vendredi 6 mars 2009

N° 6 de « Tout sur moi »

06 03 2009

A l’adolescence, j’ai eu une période, que je situe dans mes souvenirs entre l’âge de13 et 15 ans, pendant laquelle je me sentais si mal que j’avais l’impression d’être en dehors du monde. Rien ne m’apportait apaisement, tout me semblait hostile, mes parents, un peu vieux jeux, un père autoritaire et violent, inquisiteur et méprisant, une mère épuisée et deux sœurs en pleine crise d’adolescence, plus faiseuses d’histoire que jamais…

La seule compagne que j’avais, depuis la maternelle, imposée par la proximité et l’autorisation de mes parents de la « fréquenter », avait elle-aussi bien des soucis avec des géniteurs que l’on qualifierait aujourd’hui de maltraitants, par abandon et manque d’intérêt en plus des brimades et coups fréquents. L’humiliation profonde dans laquelle ils la plongeaient sans cesse, avait fait de cette enfant un être un peu en perte de repaires et ma mère en avait pris pitié. Elle me pompait toute mon énergie, je n’osais me révolter puisque depuis mon plus jeune âge, on me demandait d’être gentille avec Cosette. Je me souviens combien elle me mettait mal à l’aise avec des questions perpétuelles du genre « Tu crois que la mouche qui s’est posée sur ma main, elle a mis un microbe sur mon écorchure ? », et c’était parti pour deux heures de délire à ce sujet, pendant lesquelles je devais sans cesse rassurer, examiner le bobo, sans me fâcher car après ça faisait un tas d’histoire, son père travaillant avec le mien…Je ne sais si elle souffrait de TOC, de phobies ou autre mal, à l’époque il n’y avait pas de psychologue dans les écoles.

Il y a des jours où j’avais envie de la frapper, de la tuer, de hurler qu’elle était folle, ainsi que sa mère que je voyais agir également comme une malade mentale. Mais chut, pas le droit, je devais garder toute cette violence en moi, je me culpabilisais même d'avoir de telles pensées, voilà à quoi j’étais contrainte. J’en tremblais intérieurement tout en restant impassible dans mon comportement, ce qui me gênait physiquement me rendant très maladroite. J’en acquis une véritable phobie sociale, alors que je devais tous les jours faire bonne figure à l’école comme à la maison.

A 15 ans, je me suis mise à fumer et je me suis sentie un tout petit peu mieux. C’était partie pour vingt huit années de tabagie.

A 18 ans, j’ai décidé de devenir assistante sociale, cherchez l’erreur…