samedi 29 mars 2008

Récit d'une semaine d'enfer

29 03 2008

Après avoir posté ma prestation du jour pour les Sabliers de Printemps, organisés chez KOZLIKA, j’ai ce soir un peu de temps pour vous donner des nouvelles de « P’tit Titi & Cie ».

Revenons quelques jours en arrière, lundi donc, jour du cinquième anniversaire de P’tit Titi. Nous avons eu la joie de tous être réunis chez Grande Fille (sauf Fifille qui termine sa vie d’étudiante cette semaine, avant de finir son dernier stage de Master 2). Il y avait donc moi (ben oui, personnage central, bien sûr, aïe, mes chevilles…. ) et ma fille, son mari et ma petite-fille, P’tit et Grand titi et leur adorable maman. J’avais bien choisi le gâteau, d’après elle, il était parfum pistache et framboise. Une pluie de cadeaux a envahi la petite maison de Grande Fille, bientôt jonchée de papiers multicolores, camion, patins à roulettes, hélicoptère, etc….Aux dires de sa maman, cet enfant n’avait jamais été aussi gâté.

Puis nous avons repris le chemin de l’hôpital, un peu tristounets, sauf P’tit Titi car il a tout le temps dormi, dans la voiture, dans le fauteuil de la chambre de l’hôpital pendant qu’on réglait des trucs, puis à nouveau tout le long du trajet effectué sous une pluie battante.

Je me suis reposée un peu cette semaine, pas difficile me direz-vous, un temps complètement délirant nous a empêché toute sortie et on a appris à faire du patin à roulettes dans la cuisine et dans le salon, en se tenant aux meubles et à ma main et on a tous beaucoup dormi… Siestes, dodo tôt le soir, longs moments avachis devant la télé avec un tricot pour se donner bonne conscience (d’toute façon, ma bonne dame, tu peux pas sortir, il grêle, il pleut, ah ben non, y’a du soleil, ben trop tard, il neige….).

Tout ça m’a valu mon premier œil au beurre noir. Vous ne me croyez pas ? Je vous explique. La minette n’a pas besoin de mettre le nez dehors pour savoir qu’elle ne veut pas y aller. Comme je ne transige pas sur la propreté (ben oui, c’est pas parce qu’il pleut qu’il faut crotter dans la caisse de litière ! Après, faut que je la change, donc comme tout le monde, enfin tous les chats ici, tu vas dehors, minette grise de rage !), nous avons toutes les deux quelques occasions de nous crêper le chignon. N’ayant pu la faire sortir par le fenestron au-dessus de l’évier puisqu’il y avait déjà Chat2 perché qui hésitait à sauter dans les flaques d’eau, je l’ai choppée et après avoir ouvert la fenêtre donnant sur la rue, je l’ai lâchée sur le trottoir. Evidemment, une voiture passait à ce moment-là et la minette a ressauté dans la cuisine, je me suis retournée en me penchant pour la rattraper et bing, le coin de la fenêtre dans la pommette droite !!! Cette triste aventure m’a permis de découvrir que mon anti-cerne est tout sec et qu’il ne peut plus servir à cacher la misère, faudra songer à en racheter ! Je ne suis déjà pas partisane des sorties, alors vous devinez que je suis plutôt restée enfermée, surtout que mon Doud’ était là depuis lundi, pas envie qu’on pense que je suis une femme battue…

J’ai tellement oublié de m’aérer que les microbes ont repris du poil de la bête et me sont tombés dessus il y a trois jours, gros rhume qui va cette fois-ci plutôt du côté des bronches que des oreilles, tant mieux, je ne suis pas encore remise de la dernière otite et n’ai toujours pas pris mon rendez-vous chez l’ORL. Aujourd’hui, les microbes ont atteint le ventre…

Enfin, ce week-end, on reste tranquille, on se tient au chaud…et si tout va bien, mon amie sortira de l’hôpital la semaine prochaine. Et comme une bonne nouvelle n'arrive jamais seule, Fifille déménage jeudi avec l’aide de son père….

Une vieille histoire vraie...

29 03 2008

...écrite pour le Sablier de Printemps - Jour 6

Lire la suite …

un doigt de Porto

29 03 2008

Certains soirs, pour faire mon intéressant, il m'est arrivé de monter sur une chaise, de me draper dans un torchon à carreaux et de déclamer une poignée de vers avec des accès de lyrisme proportionnels à mon taux d'alcoolémie. Il s'agissait de l'extrait suivant : « C'est pas marqué dans les livres / Le plus important à vivre / C'est de vivre au jour le jour / Le temps c'est de l'amour ».

Cette phrase que m’écrivait mon ami Jean m’a bien fait rire. Je l’imagine fort bien dans cette situation avantageuse. Le torchon à carreaux, c’est très seyant pour un homme que j’ai toujours vu tiré à quatre épingles. Quant à son taux d’alcoolémie, il devait friser 0, 05 grammes, c’est bien suffisant pour le mettre dans cet état-là, ce vieil idéaliste aigri. Aigri par les vicissitudes d’une vie qui n’a pas tenu ses promesses.

Cocasse, en plus, le texte qu’il déclamait, comme pour s’en persuader lui-même, car c’est ce qu’il conseille sans cesse à son prochain, vivre au jour le jour… Lui pourtant, jamais je ne l’ai vu ancré dans le présent, il ne cesse de poursuivre ses rêves pour un demain qui n’arrive jamais.

Et que représente pour lui « le temps c’est de l’amour » ? L’amour, jamais il n’en parle pour lui, toujours seul je l’aurai connu. Jamais il n’évoque une aventure ou une liaison. Le seul amour qu’il tente d’obtenir, sans jamais en être satisfait, c’est celui de sa famille. Etre le meilleur d’une nombreuse fratrie totalement disloquée...Dans un déni total, cette quête est pourtant devenue sa seule raison de vivre...Pour cela, voici dix ans qu’il se consacre entièrement et inlassablement à accompagner seul sa vieille mère malade.

De temps à autre, pour se divertir, il doit prendre un doigt de porto et voilà le résultat, ses vieux démons ressortent et il redevient le jeune homme insouciant qu’il a dû être.

Sablier de printemps - Jour 5