mar 25 mar 2008
Histoire de pays
25 03 2008J’achète de temps en temps le quotidien de ma région pour avoir de quoi allumer le feu dans ma cheminée, de préférence le samedi car plusieurs « suppléments » y sont joints, dont un magasine comportant en dernière page un pan d’histoire locale, généralement un tantinet cocasse.
Samedi dernier, au premier coup d’oeil, je découvre sur cette feuille la reproduction d’une carte postale du village où j’habite. Vous remarquerez bien que je ne dis pas « mon village ». Non, je ne suis pas née ici, mais à Chalon sur Saône, ville où j’ai appris qu’il fallait dire bonjour aux gens qu’on croisait dans son voisinage. Ici, pas de bonjour.
J’ai d’abord passé un certain temps à décortiquer la photo qui montre l’entrée du village avec une vue de ma maison telle que je n’en connaissais pas. J’avais déjà trouvé quelques photos des années 20 dans un tiroir, l’ancienne propriétaire m’ayant laissé tout un tas de fourbis à trier. Je découvre aujourd’hui un nouvel aspect que je ne voyais pas sur ces épreuves, concernant la façade côté cour qui comportait alors trois ouvertures au lieu d’une, avec une avancée surmontée d’un petit toit (j’avais d’abord écrit toiton, mais on me le souligne en rouge et après recherche, ce mot a disparu de la langue française et au XIIème siècle, il n’avait pas le sens que je lui donne mais signifiait « cabane, hangar ». Pourtant, je l’emploie couramment car j’ai dû l’entendre par ici).
Après cet examen visuel, je passe à la lecture de l’article. Eh bien je comprends maintenant pourquoi il règne une si sale ambiance dans ce village, contrairement à celui d’à côté, où j’ai vécu cinq ans au milieu de gens pour la plupart plaisants.
Le sous-titre donne l’entière explication et je vous le recopie tel quel :
« A C., les impôts diffèrent selon le côté de la rue principale. Une particularité qui provoque, en 1766, une belle pagaille». En clair, le village dépend d’un côté des Etats de Bourgogne et de l’autre, de l’Intendant de Paris ! Et pour arranger les choses dans ce pays viticole, un impôt spécifique est prélevé sur le vin du côté de la capitale !!! Je vous passe les détails sur les manigances pour échapper à cette taxe, les procès, les vengeances, tel ce fils de viticulteur devenu médecin, qui roue de coups dans un endroit sombre, le paysan chargé de collecter les impôts. Quelle bravoure !
Deux cent quarante deux ans plus tard, demeure une morosité certaine dans ce joli village.
Les sous font des ravages;dans le passé,dans notre présent,le futur de nos gamins...en pâtira aussi pas besoin d'être devin pour le prédire. Cela rend les âpres aux gains encore plus médiocre en sociabilité,bilieux. Les pauvres de base que nous étions,que nous sommes encore cultivent le plus possible la cordialité avec un peu d'humour,il vrai que cela ne rapporte pas un euros!!! J'ai encore de la famille à Chalons s/ Saône. A la fin fin du moyen âge mon village natal fut pour je ne sais quelle raison "exempté" d'impôt...La morgue que cela donnait encore aux commerçants locaux des siècles plus tard. Maintenant comme d'autre, le village est "mort"