C'est demain que vont commencer les choses sérieuses. Mercredi dernier, le chantier ne m'a pas dérangé beaucoup, les ouvriers ont travaillé à l'étage où je ne vis pas encore.
Demain, les grandes manœuvres vont commencer et ça me serre le ventre, j'ai comme l'impression que la maison qui a, j'en suis persuadée, une âme, va connaître des épreuves comme elle n'en a pas subies depuis une vingtaine d'année quand l'ancienne propriétaire a créé des pièces à l'étage. Percer ses murs qui font plus de 60 centimètres d'épaisseur, à mon avis, ça va résonner dans tout le quartier et aussi dans mes oreilles...
Au moment où je vais enfin poser ma patte sur cette maison achetée en couple il y aura bientôt 10 ans, puis abandonnée et à nouveau réinvestie par moi seule en 2005, y imprimer ma façon de vivre en faisant communiquer ce qui a été pendant près d'un siècle deux maisons distinctes habitées par un frère et une sœur, je me prends à me demander si j'ai fait les bons choix, si les plans assez vagues (je ne sais rien faire de très fixé sur le papier, sauf la dentelle aux fuseaux...) que j'ai dans la tête vont tenir la route... Je vais enfin pouvoir passer d'un côté à l'autre sans être obligée soit de monter à l'étage pour redescendre au rez-de-chaussée de l'autre côté, soit de traverser la cour...
Ah, après tout, cette maison c'est ma vie, mon territoire, l'endroit où je passe la majorité de mon temps ! Pourquoi ne pas profiter de tous les mètres carrés qu'elle représente ? Actuellement, j'ai des cartons partout à défaut de lieux où ranger dans de bonnes conditions. Oui, toutes mes petites passions tiennent de la place, les placards n'en peuvent plus, il est temps que je pousse les murs !
Mon Doud' et moi, on est flapi ce soir, on a traîné des meubles et monté un sommier au premier étage par une fenêtre, en le tirant par une corde trois fois, car la première fois, il passait pas, Doud l'a fait redescendre et il a décidé ensuite d'essayer une seconde fois, il a alors cassé un carreau (d'une vieille fenêtre, pas d'une neuve ! )... Allez hop, en bas de nouveau le temps de retirer les fenêtres. Et on remonte et moi qui disais : "non, non, laisse, tu vas tomber avec par la fenêtre, c'est un vieux truc, ça vaut pas le coup d'avoir un accident, j'en achèterai un autre en deux parties ! " et qui fermais les yeux (oui, j'ai peur du vide et encore plus quand ce sont les autres qui se penchent...) tout en tenant la corde, afin de ne pas le voir descendre avec le sommier... Mais tout est bien qui finit bien. On va dormir dessus ce soir, dans la chambre de Fifille, on a viré son lit pas du tout confortable et trop petit.. Finalement, nous avons déplacé trois lits !
Ce soir, mon pied n'en peut mais, mon tendon d'Achille est proche de la rupture et une sciatique s'en mêle. Je vous promets de me reposer pendant que d'autres taperont dans mes murs, après un petit tour à la pharmacie, histoire de renouveler mon stock de bouchons d'oreilles... !