mer 20 aoû 2008

"...quand les enfants partiront et que le chien sera mort."

20 08 2008

Ce matin, Fifille m'appelle de Montpellier, où elle cherche un logement avec un copain en colocation.

Grâce à Internet et à la promptitude avec laquelle j'ai envoyé divers documents scannés, il semble que ce qui serait rare à Montpellier, un logement, soit déjà trouvé, en deux jours, réponse demain. Un vrai F3 avec une petite cour fermée de quelques mètres...Je sens que Chat1 et la minette vont bientôt quitter mes jupes ! Pourquoi Montpellier ? Parce que le copain (qui n'est pas son jules), y est admis pour un master 2, que c'est une grande ville où ma fille espère trouver un boulot alimentaire tout en cherchant dans sa partie (l'administration et la médiation dans le spectacle vivant) et que c’est une grande ville animé, avec des moyens de déplacements. Pour elle, le séjour à Valence durant son stage lui a montré qu’être seule loin de ses amis et de sa famille, c’était difficile. Donc profiter du séjour à Montpellier de cet ami, avec lequel elle s’entend bien, chez qui elle a vécu déjà pas mal de temps lorsqu’elle n’avait elle-même plus de logement, lui paraît une bonne façon pour appréhender une ville inconnue. Dans 7 mois, le jeune homme partira en stage en Afrique, mais d’ici-là, la vie aura tourné à Montpellier et elle ne sera plus dépaysée. D’autant que cette petite a de bonnes qualités pour lier des contacts et ce, depuis qu’elle sait marcher : il y a 20 ans, à l’arbre de Noël, c’est elle qui venait tirer de mes jupes sa sœur de 8 ans pour l’entraîner dans la ronde enfantine.

Je ne me souviens pas qu’à son âge, 22 ans, je savais tirer profit de mes expériences et m’organiser afin de ne pas renouveler les mauvaises… Ou plutôt, dans ma famille, la seule perspective qu’on accordait aux filles pour ne pas vieillir seule, était le mariage. Si possible avec le prince charmant, bien sûr, enfin traduisez avec quelqu’un qui avait une situation stable. Donc voilà, je n’ai pas eu le temps de bien réfléchir, j’étais écartelée entre deux tourments, sauver ma mère ou m’occuper de ma propre solitude loin de mon méchant père. J’ai rencontré un « essituteur », comme disait les gens de ma campagne, il ressemblait au petit prince avec son air malheureux cachant son machiavélisme et, bien que consciente depuis le début que quelque chose clochait, je l’ai épousé et me suis complue, pendant 24 ans, à subir ses attitudes manipulatrices que je ne voyais pas : pour lui, j’étais folle, il est presque parvenu à me le faire croire…On ne refait pas son histoire, vogue la vie.

Je dis souvent que ce que je souhaite enseigner aux jeunes que je côtoie, c’est qu’il y a parfois des maladies mentales latentes chez les gens qu’elles rencontreront, qui donnent des caractères un peu originaux à la sortie de l’adolescence. Certains évolueront vers des pathologies qu’il vaut mieux connaître afin de ne pas se laisser prendre sans armes dans les filets de l’autre. Savoir que le conjoint tient des propos délirants, c’est plus pratique que de culpabiliser parce qu’il vous accuse de mille maux, vous finissez par croire que vous les avez effectivement commis. Refuser de le suivre dans ses projets qui passent du coq à l’âne, c’est assurer une stabilité, ce que j’ai fait le plus possible, mais à quel prix ! Ne pas lâcher prise pour garder un reste de dignité. A la fin, je n’ai plus su faire… Ce qui m’a en quelque sorte sauvée puisqu’il est parti, ayant épuisé tout ce qu’il pouvait tirer de moi. Oui, un peu tard pour moi, petit à petit j’en sortirai, je sais.

Ma liberté commencera « quand les enfants seront partis et que le chien sera mort », en remplaçant par le chien les trois chats, dont deux vont partir avec Fifille, le troisième étant le siamois que m’a offert mon ex…

7 commentaires à "...quand les enfants partiront et que le chien sera mort."

20 08 2008
Polyphème :

Peut-on dire qu'un nouveau chapitre est sur le point de s'ouvrir? Excitant ! Enrichissant !

Saperli Présidente !

20 08 2008
heure-bleue :

Tu as besoin de liberté ? Ou tu conjures le sort ?...

20 08 2008
Valérie de Haute Savoie :

"Je dis souvent que ce que je souhaite enseigner aux jeunes que je côtoie, c’est qu’il y a parfois des maladies mentales latentes chez les gens qu’elles rencontreront, qui donnent des caractères un peu originaux à la sortie de l’adolescence."

C'est extrêmement juste ce que tu dis là. Et curieusement je ne m'étais jamais fait cette réflexion. Dieu sait combien les originaux m'ont toujours attirés.

21 08 2008
Maky :

Beaucoup plus radical, je serai tenté de suggérer des contrats sur la tête de tous ces "désaxés"...Décidément ils nous bouffent trop d'oxygène.

21 08 2008
mab :

Bien sûr que tu vas t'en sortir, d'ailleurs tu t'en sors déjà bien.

21 08 2008
mirovinben :

"Dieu sait combien les originaux m'ont toujours attirés" ? Peut-être parce que nous sommes attiré par ce qui peut éclairer une vie. A rapprocher de cette phrase que j'affectionne tout particulièrement : "Bienheureux les fêlés car ils laissent passer la lumière..."

Je crois que mon père est/était un grand manipulateur et que je n'ai eu qu'une solution pour m'en sortir : partir. Mais c'était plus facile que pour Saperli parce que dans la nature des choses. Mais maintenant qu'il est au soir de sa vie, je doute de cette décision et culpabilise de ne pas m'occuper de lui. Peut-être une dernière forme très perverse de la manipulation... Manipulation sociale pour le coup. Avec le recul et après le lâcher-prise (parkinson + ...) puis le décès de ma mère, je m'aperçois que j'en ai bavé pendant toute ma jeunesse et que j'avais tendance à reproduire son comportement auprès de mes enfants... et je n'arrive pas à le lui pardonner.

21 08 2008
guilitti :

la liberté, mais tu l'as déjà ! Tu as commencé à te reconstruire ! Tu nous parles de ton doud, tu as une Mia formidable, des passions (jardin, tricot, ordi entre autres) donc ne connais pas l'ennui... non non, pas de pb, pour moi, tu ES libre !