lundi 17 septembre 2007

Devenir grand-mère

17 09 2007

Le 14 septembre, comme je l'ai déjà dit, est le jour anniversaire de la dernière fois où j'ai vu ma mère, chez qui je m'étais rendue pour les obsèques de sa soeur, ma tante. Un mois plus tard, un accident de voiture lui était fatal. C'est aussi l'anniversaire de ma soeur cadette. Vendredi , j'avais donc à la fois des appréhensions et l'envie de voir naître ma petite-fille ce jour-là. Elle a attendu le 15, finalement c'est parfait. Il y aura désormais le 14 septembre, jour de recueillement dans mon coeur et puis le 15, jour de liesse. Une page est tournée, la joie du deuxième évènement amoindrira l'angoisse qui me prenait chaque mois de septembre.

Des moments d'émotions différentes qui ont parsemé ma vie et me renvoient à des évènements gais et d'autres plus tristes, ont traversé cette journée d'hier, où je faisais connaissance avec Mia.


Fifille, hier, a pris une photo avec les "trois générations". Une phrase qui a provoqué chez moi un pincement de coeur, car dans ma famille, longtemps une naissance était l'occasion de réunir 4 générations... Il reste bien sûr mon père mais si lointain.

Regarder ma fille et son mari avec cette poupinette entre eux, le père s'essayer à la changer, la mère l'allaiter, m'a émue. Je retrouve un peu de "normalité" absente dans la famille. Ma mère nous a quittés, mon père a investi tout son temps dans la famille de sa compagne, le départ de mon ex a fait exploser notre cellule familiale, deux de mes soeurs ont elles aussi connu ce problème - la normalité étant pour moi, l'investissement dans une relation sans la crainte de s'engager pour les aléas de la vie, joie et bonheur mais aussi jours moins fastes où la présence de l'autre est tellement nécessaire.

Marcher main dans la main. J'ai longtemps tenu la main de mon ex afin qu'il vive mieux ses difficultés psychologiques, celle de mon père le temps qu'il dépasse la période difficile du deuil. Ils ont fini par la lâcher, très bien, c'est ce que je voulais, tout en oubliant qu'ils avaient non pas une dette envers moi, mais un engagement nécessitant au demeurant, malgré mon âge mur, un minimum d'affection. Mon ex a écouté son psy qui lui conseillait, pour mieux vivre avec sa maladie, de faire des choses qui lui faisaient plaisir. Balayer toute contrainte a été pour lui la traduction de cette prescription médicale... Quant à mon père, depuis 5 ans que je suis seule, pas une fois il n'est venu me voir alors qu'il habite à 1h30 de chez moi, conduit encore parfaitement et voyage à travers le monde, n'ayant que 75 ans.... La dernière fois que je lui ai rendu visite, il m'a coincée entre les courses et un rendez-vous chez le médecin et pendant les 3/4 d'heure où il a consenti à me recevoir, seul dans l'appartement qu'il occupait avec ma mère, je n'ai entendu que des reproches, sur toute la famille et particulièrement mes filles...maintenant, je ne m'arrête plus pour le voir ! A chaque fois, je lui répète qu'il a tort de s'éloigner de ses petits-enfants. C'est plus fort que lui, toujours dans le reproche et pas moyen de le décider à se considérer dépressif et se soigner. L'une de mes soeurs, qui me disaient il y a quelque temps que c'était à moi de faire des efforts, que je regretterai quand il serait mort de ne pas l'avoir fait, a été choquée quand je lui ai répondu que je n'avais plus besoin d'un père, que je n'avais jamais été attachée à lui (je le considérais comme le tortionnaire psychologique de ma mère quand j'étais jeune...) et que s'il venait à mourir, il ne me manquerait en aucune façon ! - je pense qu'elle assimile ma phrase à "je me moque qu'il meurt" ou "je souhaite qu'il meurt"...ce que ne disent pas mes paroles!

Devenir grand-mère, c'est donc ça aussi, revoir des choses de sa vie et les classer, se donner des priorités pour les choses importantes comme aller visiter enfants et petits-enfants régulièrement car c'est à moi de faire "mon trou" de grand-mère, pas à mes enfants de quémander ma présence comme je l'ai fait avec mes parents sans réussir à les attacher à mes filles...

C'est aussi avoir tout d'un coup l'envie de prendre plus soin de moi, de bouger plus pour dérouiller mes articulations et perdre du poids, afin d'augmenter mes capacités physiques, avoir une plus grande espérance de vie et pouvoir m'habiller de façon plus élégante...

Je vous dirai si ces dernières considérations tiennent la route...

Tout va bien

17 09 2007

Voilà, merci de vos félicitations.

Ma petite-fille est devenue réalité,

des cheveux noir de jais,

une bouche en coeur,

de fins coquillages au bout des doigts.

Nous nous plaisons mutellement

et avons promis de nous revoir souvent.

La maman fatiguée et le papa aussi

m'ont émue dans leur nouveau rôle.

Subjuguée de tant de grâce,

tante Fifille est cependant herberluée

quand je lui réponds qu'il faudra 3 à 4 mois

avant qu'elle ne "tienne des choses" dans ses mains...