphonique avec Mia

10 02 2009

Sur ma demande, Grande fille me dit "je te la passe".

Un moment de silence, j'attends. Puis je reviens à moi et me dis qu'elle doit être au bout du fil. Alors j'attaque la ritournelle que nous avons longuement répétée lors de sa dernière visite.

- allo, Mia, c'est Mamouchka

-patapata

- tu vas bien ma chérie

- (silence, je me creuse un peu la tête, j'étais en train de ranger mes courses quand le téléphone a sonné, je suis prise au dépourvu)

- alors tu es allée voir tata Coco

- Oui

- et tu es allée manger au restaurant

- hum

- c'est bien ma chérie, tu sais, je t'aime ma chérie

-été, Yaya (que je traduis bien sûr immédiatement par "elle t'aime, Mia"

-allez au revoir ma chérie

- (silence, sa maman lui souffle dans l'oreille : "dis au revoir" mais non, elle ne dit pas au revoir...).

samedi 24 janvier 2009

Quelques pensées pour ma mère

24 01 2009


Cet après-midi, pendant que Gendre malade continue sa sieste (ou sa nuit) juste interrompue pour son repas d'anniversaire qu'il n'a pas même arrosé au champagne, Grande-fille a emmené Mia voir son arrière-grand-mère, la grand-mère paternelle de mes filles.

Cette petite a trois arrières grand-mères. J'ai un pincement au cœur en pensant que la seule qui lui manque, c'est ma mère, disparue trop tôt des suites d'un accident de voiture, il y aura 10 ans en octobre.

A ma mère, je n'ai pas pu annoncer la naissance de Mia qui est la troisième de la nouvelle génération, après la naissance de Maxime en décembre 2007 puis d'Anaïs en août 2008, chez deux de mes nièces. Je ne peux pas, comme je le faisais pour ma première fille, lui écrire toutes les semaines pour la tenir au courant des progrès du bébé, d'abord le poids, c'était si important pour elle, si fière quand ma "nourissonne" avait pris 50 grammes dans la journée... Puis les "areu areu", les premiers sourires, les dents, les petites et grandes maladies.

Si je remonte avant la naissance de Mia et des autres arrières petits-enfants, je déplore d'habiter une maison qu'elle n'aura pas connu, un jardin, qu'elle n'aura pas arpenté au moins une fois, bien qu'elle n'était pas jardinière.

Je pense parfois qu'elle n'a pas eu à s'inquiéter pour mon divorce, mes soucis professionnels puis de santé. Elle n'a pas connu la grande tempête de décembre 99, elle l'aurait vécue comme un phénomène très angoissant, elle qui déjà se morfondait quand sa ville était inondée, bien qu'elle vivait au sixième étage, s'inquiétant pour les pauvres gens qui avaient les pieds dans l'eau. Quant aux attentats du 11 septembre, je ne sais pas si elle aurait cru qu'il s'agissait d'un fait réel.

Je rêve encore que je téléphone chez mes parents et j'entends sa petite voix me dire "allo", elle écoute quelques mots, y répond et très vite me dit : "je te passe papa" comme elle le faisait toujours.

Le deuil se fait, bien sûr, la souffrance passe mais de plus en plus, les personnes disparues me manquent car au fil des années, la durée de leur absence, elle, augmente...

mercredi 21 janvier 2009

Retour des Antilles

21 01 2009

Mia et ses parents sont rentrés lundi de Guadeloupe.

Difficile de faire comprendre à cette petite qu'elle ne pouvait plus sortir sur le balcon quand elle le désirait, comme elle sortait sur la terrasse la veille. Qu'il fallait remettre des couches de vêtements, bonnet et gants... Il y a eu quelques rouspétances mais il semble cependant qu'en deux jours, tout soit rentré dans l'ordre. Je constaterai de visu demain puisque Grande Fille revient chercher ses chats. Ces derniers sont bien mignons mais c'est avec joie que je lui rendrai !

lundi 22 décembre 2008

la petite qui grandit...

22 12 2008

Aujourd'hui (enfin, vu l'heure, hier), ma petite-fille a fait sa première grosse colère. Elle avait piqué le carnet de sa maman qui en avait besoin pour travailler. Malgré les explications fournies sur le "pourquoi elle ne pouvait pas garder" cet objet, elle n'a pas apprécié qu'on lui reprenne. Comme tous les enfants, elle est très attirée par les affaires des grands, clés, téléphone, etc. et dès qu'elle parvient à subtiliser l'un de ces trésors, elle se dépêche de filer dans sa chambre...

Elle commence à donner une certaine forme à ses baragouinages et de temps en temps, il est possible de saisir un mot français comme lundi dernier, ce "bonjou" en réponse à sa maman qui venait la réveiller en lui disant ce mot.

A part ça, il paraît que depuis quelques jours, elle est redevenue une limace gluante, signe qui annonce une nouvelle dent...

Vivement mardi que je la retrouve ainsi que Grande Fille chérie, et gendre aimé et mercredi, ma Fifille qui monte du sud.