lundi 9 mars 2009
N° 9 de "Tout sur moi"
09 03 2009J'avais 16 ans tout juste lorsque j'ai fait sa connaissance. Il en avait 23. J'entrais dans une association où il avait un rôle important. Je tombai immédiatement amoureuse de lui. Il ne l'a jamais su. Je travaillais parfois avec lui durant les vacances.
Lorsque j'eus 18 ans, j'appris un jour par l'un de ses collègues qu'il se marierait durant l'été avec une autre salariée de l'asso, une fille bien sûre très désagréable, imbue de sa personne, je n'ai toujours pas compris. Ce jour-là, j'étais en solex, heureusement qu'il connaissait le chemin, je suis rentrée chez mes parents comme un zombie.
Trois mois après, je me présentai à un poste d'animatrice socio-éducative dans une nouvelles structure, il en était le directeur et elle la sous-directrice. Je travaillai avec eux durant 6 mois, je partageais son bureau à elle. J'eus presque tous les détails de leur intimité qu'elle narrait au lieu de travailler et de me former...
Ce n'est pas de gaîté de cœur que je m'éloignai de lui mais la raison l'emporta...
Dans les deux années qui suivirent, je le revis lors de différentes manifestations avec l'asso. Puis je fis ma vie dans une autre région, me mariant par raison et désir d'enfants, sans être amoureuse de mon conjoint. J'appris peu de temps après qu'il avait divorcé. Puis quitté son poste et ma ville natale.
Lorsque j'en eus l'occasion, je n'osai jamais demander de ses nouvelles. Il m'a semblé un jour, lors d'une formation dans la cité des Ducs, avoir deviné sa présence à la voix, au rang précédant le mien lors d'une séance de cinéma. Et encore une autre dizaine d'année après, je pense avoir été assise presque en face de lui dans un bus parisien sur le chemin de la gare, sans en être vraiment certaine. La situation ne se prêtait pas à une conversation, une jeune fille venait de se faire agresser verbalement par un vieux malgracieux, parce qu'elle avait une immense valise et que le bus, c'est pas une bétaillère et moi j'essayais de me faire toute petite avec mon sac de voyage qui était coincé dans l'allée... Et lui jouait le médiateur. Toujours la voix, cette fois-ci également les yeux, le sourire... Il y a des sosies, je ne sais pas...
Ce dont je suis sûre par contre, c'est que c'est encore de lui que j'ai rêvé la nuit dernière, et contrairement à beaucoup d'autres nuits où je le poursuis sans parvenir à le rejoindre, cette fois-ci il était bien là et il connaissait mes sentiments.
Il y a des jours où j'aimerais mieux ne pas me réveiller....