vendredi 16 mai 2008
Les pères, que sont-ils devenus ?
16 05 2008Depuis mercredi, mon amie est sortie de l’hôpital et elle se repose chez moi avec ses enfants jusqu’à dimanche.
Les relations qu’elle entretient avec son ado de bientôt 17 ans sont assez tendues et j’ai donc de l’animation autour de moi. Difficile…
Il ne fait pas vraiment de bêtises, ce grand garçon mais ses relations lui attirent des ennuis. Et comme beaucoup de jeunes de son âge, il gâche ses chances d’avoir un futur métier intéressant car il n’utilise pas ses capacités et se laisse aller comme je ne pouvais pas imaginer que ça existe : jamais une leçon relue (ne parlons pas d’apprendre…), les dossiers ou rapports et autres dissertations sont commencées au dernier moment, alors qu’il a eu de nombreuses heures d’étude pendant lesquelles il s’est amusé, un laisser-aller et une attitude plaintive déconcertante.
Je sais bien que ce jeune a souffert de plein de problèmes, il refuse cependant toute aide psychologique. Moi qui ai l’habitude de jauger si le comportement d’un individu dégage de la souffrance nécessitant une prise en charge particulière, je dirais pourtant qu’il ne me semble pas particulièrement en danger de ce côté-là et que la maman, bien que malade ces cinq dernières années, a su compenser, par sa force de caractère, beaucoup de carences liées à l’inconsistance du père. Bref, j’essaie moi aussi de faire comprendre, avec plus de douceur que la maman (ce qui est facile quand on ne vit avec l’ado que quelques jours), que la vie n’est pas un long fleuve tranquille : le travail bien payé n’arrive pas comme ça, tout seul, sans remuer un doigt (ben si ça existe, mais faut avoir des relations…) et pour survivre dans notre société, les loisirs et les copains ne sont pas à mettre en priorité. Qu’est-ce qu’on peut être trouble-fête alors, nous les mères !
Il est bien évident que l’image donnée par le père, dans ce cas, a occasionné de gros dégâts dans la façon de penser de ce jeune homme. Je ne donnerai pas de détails et préciserai seulement que le mauvais exemple et l’argent gagné facilement n’incite pas la descendance à être courageuse ! Ceci combiné à un abandon de l’autorité paternelle qui ne s’est pas manifestée depuis de nombreux mois, et voilà le résultat !
En parlant de ce jeune que j’aime bien, je ne peux m’empêcher de penser à ma propre fille, la dernière, lâchée par son père pour une histoire de sandwich à deux jours de son déménagement le mois dernier et de la souffrance qu’elle vit par rapport aux six dernières années où elle a dû faire le deuil de ce père, trop atteint par sa psychose maniaco-dépressive pour poursuivre son rôle. La rupture est totale actuellement. Je ne perds cependant pas l’espoir que, lorsqu’elle aura plus d’expérience de la vie et un peu avancé dans son deuil du père, elle pourra à nouveau et avec détachement le voir de temps en temps, afin de soulager sa sœur aînée qui ne pourra pas éternellement assumée seule le poids de ce malade qu’il faudra, au fil des années, de plus en plus cadrer.