sam 7 fév 2009

Couture et vagabondage d'esprit

07 02 2009

Il y a trois jours, le beau temps m'a menée au jardin où j'ai passé une heure et demi à déplacer quelques plantes afin de faire une place à mon rosier baron Girod de l'Ain : il semble tout content d'étaler ses racines en pleine terre. Depuis, je suis percluse de douleurs articulaires et ne fais rien d'autre que passer du canapé au lit... Je me force cependant à un peu de station debout et j'ai installé la table à repasser, juste à la bonne hauteur pour "couper" de futurs petits vêtements pour des bébés à naître. Deux jumelles dans le cousinage "issu de germain" de Mia, donc deux robes, et un petit garçon, futur petit-fils de mon Doud' , ce sera donc un petit ensemble en coton brassière-chemise et "bloomer" (ma grand-mère disait tout simplement une culotte froncée...).

Ces activités manuelles favorisent le vagabondage d'esprit. Il vogue vers Montpellier où Mia et ses parents visitent "tata toto" (pour Coco), vous aurez reconnue Fifille. J'ai eu une petite frayeur quand j'ai entendu qu'un avion venant du sud avait dû se poser en urgence à la suite d'un orage et j'ai sauté sur le téléphone. La voix grave de Gendre m'a rassurée, l'avion Paris-Montpellier n'a pas connu de problèmes. Je les imaginais, Mia dans sa poussette, Gendre traînant le lit pliant, dans le bus et le tramway, ils sont jeunes et n'ont pas mal à leurs articulations comme moi, Fifille si fière de les recevoir, si heureuse après un petit coup de blues la semaine dernière. Oui, un mois sans travailler, c'est long pour un demandeur d'emploi ! La multiplication des démarches et ses recherches acharnées ajoutées aux miennes, n'ont pour l'instant apporté aucun résultat. Qui se préoccupe de médiation culturelle et spécialement en spectacle vivant, au cœur de la crise que nous traversons ? Les budgets des associations doivent fondre comme neige au soleil et les organismes publics ont l'ordre de diviser par deux le nombre de leurs fonctionnaires... Bon, la semaine s'est terminée sur une bonne nouvelle : elle peut garder l'appartement pendant que son coloc partira en stage à l'étranger ayant trouvé quelqu'un qui a besoin d'un logement très temporairement. Et elle fera finalement une semaine de remplacement dans la librairie où elle a travaillé pour Noël, à partir de la semaine prochaine.

Voir ses enfants au chômage, la grande déjà qui aura trente ans l'année prochaine, avec de beaux diplômes qui ne servent pas, se dire qu'on aurait peut-être dû insister pour que parallèlement à leurs études en relation avec des domaines artistiques, elles suivent une formation plus générale en gestion par exemple. Se voir solliciter par Grande-fille, qui bosse et n''arrive pas à obtenir un statut, afin d'analyser la loi sur l'auto-entreprise, ça me donne l'impression de servir encore à quelque chose d'autre qu'uniquement financer la vie quotidienne de la plus jeune et les extravagances de l'aînée qui ne sait compter qu'en matière de découvert... Me sentir seule moralement en tant que parent, épaulée cependant par mon Doud' qui n'admettrait pas que Fifille manque de quelque chose. Être rassurée que, bien qu'elle soit si loin de moi, elle ait choisi la collocation car elle a près d'elle un soutien moral. Admirer avec quelle détermination ces deux jeunes se nourrissent au plus économique tout en équilibrant les repas au petit poil, son coloc étant nutritionniste. Penser qu'elles sont heureuses quand même malgré ces soucis, et au bonheur d'être toutes les trois en harmonie.

Mon âme de grand-mère est souvent avec Mia. Je me surprends en train de dire à ma fille que sa fille me manque, que c'est aussi mon bébé... Elle me répond oui qu'elle comprend, je me culpabilise ensuite, ne devrait-elle pas me répondre que c'est son bébé à elle ? Elle le pense probablement bien qu'elle ne soit pas possessive et qu'elle ait du mal à supporter le pot de colle qu'est devenue Mia en sa présence, "maman, maman" mille fois par jour, juste pour s'assurer qu'elle ne pense qu'à elle, les hurlements dès que Grande Fille est occupée à la cuisine ou à la salle de bain, l'intervention nécessaire de l'autorité du père afin de la "décoller" de sa mère qui de temps en temps pète les plombs. L'inquiétude qui me saisit quand j'apprends que Mia, muette avec moi au téléphone, tient de grandes conversations à son autre grand-mère !

Bon je pourrais continuer pendant des heures, mais la couture m'appelle...

5 commentaires à Couture et vagabondage d'esprit

07 02 2009
heure-bleue :

On a toutes les mêmes soucis avec nos enfants, mon fils a fait les langues O, chinois, ça ne lui sert à rien. Nous les aidons comme nous pouvons, la mère de ma belle fille aussi, c'est une génération qui subit plus qu'elle ne choisit...

07 02 2009
Brigitte :

On s'inquiète tellement pour nos enfants , et maintenant , j'ai le souci de ma mère qui est redevenue enfant , ça n'arrête pas , la parentalité , ya pas à dire , c'est pas facile .

08 02 2009
mab :

Tu n'imagines pas à quel point ton billet me parle...

09 02 2009
Polyphème :

Tous les parents devant les mêmes soucis... Les miens m'ont forcés à la filière technique, que je n'ai jamais aimé, en me disant que je serai à l'abris du chômage. C'est nul comme argument ! tu devrais te féliciter d'avoir laissé cette liberté à tes enfants. ;)

09 02 2009
Fauvette :

L'esprit vagabonde souvent tu as raison, même si on est pas apte à la couture ! Bonne soirée.