samedi 30 juin 2007

Qui glousse dans la nuit bressanne ?

30 06 2007

Glousser : désigne la poule qui appelle ses poussins ou qui s'apprête à couver.

Eh bien, les amis, comme les caméléons, je m'adapte à la couleur locale : lors de mes nuits en Bresse, je "glousse" dans mon sommeil.

Accessoirement, je parle également. La nuit dernière, au cours d'une insomnie, Doud' me demande :

" qu'est-ce que tu dis ?

- je joue

-à quoi tu joues ?

- à un jeu..."

Souvent, ma deuxième réponse prend un ton irrité. (M'enfin, il va m'empêcher pendant longtemps de vaquer à mes occupations, celui-là ! Que l'on ne me dérange pas au cours de mes songes d'une nuit d'été !).

Essayons, aussi adroitement que possible, de lui glisser cette citation de Michel Audiart (biographie) : "Pendant douze ans, on a fait chambre commune mais rêve à part."

jeudi 28 juin 2007

Du racisme

28 06 2007

L'année de ma classe de quatrième, ma prof d'histoire - géo, dont la mère enseignait le français en Algérie, nous proposa de correspondre avec des ados de notre âge : c'est ainsi que je commençais une correspondance avec une jeune fille de mon âge. Ma soeur, d'un an plus âgée que moi, se mit elle aussi à écrire à la soeur de mon amie.

Elle s'appelait Souâd, j'ai oublié son nom de famille. Elle vivait à Berrouaghia et allait au collège tout comme moi. Ses préoccupations étaient les mêmes que les miennes, celle d'une adolescente de 13 ans qui commence à regarder les garçons et à espérer attirer l'attention de l'un d'entre eux. Elle bénéficiait de la même liberté que moi, c'est à dire celle accordée aux enfants de 13 ans des années 70 : cinéma en "matinée" ou flânerie au parc avec des camarades le dimanche quand il n'y avait pas de promenade familiale obligatoire, et ce jusqu'à 18 heures dernier carat. Le samedi après-midi était réservé aux devoirs puis au lèche-vitrine en ville, entre soeurs et parfois avec ma mère quand il était temps de changer une paire de chaussures ou un vêtement devenu trop usagé ou étriqué. Quelques sorties exceptionnelles en soirée, toujours accompagnées d'un adulte pour des évènement tels que le bal du 14 juillet et le feu d'artifice, ou pour une représentation au théâtre où nous conduisait mon grand-père. Nous étions heureuses de ces libertés, pas forcément accordées à toutes les jeunes filles de notre âge. Seule la sortie pour le carnaval nous était autorisée sans adulte mais il fallait rester entre soeurs.

Mon père était raciste.

A cette époque, j'avais une connaissance très limitée de la population immigrée. Mon seul contact avec elle avait lieu lorsque je passais devant le chantier d'un immeuble en construction : des hommes me regardaient et m'apostrophaient dans une langue étrangère...Il y avait eu la guère d'Algérie, à laquelle mon père avait échappé ayant déjà trois enfants mais mon oncle l'avait "faite" et en était revenu fort mélancolique pour le restant de ses jours. Il était parti juste après ma naissance. S'il n'a jamais évoqué ce qu'il y avait vécu, il ne tenait pas non plus de propos racistes, contrairement à un autre oncle et à mon père. Pourtant, cet autre oncle venait tout droit d'Italie et mon père était descendant d'espagnol par son père, arrivé en France lors d'une vague d'immigration blanche, dans les années 20.

Une autre vision m'était donnée par mon grand-père. Homme engagé depuis 1933, il mettait tout son temps libre au service de la collectivité et il a travaillé pour sa ville tout au long de sa retraite. Il avait notamment un rôle de responsable au bureau du logement et présidait la commission. Mon grand-père recevait personnellement les gens qui avait un besoin urgent de se loger et, à l'heure où de grandes barres HLM sortaient de terre, le regroupement familial commença d'être plus facile pour les travailleurs immigrés. Avec quel plaisir il accueillait ces hommes qui mettaient en lui toute leur confiance ! Le bouche à oreille fonctionnait bien pour ensuite connaître son adresse et lui rapporter un souvenir de la "kasbah".

Ma grand-mère adorait le clinquant, les théières et autres plateaux argentés, magnifiques au demeurant, trônaient donc en bonne place dans son salon. Les tapis recouvraient le sol et les tables. J'aimais bien aller chez elle, quel dépaysement ! A la maison, ce n'était pas le même son de cloche. A chaque repas, mon père prenait la parole et la gardait. Entre ses diatribes contre les arabes et les critiques de ses chefs et patrons en général qu'il fallait tous abattre, afin de ne plus l'entendre, je fermais mes écoutilles et m'échappais par le rêve, vers des pays lointains. Je ne me souviens plus lesquels mais je pense que l'Algérie en faisait partie. En effet, j'ai comme une nostalgie de ce pays, depuis mon adolescence.

Les évènements dramatiques qu'a connu ce pays ces quinze dernières années m'ont beaucoup marquée. Je continue cependant de rêver qu'un jour, il me sera possible d'aller vivre dans ces contrées mais je ne vous cache pas que mes espérances s'amenuisent au fils des ans.

Je me demande souvent ce qu'est devenue Souâd.

mercredi 27 juin 2007

encore un Saint du jour

27 06 2007

"A la saint Cyrille d'Alexandrie, dans ta penderie, prend ton manteau en plumes de perdrix et afin de rester sec, cours te réfugier en Ombrie"

mardi 26 juin 2007

La danse des fourmis

26 06 2007

Au petit jour, réveil dantesque : Chat 1 me fait une indigestion de souris, sur la moquette de ma chambre !

Je me fâche et j'ouvre la fenêtre, pas besoin de lui fournir d'autres explications : mes cris ont été assez convaincants car, malgré une pluie battante, il ne demande pas son reste. Vite, je cours dans la cuisine fermer le vasistas situé au-dessus de l'évier, afin que ce cochon ne se réintroduise pas dans la maison (non, voyons, ne prévenez pas la SPA, il peut s'abriter dans le garage surmonté d'un grenier, soit environ 150 mètres carrés : je n'ai jamais trouvé par où il rentrait, je ne peux donc pas lui boucher cette dernière possibilité de s'abriter...).

Quelques heures de sommeil plus tard, je constate que les deux autres chats ont voulu sortir : en essayant d'ouvrir la petite fenêtre, ils ont renversé une boîte de conserve où trempaient, dans du white spirit, deux pinceaux. . . Une mare orangée et odorante s'est formée sur l'inox : une nuée de fourmis s'y abreuve !!! Elles, rentrées par la fenêtre, ne peuvent par contre plus sortir et après avoir bu le précieux breuvage, errent dans toute la cuisine, avançant telles des crabes...En les regardant de plus près, je vous assure que ces fourmis n'avaient pas l'air en bonne santé : elles étaient tout rabougries.

lundi 25 juin 2007

Le Saint du jour

25 06 2007

A la Saint Anthelme, mets ton gilet de laine et tes pantalons de flanelle...

Invention de circonstance, un vent froid venu on ne sait d'où, nous glace et fait descendre la température. Mais où est l'été ? J'espère que mes quelques mots ne deviendront pas un dicton pour les siècles prochains ...

juin se termine

25 06 2007

Tous les ans, quand juin arrive, je me réjouis en pensant aux bonnes soirées à passer dehors. Cette année, je me sens frustrée, pluie et temps maussade nous ayant poussés au salon, pas loin du coin de la cheminée que je n'ai cependant pas eu le courage de rallumer.

Si je cherche dans mes souvenirs, mise à part une canicule en juin 1975, je trouve peu d'évènements vécus lors de belles soirées de juin. Cette année-là, je vivais mon premier été de "jeune travailleuse". J'occupais un bureau situé dans un bâtiment ancien, la chaleur ne se faisait sentir qu'une partie de l'après-midi. Le soir, un bain à la piscine municipale, installée près de la rivière avec des plages de pelouse et un beau panorama, nous ravigotait. Puis avec une amie, nous roulions dans la campagne, elle sur sa mob et moi sur mon solex, jusqu'à la nuit tombée. Oui, la vitesse toute relative de mon engin me procurait une sensation de vent frais. Cette canicule avait été particulièrement longue. J'aspirais à revoir des nuages dans le ciel.

J'aime pourtant la chaleur. Cependant, il faut de bonnes conditions pour la supporter : une maison ancienne, des murs de pierres, un coin de verdure, des volets épais pour s'abriter durant la journée. Les constructions modernes, à moins d'y adjoindre la clim, ne sont pas adaptées. Quant aux lieux de travail, c'est bien souvent encore pire : aucune isolation, pas de volets, des surfaces importantes recloisonnées sans modification des huisseries, avec des bureaux entièrement vitrés et d'autres ne comportant pas une surface de fenêtres suffisante pour garantir une bonne aération.... Arriver à 8 h du matin, dans un bureau où il fait déjà 29 degré, parce que les fenêtres ne peuvent rester ouvertes la nuit, laisse augurer une bonne journée où le système D est à l'honneur pour échapper à une vague de malaises : pieds nus sur la moquette, ça aide. Quand la soufflerie du ventilo ne suffit plus, ouvrir portes et fenêtres pour se donner l'impression que le courant d'air est plus frais et courir après tous les papiers qui se prennent pour des papillons. Étaler tous les objets suffisamment lourds pour retenir ces envolées. Se rendre compte alors que finalement, l'air n'est pas plus frais, refermer les fenêtres et laisser la porte ouverte pour continuer d'échanger nos impressions avec les filles du bureau voisin. Aller chercher un verre d'eau froide à la fontaine, installée après la canicule de 2003 par notre gentil patron, merci les syndicats et le comité de prévention. Placer une bande d'essuie-main mouillée devant le ventilo et aller la repasser sous l'eau toutes les 10 minutes en se disant chaque jour que demain, il faudra penser à amener un torchon pour remplacer cette solution de fortune. Il faudrait ne plus penser à rien, dormir... La solution de modifier ses horaires n'apporte pas de mieux puisque commencer à 6 h le matin pour finir à 15 h, ne nous est généralement autorisé qu'après maintes démarches de la part des syndicats, la décision arrive quand la moitié des troupes est déjà sur le flanc et généralement la veille de la fin de la canicule....

Pour en revenir aux longues soirées de juin, je me souviens qu'il y a deux ans, il faisait particulièrement beau pour la fête de la musique; j'étais alors en formation toute la semaine et je participai pour une fois à cet évènement. Si j'appréciai la promenade dans une ville superbe où les monuments historiques sont particulièrement bien mis en valeur, il n'en fut rien pour la fête elle-même : quelle cacophonie ! un groupe avec des enceintes tous les 50 mètres, c'est hard pour des oreilles plus habituées au silence de la campagne entrecoupé du chant des grillons la nuit et de celui des cigales la journée (moins strident que dans le sud car les nôtres sont plus petites et moins nombreuses, elles sont arrivées avec les cerisiers plantés, je crois, au début du siècle dans ma région, pour compléter le revenu des viticulteurs).

Finalement, je réalise que les bonne soirées dehors, c'est plutôt après le 14 juillet et jusqu'au 15 août par ici, à la lumière du projecteur de chantier que j'allume quand on se rend compte que, malgré la lumière de la cour, après l'extinction des lampadaires de la rue, on ne voit plus rien dans son assiette.

vendredi 22 juin 2007

Fruits divers et variés

22 06 2007

J’étais hier soir dans les confitures, framboise et pomme-cassis.

Coup de fil de ma fille cadette : - M’man, j’suis à F pour la fête de la musique. Je rentre samedi par le train qui arrive à 12 h 13, mais comme je dois aller à ma formation (de caissière pour les vacances) à 13h30, c’est pas la peine que tu viennes me chercher. - Ah bon, alors je viens te chercher après ta formation ? - Oui à 19 h. - OK - Ben faut que je me fasse rembourser mon billet de train pour rentrer et que j’en rachète un autre - ? - Oui car j’ai pris mes billets avec la réduction 12/25 ans, mais j’ai pas ma carte sur moi, je l’ai sûrement perdue. Alors j’ai pris une prune…

Bon, on va pouvoir continuer à faire des confitures, si Fifille récolte des prunes…