mardi 1 juillet 2008
Odeur d’enfance
01 07 2008
Eh bien, je n’ai rien fait de ce que j’avais prévu hier, ou presque. Car en effet, quand je bricole, je ne fais rien d’autre, mais quand c’est mon doud’ qui s’occupe de mettre l’électricité dans une construction en cours, je ne fais rien d’autre non plus. En effet, toutes les cinq minutes, il a besoin que je vienne voir. Normal puisque le plan, il n’est pas sur papier mais dans ma tête. Donc s’il a besoin de le consulter, il faut tout de suite que j’accoure…
En conséquence, à part le repas, nada… J’ai cependant eu le temps, entre deux consultations de mon cerveau, de cueillir les cassis.
C’est ainsi qu’en début d’après-midi, profitant d’un passage nuageux et d’une accalmie côté bidouillage de fils électriques, un panier à fraises sous le bras, j’ai pu effectuer ma récolte. L’odeur des feuilles qui collent aux bras nus m’a replongée quarante cinq ans en arrière, quand dans le jardin de mon père, derrière la maison, en rang d’oignons, mes sœurs et moi, nous devions écumer les deux rangs d’au moins quinze pieds de cassissiers… Si cette activité nous amusait vingt minutes, elle prenait vite un aspect caustique car les fourmis nous couraient dans les jambes, à rester ainsi immobiles et debout, les yeux fixés sur les grains noirs qu’il fallait cueillir avec les queues et sans les écraser. Pour une main d’enfant, je peux vous assurer que ce n’est pas aisé. Et puis, bien souvent, dans les mêmes jours, il y avait également les groseilles à ramasser. Suivait l'équeutage de tous ces fruits, des heures assises cette fois-ci...
De tous ces cassis, ma mère confectionnait une gelée très épaisse, des glaces bien sûr mais aussi la fameuse crème de cassis, pour le kir ; elle fournissait toute la famille.
Ici, je n’ai que deux cassissiers et la récolte me suffit amplement, il y avait exactement six cent quatre vingt grammes de fruits épluchés. Après avoir mis quelques cuillerées de jus de côté pour les compotes de Mia, il reste quatre cent cinquante grammes mélangés avec le même poids de sucre. Avant même la cuisson, la masse est déjà prise ! C’est ainsi qu’on fait de la gelée de groseille à froid, qui a cependant la particularité de se conserver moins longtemps que celle que l’on fait chauffer.
Je n’aime pas trop la gelée de cassis car elle est épaisse, presque trop parfumée. L’année dernière, je l’avais mélangée avec de la pomme, c’était très bien. Cette fois, j’ai décidé de faire un autre essai et d’y mêler des morceaux d’un fruit plus juteux. Après avoir envisagé d’ajouter des nectarines blanches, j’ai pensé que ce ne serait pas mal avec du melon. Mais finalement, hier soir, pour arroser la fin des travaux d’électricité, nous avons ouvert une demi-bouteille de champagne et j’ai découpé le melon en mini boules pour l’accompagner. Comme je ne pense pas avoir le courage de sortir aujourd’hui, les nectarines feront l’affaire même si je trouve qu’il n’y en a peut-être pas assez.
Par contre, il est certain qu’il y aura beaucoup de gourmands pour la déguster !!!
