lun 24 nov 2008
L'entretien
24 11 2008Les deux derniers arrivés dans l'équipe de direction avaient été délégués pour me recevoir mercredi dernier, au sujet de mon licenciement. Je ne les connaissais pas, deux garçons charmants, un peu intimidés par leur tâche. Je pense que pour moi, c'était nettement plus simple d'échanger avec eux sur ma situation qu'avec des personnes que j'ai côtoyées et envers lesquelles je pouvais avoir des ressentiments. Voilà, j'ai pu dire que j'avais souffert dans mon boulot parce que je n'avais pas eu de soutien sur le plan technique (la fameuse analyse de la pratique) et que le stress engendré par une organisation inappropriée avait influé sur mon état de santé. Sur ce dernier point, on m'a carrément posé la question. Normal, mon entreprise est chargée de la prévention à ce sujet et même plus, mais elle ne sait pas s'appliquer à elle-même ce qu'elle conseille aux autres. Elle n'a pas eu le temps encore de comprendre comment fonctionnaient tous ses cadres.
Après avoir bien réfléchi, je suis allée seule à cet entretien parce que je ne voulais pas de témoin susceptible de transformer ensuite mes paroles concernant justement cet encadrement direct. Cependant, les failles accumulées au fil des ans dans le fonctionnement de ma responsable n'ont pu donner ce résultat que parce que ma propre personnalité et notre histoire commune, depuis 25 ans que nous occupions nos rôles respectifs, n'ont pas été "visitées" par quelqu'un de l'extérieur. A deux reprises j'ai quitté mon équipe de travail pour aller voir ailleurs, à deux reprises j'ai échoué et l'on m'a renvoyée d'où je venais. Si mes deux "loupés professionnels" ne lui sont pas directement imputables, si j'en suis responsable, c'est tout de même parce qu'elle a pris une place qui ne lui revenait pas, en mélangeant le pro et l'affectif, l'équipe et sa petite famille...
Je tire un trait sur tout ça, il me reste la maladie à affronter et ça me suffit bien, les cauchemars vont sans doute s'estomper maintenant que mon psy m'a aidé à remettre chacun dans le bon tiroir, ma chef avec les vivants à oublier et ma mère bien morte avec les souvenirs à raconter. La semaine de délai est passée, le grand manitou devait prendre sa décision aujourd'hui et voilà, je suis libre maintenant d'aller bosser où je veux si jamais la santé me revenait, et non pas là où mon grand-père rêvait que je travaille dans une profession désignée par mon père.
Comme prévu, j'ai enfin pu aller voir ma fille et nous avons passé trois bonnes journées, entre un peu de tourisme et du repos. La mer était belle, ensoleillée, mais c'était tout de même l'hiver, avec quand même 5 à 6 degrés de plus qu'en Bourgogne le matin et une bonne dizaine l'après-midi. J'ai revu les Saintes Marie de la Mer, j'aurais mieux fait d'en garder l'image de ma visite de 1982 quand le sable léchait la ville qui paraissait poser sur la plage. Maintenant, des digues de rochers perpendiculaires au front de mer se succèdent, des bâtiments masquent la vue directe et cassent le bel effet de mon souvenir. Un petit tour à Aigues-Mortes, puis un chemin détourné afin de faire quelques photos, heureusement que les taureaux sont gardés par une double barrière électrique et de bois, car Fifille qui a peur des limaces semblait fermement décidée à en gratter un entre les deux yeux, il faut dire qu'il était splendide.
Aujourd'hui, je suis remontée jusque chez mon Doud' où je fais une escale de deux jours. La température a déjà baissé. Oui, c'est bien l'hiver qui s'installe.

Ah te revoilà, tu nous a manqué. Pour les saintes Marie, j'ai ressenti la même chose l'an passé.
Un nouveau départ possible dans la clarté bien froide mais vivifiante d'un matin d'hiver! Bonne nouvelle route!
Une histoire finie, tu peux passer à autre chose. Tu es enfin libre de tes choix...
Enfin libre. Même si cela doit encore faire mal.. Il te fallait bien un petit séjour à la mer, et chez ton Doud's pour alléger tout ça. Bonne journée.
Bonjour à toi et merci de ta visite, Situation à la fois stressante et libératrice. A manger froid dans une assiette sans saveur, mieux vaut la passer au lave-vaisselle, la ressortir propre et pouvoir y mettre à nouveau ce que l'on a envie, même en plus petite quantité ! A très bientôt
Une page tournée, une bonne chose de faite. Bienvenue dans la suite de ta vie!