vendredi 13 juin 2008
Souvenirs gourmands
13 06 2008Il y a quelques mois, j’ai lancé une recherche sur Internet et je n’ai pas trouvé…
C’était au sujet des "guimauves" que nous achetions sur les fêtes foraines, lorsque j’étais enfant.
Ma mère adorait ça et dès qu’une fête foraine se tenait dans les environs, elle rapportait un paquet de guimauves, soigneusement emballées dans un papier blanc, genre papier de boucherie. Lorsque qu’un membre de la famille croisait une fête foraine lors de ses déplacements, il ramenait à tous les coups cette friandise pour notre maisonnée.
J’aimais ça aussi, bien sûr, de préférence les mauves parfumées à la violette ou les vertes à l’anis, il y en avait aussi qui ressemblaient un peu à de la "nougatine", de couleur caramel bien cuit avec quelques miettes d’amandes. Elles étaient très dures.
Quand on parle de guimauves, chacun pense maintenant aux trucs mous, les schamachins. Ca n’existait pas dans les années 60. On en trouvait cependant en pâtisserie, dénommée également "guimauve", elles avaient un goût de fleur d’oranger. Je ne me souviens pas que nous en étions friandes, mes sœurs et moi. Pour les différencier, on disait "de la guimauve" et non pas "des guimauves"...
Mes guimauves de fête, par contre, ravissaient ma gourmandise. Le forain confectionnait cette confiserie devant les gourmands qui attendaient d’être servis. Dans un grand chaudron, la pâte cuisait. Je ne sais plus avec quel ustensile il en saisissait un bon kilo qu’il déposait sur un marbre ; quand la bonne température était atteinte (environ 60 °, je pense), il empoignait le magma de sucre des deux mains et l’étirait en le tordant, le laissait retomber sur le marbre afin de ne pas se brûler, et recommençait ce geste un certain nombre de fois avant de former des bâtons qu’il coupait aux ciseaux tous les vingt centimètres environ. Il arrivait qu’il mélange deux couleurs, blanc et jaune par exemple. Les fibres longitudinales de sucre étaient également constituées de deux matières, l’une mate et l’autre brillante et translucide. Cest de cette façon-là qu'on fabrique les berlingots, je m'y suis essayée il y a une vingtaine d'année avec beaucoup de difficultés car je crains exagérément le chaud et la méthode, pour le néophyte, ne s'acclimate pas du port de gants.
Il y avait beaucoup d’amateurs salivant devant le stand, le nez également à la fête, les yeux parcourant les casiers multicolores afin d’arrêter un choix.
Lorsque j’ai repensé à cette friandise, des années après l’avoir boudée, les adolescentes que nous étions devenues préférant les barres chocolatées industrielles, les guimauves avaient disparues des étals de fêtes foraines. Il y avait longtemps que tout avait été remplacé par des trucs "chimiques " comme disait ma grand-mère !
Je n’aurai pas fait 9000 kilomètres uniquement pour regarder la pluie tomber sur l’océan indien ! A l’aéroport, j’ai trouvé une boîte de guimauves ! Elles ont été rebaptisées « sucre d’orge ». Plus courtes que celles de mon souvenir, emballées individuellement dans du papier cellophane, elles sont faites à la main avec du sucre de canne. Elles sont de couleur unie et d’une seule texture mate, mais elles ont gardé le bon goût des dimanches de fête.
Une nouvelle recherche sur le net me livre quelques précisions me prouvant que le nom donné dans ma famille à ce bonbon n’est pas un détournement de vocabulaire dont ma grand-mère avait le secret…
La recette sur wikipédia à base de schamachin est adaptée au confiseur pressé...
Une variante de la guimauve grillée consiste à placer 3 guimauves (et pas plus) dans un bol au micro-onde. Quand les guimauves ont triplé de volume, les sortir et attendre qu'elles dégonflent et refroidissent un peu, c'est du cœur de guimauve grillé. En travaillant cette masse on obtient une pâte irisée, la guimauve de fête foraine.
