vendredi 2 janvier 2009
Nouvelle année, même politique...
02 01 2009Décidément, chaque évènement qui ponctue la vie des français appelle notre Tsar Cosie à se remuer les méninges pour sortir de son chapeau un nouveau projet de loi...
Dans l'actualité traditionnelle du nouvel an, les voitures incendiées : il y en a toute l'année, mais cette nuit-là, on a voulu nous faire croire que le danger était sur les Champs-Elysées, pour l'occasion bourrés de troupes de policiers. Résultat, c'était bien pratique pour ceux qui voulaient faire la fête en banlieue, même très grande banlieue puisque dans le Nord de mon département, la bonne ville de Sens a connu une nouvelle flambée, dans un quartier devenu ghetto pour les citoyens "à minima sociaux" où malheureusement, les victimes auront beaucoup de mal à s'en remettre.
Alors, le tsar Cosie, il veut punir les enfants qui ont fait ça et il va faire une loi qui empêchera les mineurs de passer leur permis de conduire quand ils auront grandi, s'ils n'ont pas entièrement remboursé leur victime ou le fonds d'indemnisation de ces dernières.
Cette idée ne serait pas mauvaise si les voitures flambaient dans les quartiers riches quand les jeunes de bonnes familles s'ennuient...
Mais voilà, ce n'est pas dans le 16ème que ça brûle, parce que la-bas, les jeunes ne s'ennuient pas, ils ont suffisamment d'argent de poche et d'opportunités pour occuper leur nuit de la St Sylvestre. Et s'ils s'ennuient, les paradis artificiels sont à portée de main...
Revenons à nos jeunes des cités, ceux pour lesquels on a voulu il y a quelques temps, supprimer les alloc quand ils faisaient des bêtises. Voilà, ils sont mineurs, ils brûlent une voiture, donc ils remboursent : normal, mais je ne pense pas que les jeunes mineurs travaillent donc qui va payer ? Les parents, bien sûr, soumis aux minima sociaux... Jeunes souvent issus de familles mono parentales, au sein desquelles la mère ne parvient pas à instituer des normes et des limites en l'absence d'une autorité parentale, complètement débordée par la marmaille qu'un homme lui a généreusement abandonnée, parfois même brutalisée par ses grands enfants... Alors cette mesure, oui, pourquoi pas, il n'y a aucune raison que la société paye pour les bêtises de ces ados désœuvrés...
L'ado qui a brûlé une voiture sera donc encouragé d'une part à conduire sans permis, ce que déjà beaucoup faisait, ensuite à ne pas travailler à l'école si toutefois il était encore dans le circuit, car à quoi bon obtenir une qualification et aller bosser si déjà il a des indemnisations à rembourser sur ses premiers salaires ?
Vous allez me dire que la mère débordée et les jeunes un peu déglingués ont des services sociaux pour leur venir en aide... Oui, en théorie. Car malheureusement, ces services, je l' affirme, sont réservés à une élite... Parmi les pauvres et les paumés, ne bénéficieront d'aide que ceux qui auront passé brillamment un certain nombre de barrières.
La première barrière est d'oser demander de l'aide, reconnaître qu'il y a un problème dans l'exécution de son rôle, un manque. La deuxième barrière est d'obtenir une "prise en charge". Car dans certains services sociaux publics, obligatoires, généralement gérés par les conseils généraux, a été instauré un "quota" : il est institué que chaque travailleur social ne peut s'occuper que de X situations et quand chacun a son compte, on met les gens sur liste d'attente... attente qui peut durer plusieurs mois, même quand "ça urge"... Le droit de l'usager est un peu abandonné derrière le droit du salarié, fonctionnaire au demeurant. Ce que j'ai observé de ces services, c'est beaucoup de temps passés en discussions et réunions, de moins en moins d'accompagnement de la personne, des dossiers très peu fournis et étayés (une allergie très tendance au stylo...), des horaires très élastiques, etc...
Quand enfin la prise en charge est mise en place, encore faut-il que le travailleur social se donne la peine de s'atteler sérieusement aux problèmes évoqués par la maman demandeuse d'aide, et que cette dernière sache se prêter à ce qu'on attend d'elle... Normalement, un bilan de la situation amène à établir des objectifs à atteindre, des points à travailler, sur lesquels le travailleur social apportera son soutien, son expérience, son conseil, etc... Pour que ça marche, il faut que le travailleur social et la personne demandeuse aient ensemble négociés ces points. Or, que voit-on ? Enfin qu'ai-je vu ? Peu de négociations, des choses imposées par le travailleur social sans prise en compte de la situation , du mépris, du contrôle, un soutien allant de préférence à l'ado qui a toujours raison alors que justement, la mère demandait de l'aide dans sa relation avec ce jeune, des aides financières, oui, il faut bien que l'usager devienne dépendant et ça l'empêche de se révolter et de reprendre sa liberté s'il s'avisait qu'il n'obtient pas le soutien qu'il attendait, un secret professionnel non respecté avec tout le personnel communal y compris le personnel de l'école, de la cantine, du centre aéré, qui colporte des ragots. Ragots qui parviennent bien aux oreilles de l'intéressée, elle sait bien d'où ça vient mais elle n'ose toujours rien dire sur ces abus institutionnels car l'aide financière pour sa prochaine facture d'EDF, elle en a vraiment besoin.
Heureusement, ce n'est pas une généralité, mais ça devient malheureusement de plus en plus fréquent. Car avant, pour intégrer une école de formation de travailleurs sociaux, il y avait tellement de candidats que c'était aussi difficile qu'entrer dans une grande école, inutile de préciser qu'il fallait une forte motivation et ne pas hésiter à recommencer les sélections une année puis deux années après le bac. D'ailleurs, à 18 ans, on vous conseillait généralement d'aller travailler car on vous considérait trop jeune pour commencer la formation. Maintenant, comme dans les écoles d'infirmières, les candidats s'inscrivent par défaut, c'est-à-dire qu'ils présentent un dossier dans d'autres écoles ou IUT, ou bien ils sont déjà en 1ère année de médecine ou de psycho, voire même en deuxième années et ils s'inscrivent au cas où ils échoueraient . Résultat, quand les écoles de travailleurs sociaux dont paraître leur liste de sélectionnés, la plupart déclinent la proposition. L'école doit faire appel à d'autres candidats en-dessous dans la liste. Il y a des année où l'école craint de ne pas avoir suffisamment de candidats pour approvisionner le nombre de postes quand tous les inscrits par défaut se seront désistés... Donc ceux qui vont intégrer l'école sont généralement les gens les moins motivés avec les plus mauvais dossiers scolaires, etc... D'ailleurs, il n'y a qu'à visiter la cuisine des étudiants d'une de ces écoles ou les toilettes, pour se rendre compte qu'il y a vraiment un problème et se demander comment ils pourront apporter de l'aide à des gens qui se comportent souvent plus proprement qu'eux...
Outre cet aspect ignoré de l'évolution d'une profession, il n'est qu'à voir la diminution des budgets accordés aux associations travaillant pour les plus démunis et pour le logement, à la justice qui a perdu encore des postes d'éducateurs auprès des mineurs, pour comprendre que le ghetto se referme sur lui-même...
Mais d'après le Tsar Cosi et sa cour, c'est une illusion, malgré la parole des policiers qui confirment que la violence monte : si le nombre de voitures incendiées a augmenté, c'est parce que certains ont mis le feu à leur véhicule à cause des assurances qui ont promis de porter à quatre mille euros la prime à la casse...