jeudi 3 juin 2010
De la couture, une affaire familiale...et des trocs
03 06 2010Avant d'entrer dans le vif du sujet, un grand merci à mes lecteurs pour leurs vœux d'anniversaire.
Par ailleurs et suite à la résolution que j'ai prise, je vais essayer d'ajouter une sorte de petit compteur à droite de la page, afin que vous puissiez suivre mes progrès ou au contraire mes relâchements. Et je compte sur vous pour me rappeler à l'ordre, afin que je le mette à jour et que vous puissiez réagir en conséquence.
Ma grand-mère maternelle a travaillé quelques années dans un atelier de couture. Elle a commencé vers l'âge de 11 ans et déjà dans ces années-là (1914), c'était contraire à la loi et elle avait ordre de se cacher dans le placard dès qu'un étranger (potentiel contrôleur du travail) était annoncé. Pour les filles des milieux populaires, dont la scolarité n'allait bien souvent pas au-delà de l'école primaire, c'était la voie tracée, la couture.
J'ai déjà raconté ici, pourquoi ma mère avait échoué chez un tailleur pour faire un apprentissage de "culottière", alors qu'elle rêvait de sténo dactylo et comptabilité.
Lorsque moi-même j'ai dû choisir une profession, il n'y avait plus de fatalité et la couture est devenue pour moi un passe-temps. Les bases étaient acquises dès la maternelle - lacets à enfiler dans des trous, premières leçons de tricot en grande section, canevas et point de croix puis échantillon des différentes coutures et de tous les points de broderie.
Tout naturellement, la layette de grande-fille a été tricotée par la famille et moi-même, puis je lui ai fait nombre de robes et manteaux. De me voir souvent derrière la machine ou l'aiguille à la main, elle a commencé à bidouiller très tôt des habits pour ses poupées et elle savait tricoter dès l'âge de 4 ans. Devenues styliste, elle a créé sa petite entreprise il y a un an. Elle continue à m'enchanter par les jolies choses qu'elle réalise de A à Z.
Fifille, sa cadette (à partir de ce moment présent, je ne l'appellerai plus par ce surnom ici car je dois me résoudre : elle a 24 ans, elle est grande ! Ce sera désormais Seconde fille !), n'a jamais démontré beaucoup de goût pour les activités manuelles. Toutefois, il lui est arrivé de réaliser quelques objets et j'ai alors constaté qu'elle avait beaucoup de goût. Elle se montre plus sobre que sa sœur dans le choix des couleurs et motifs, comme elle l'est d'ailleurs dans sa personnalité, et elle effectue un travail soigné. Il y a quelques années, elle a voulu pour Noël une machine à coudre, que je lui ai choisie la plus simple possible. Lors de son dernier séjour, Seconde fille nous a montré sa dernière réalisation, ce porte-cartes :
Elle n'était pas contente d'elle. La doublure orange se voyait à l'extérieur. Oui, certes, ce n'était pas un modèle de perfection mais je trouvais pour ma part que le petit liseré orange d'un seul côté donnait du charme à cet objet. Sa sœur lui a expliqué qu'elle s'y était mal prise et elle l'a refait avec elle afin de lui montrer comment s'y prendre. Satisfaite de cette démonstration, Seconde fille, plus riche d'un porte-cartes modèle, a voulu jeter le sien. "Non , donne-le moi", me suis-je écriée. Pour une fois qu'elle avait fait un truc en couture, on n'allait pas le mettre à la poubelle ! Ce loupé m'émouvait, un peu comme le premier collier de nouilles...
Ces derniers mois, consacrant beaucoup de temps à ma nouvelle passion, j'ai un peu délaissé la couture. Il y a longtemps que je voulais un sac en tissu. Ayant eu l'occasion d 'échanger déjà un collier contre une housse de téléphone portable (muni d'une grande lanière afin de me le passer autour du cou lorsque je monte sur mon échelle) avec Tisanette, j'ai apprécié ses talents de couturière. Lorsqu'elle m'a demandé de faire un nouveau troc, j'ai tilté sur un sac qu'elle avait réalisé. Après lui avoir indiqué à peu près les couleurs qui me convenaient, je l'ai laissée libre du choix du tissu. Le paquet de Tisanette est arrivé le lendemain de l'histoire du porte-carte, le voici en recto-verso :

Outre le concours de circonstance dans le choix du tissu, je vous laisse admirer combien il est beau. Et pratique : je ne me lasse pas de tous ses avantages. Il est léger, on peut y mettre ce qu'on veut, le bourrer de tout pour l'avion ou le prendre juste pour porter la bouteille d'eau et les mouchoirs, y mettre les bouquins et la serviette de plage, je ne le quitte plus.
Mes filles sont reparties juste avant mon décollage pour la Sicile. Le soir, en rangeant un peu ma chambre, j'ai aperçu un paquet sur mon bureau avec un petit mot de Seconde Fille "Pour la fête des mamans". Il ne m'est pas venu à l'idée d'attendre le jour fatidique avant de l'ouvrir... Et voici ce qu'il contenait (sortez vos mouchoirs...) :

Un porte-chéquier ! Elle l'avait confectionné juste après le porte-cartes loupé, chez elle, tirant seule toutes les leçons de son échec... Je ne vous dis pas comment ça tombait bien, le mien étant en lambeau et combien on m'envie aux caisses des magasins. Et aussi combien je suis fière d'elle !





