ven 18 juil 2008
Je joue chez Akynou, de Racontar.
18 07 2008Voici ma participation au jeu de Akynou, sur le blog Racontar
DANS LA VILLE, DES AMANTS.
Dans ma ville, il y avait des gens bizarres. Tellement bizarres qu’un jour, je suis partie me réfugier à la campagne. Histoire de ne pas me laisser contaminer. Oui, on regarde, on s’étonne et puis un jour, on se voit dans la glace et on s’aperçoit qu’on est pareil…
Il y avait le type qui promenait sa chaise, la tirant par une ficelle. A toute heure du jour, on le trouvait assis à un carrefour, observant le trafic sur la route nationale qui traverse le quartier de la Citadelle, l’air renfrogné, le cheveu en bataille. Je l’ai même aperçu une nuit, tirant sa chaise en essayant d’escalader le portail du cimetière Nord… Macabre ! Autre lieu, autre cas : dans l’autobus 27, l’enfant aux cheveux blancs, aux yeux si clairs qu’on n’osait le regarder de peur de voir au travers de lui, qui se promenait, un léopard sur le garrot, vieux sac à dos en peluche élimée et trop grand pour lui, dodelinant au-dessus de sa tête.
Quand j’appris que la maison des bois, à cinq cents mètres de la fabrique où je peignais des porcelaines à la main, se libérait, je m’activai pour en obtenir la location.
Dans le mois qui suivit, je m’installai dans cette demeure très bien restaurée, avec un confort appréciable. Une fois mes meubles installés et mes paquets déballés, le printemps était là. Les ronciers avaient gagné du terrain sur l’espace nécessaire à l’épanouissement d’anciennes plantations à la française. Je ressortis la débroussailleuse. Il me restait de l’huile mais tous les samedis, j’étais la fille qui rêvait d’un bidon d’essence et qui oubliait de l’acheter lorsqu’elle se rendait à la station pour faire le plein, en rentrant des courses hebdomadaires.
Un dimanche soir, songeuse, je me demandais ce que signifiait cette omission en observant depuis ma terrasse, la ligne pourpre au-dessus des chênes centenaires murant la clairière où je vivais désormais. Désolée de ne pas aboutir à une réponse, je rentrai dormir quand un claquement de porte me fit penser que j’étais devenue la reine dans le palais des courants d'air, un palais vide, où nul ne retrouverait ma trace si je ne lançais pas des signes à travers le monde…
Un glacement d’effroi me propulsa sur mon ordinateur resté ouvert. Et je lançai aussitôt un courriel à tous mes amants présents et passés, sous forme d’une invitation :
« Oyez, oyez, et venez samedi en huit.
De toutes ces choses qu'on ne s'est pas dites,
Quand nos corps se retrouvaient sauvagement,
Nous pourrions en discourir sagement. »
Quelques notables de la cité voisine seront probablement surpris de se retrouver une fois de plus dans cet ancien rendez-vous de chasse…
Hihihi, excellent, d'autant plus que la liste n'était pas évidente. Bravo, sincèrement
Bravo
Fallait placer tout ça et c'est bien fait 
Cela m'a bien tenté mais pas le temps en ce moment , bravo à toi ce n'était pas évident du tout.
il est très chouette ton texte ! j'aime beaucoup la fin ! allez je vais m'y mettre, dès que le repas est prêt je m'installe avec un crayon et je commence ! bon week-end !
Oh! comme c est bien raconté! je vais voir ce site ; ca a l air intéressant!!