Me voici revenue de Montpellier, où le ciel était gris avec une température de 30. Ici, il est bleu avec seulement 16 °. Nous ne sommes pas à la même saison, ici et là-bas…
Notre clan mère-deux filles est donc maintenant éclaté sur une grande partie du territoire. Jusqu'à présent, savoir mes enfants chacuns à deux heures de chez moi, certes pas dans la même direction, c'était tout à fait bien. Me représenter maintenant ma petite dernière à l'autre bout de la France, provoque en moi tout un tas de sentiments, déchirement et tristesse m'assaillent par moment. Alors, ma matière grise tourne à 100 à l'heure afin de trouver des solutions. J'en suis à imaginer vendre cette maison trop grande pour acheter deux appartements ou petites maisons, l'une à une heure de Grande fille et l'autre dans le Sud. Voilà, comme ça, j'aurai une maison d'été au frais et une maison d'hiver au chaud…
Montpellier est une ville surprenante au niveau de la conduite automobile. Après avoir manqué de nous faire réduire en bouillie à un carrefour au bas d'une côte située sous un espèce de pont où je ne voyais plus rien (on se serait cru dans un parking souterrain…) et klaxonné par l'horrible bonne femme qui de toute façon, m'avait grillé la priorité, puis constatant que mettre son clignotant et se placer dans le bon canal de circulation dans les ronds-points ne se faisait pas, chacun essayant d'entuber le moins rapide en lui coupant devant le nez ou derrière l'aile droite, je me suis convertie au mode "conduite agressive pour sauver notre peau" et tout s'est bien passé. Quelques problèmes pour se garer, car quand votre fille vous dit qu'elle va habiter dans une impasse et qu'il y a une place devant sa porte pour mettre un véhicule, il vaut mieux lui faire remarquer que sa naïveté la perdra… Car à deux pas du centre ville, là où toutes les places de parking sont payantes et surtout archi-complètes, une impasse est très courue par ceux qui la connaissent et y laissent leur véhicule gratuitement, tant pis s'il gêne la sortie des riverains. Quant à laisser sa voiture devant chez soi la nuit, il vaut mieux ne pas y penser car il y a des voisins qui se garent devant chez vous depuis des lustres et la façon dont le système fonctionne ne supporterait aucune modification. Par exemple, ceux qui ont des garages ne rangent pas leur voiture dedans mais devant, de façon à ne pas être gênés pour en sortir… Des véhicules sont parqués dans les deux sens de circulation selon la configuration géométrique des lieux et le dernier qui arrive(toujours le même, bien sûr) se met tête-bêche avec le précèdent et assure ainsi la sécurité de tous les autres : on ne risque pas de vous piquer votre voiture, puisque l'impasse est bloquée... Le hic, c'est que ce dernier n'est pas toujours le premier à repartir (ou alors, il a de temps en temps des pannes de réveil…) et alors, à 7h30 le matin, un strident klaxon ininterrompu le rappelle à l'ordre, réveillant toute la rue. Je suis soulagée que Fifille n'ait pas de voiture. Quant à moi, durant mon court séjour, j'ai pu utiliser la place d'une charmante dame habitant la résidence jouxtant la ruelle, qui m'a proposé de me mettre à sa place la nuit pendant qu'elle allait travailler.
Fifille habite à cinq minutes de la place de la Comédie. C'est ainsi que mardi soir, après avoir déchargé le camion en un temps record de peur d'avoir à le déplacer pour laisser passer les voisins, nous avons pu aller manger une pizza en terrasse dans ce lieu que je trouve très agréable. C'est un peu féérique, très animé, plein de gens parlent espagnol. Mais qu'est-ce que je fais dans l'Yonne, moi, si loin de mes racines méditerranéennes !
Nous avons pu constater en rentrant à petits pas (oui, on avait vidé très vite un camion…), que si des parisiens tiennent si fort à leur vélib perso qu'ils lui collent un antivol, à Montpellier c'est le caddie de supermarché que l'on fixe par ce moyen à un poteau là où d'autre ont laissé leur scooter. Dommage, j'avais oublié mon appareil photo.
Cet emménagement de ma fille en colocation avec un ami m'a permis de faire connaissance avec ses parents, nous avons tous passé de bons moments. Sa maman est aussi loufoque que moi et nous avons bien ri.
En rentrant, j'ai trouvé des vidéos adressées par Grande fille, et découvert que Mia marchait vraiment, elle ne se contente plus de se lancer en bringuebalant pour faire trois pas entre le canapé et la table de salon. Mademoiselle parcourt tout l'appartement. C'est une férue des boutons de télé et autres appareils tels qu'ordinateur par exemple qu'elle éteint pendant que sa maman travaille dessus. Les DVD soigneusement alignés dans l'étagère à sa portée l'intéressent beaucoup de même que les croquettes de la chatte, qu'il faut lui retirer de la bouche dès qu'on oublie de les mettre en hauteur avant de la lever… Cette charmante bichounette est dans la période où elle imagine que tout parent qui part risque de disparaître à jamais et elle est presque parvenue à faire pleurer son père la première fois que, le voyant partir au boulot, elle lui a tendu les bras en pleurant et criant un pathétique "papaaaaa" . Le connaissant, Gendre a dû avoir le plus grand mal à se rendre malgré tout à son travail et je ne suis pas sûre qu'il n'ait pas versée ses larmes retenues dans l'escalier. Il semble également que ses troubles d'endormissement soient plus ou moins liés aux horaires décalés de son père, ce dernier travaillant soit du matin, soit du soir.
Voici donc le résumé de ma semaine, inutile de vous préciser que je suis bien contente que le déménagement soit fini et je dois me reposer maintenant, c'est un ordre de mon médecin…