mardi 5 août 2008

Un tableau vert

05 08 2008

Dans mon jardin, il y a ...

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déviance

05 08 2008

Suite à cette horrible affaire d'assassinat d'enfant, les commentaires que l'on entend à longueur de journée me désespèrent un peu. Les journalistes parlent de choses qu'ils ne connaissent pas et les amalgames qu'ils ne manquent de faire, créent des tensions supplémentaires dans la population, dont certains s'en frottent déjà les mains...

J'ai fréquenté dans ma vie professionnelle beaucoup de malades mentaux pour lesquels j'avais un mal de chien à obtenir un suivi, la plupart vadrouillait dans la nature quand ils ne terrorisaient pas des parents âgés sollicitant vainement un internement ou une protection. Des psychopathes aussi, pervers, manipulateurs, pour lesquels il aurait fallu se plier à leurs exigences A ces derniers je n’ai jamais cédé et mon discours ne variant pas d’une fois sur l’autre, ils finissaient par aller voir ailleurs.

J’ai toujours tenté de mener un projet avec ces personnes malades qui auraient dû être prises en charge par le service de psychiatrie fort défaillant du côté social depuis au moins trente ans, et du côté médical depuis plus de vingt ans. Je n’ai pas souvent chanté victoire, certaines prises en charge se sont terminées par un suicide, une mort accidentelle ou suite à une maladie souvent liée à l’hygiène de vie, un délire ayant conduit (enfin !) à une hospitalisation d’office parce que des notables étaient menacés… Parfois, quand la personne acceptait de se soigner, nous allions cahin-caha vers une stabilisation de l’état de santé. Pour cela, il fallait mettre plein de choses en place, il ne suffit pas d’avaler des médocs ou de laisser entrer l’infirmière pour la piqûre mensuelle, il faut également un logement, une mesure de protection, un compte bancaire approvisionné avec une ressource régulière, une protection sociale, parfois une aide à domicile pour le ménage, etc.

Je n’ai jamais dit à un marginal ou à un fou comme le racontait hier à la radio un homme SDF depuis 18 ans citant son assistante sociale : « on ne fera pas de miracle ». Si c’est comme ça que raisonnent ceux et celles qui sont payés pour aider les personnes les plus vulnérables, alors, oui, des miracles, j’en ai faits, plein même.

Au calme, maintenant, j’attends ma béatification.