samedi 24 janvier 2009

Quelques pensées pour ma mère

24 01 2009


Cet après-midi, pendant que Gendre malade continue sa sieste (ou sa nuit) juste interrompue pour son repas d'anniversaire qu'il n'a pas même arrosé au champagne, Grande-fille a emmené Mia voir son arrière-grand-mère, la grand-mère paternelle de mes filles.

Cette petite a trois arrières grand-mères. J'ai un pincement au cœur en pensant que la seule qui lui manque, c'est ma mère, disparue trop tôt des suites d'un accident de voiture, il y aura 10 ans en octobre.

A ma mère, je n'ai pas pu annoncer la naissance de Mia qui est la troisième de la nouvelle génération, après la naissance de Maxime en décembre 2007 puis d'Anaïs en août 2008, chez deux de mes nièces. Je ne peux pas, comme je le faisais pour ma première fille, lui écrire toutes les semaines pour la tenir au courant des progrès du bébé, d'abord le poids, c'était si important pour elle, si fière quand ma "nourissonne" avait pris 50 grammes dans la journée... Puis les "areu areu", les premiers sourires, les dents, les petites et grandes maladies.

Si je remonte avant la naissance de Mia et des autres arrières petits-enfants, je déplore d'habiter une maison qu'elle n'aura pas connu, un jardin, qu'elle n'aura pas arpenté au moins une fois, bien qu'elle n'était pas jardinière.

Je pense parfois qu'elle n'a pas eu à s'inquiéter pour mon divorce, mes soucis professionnels puis de santé. Elle n'a pas connu la grande tempête de décembre 99, elle l'aurait vécue comme un phénomène très angoissant, elle qui déjà se morfondait quand sa ville était inondée, bien qu'elle vivait au sixième étage, s'inquiétant pour les pauvres gens qui avaient les pieds dans l'eau. Quant aux attentats du 11 septembre, je ne sais pas si elle aurait cru qu'il s'agissait d'un fait réel.

Je rêve encore que je téléphone chez mes parents et j'entends sa petite voix me dire "allo", elle écoute quelques mots, y répond et très vite me dit : "je te passe papa" comme elle le faisait toujours.

Le deuil se fait, bien sûr, la souffrance passe mais de plus en plus, les personnes disparues me manquent car au fil des années, la durée de leur absence, elle, augmente...