lundi 17 mars 2008
Les larmes d'un enfant.
17 03 2008Depuis quatre semaines que j'ai près de moi le fils de mon amie, il y a eu peu de moments pendant lesquels il a manifesté une souffrance d'être séparée d'elle. Quelques colères, des balancements au moment de s'endormir sur lesquels il sait maintenant mettre des mots (c'est parce que je pense à ma maman), quelques phrases (ma maman, elle me manque beaucoup), et le reste du temps, des rires, des jeux, des plaisanteries. Il est vrai que nous nous entendons très bien tous les deux et que, malgré le temps peu propice aux activités extérieures, c'est un enfant facile à occuper.
Après 24 heures passées avec sa maman, P'tit Titi a eu hier soir, avant de s'endormir, un grand moment de désespoir. J'ai repensé à certaines pratiques d'il y a 40 ans : quand un enfant était hospitalisé, les parents n'avaient pas le droit de le voir, ils devaient rester cacher derrière une vitre...Le motif en était que, quand les enfants étaient visités par leurs parents, ils pleuraient lorsque ces derniers partaient ! Vers l'âge de 3 ans, ma petite soeur avait été hospitalisée . Sa grande sensibilité attisée par la séparation l'avait plongée dans un mutisme dont nul employé de l'hôpital ne pût la sortir, elle n'eût de sourire pour personne et bien évidemment refusa tout aliment pendant les quelques jours où elle demeurât dans ce lieu. Heureusement, les choses ont évolué et cette façon de faire a disparu.
Oui, c'est vrai, revoir sa maman après une séparation et devoir à nouveau la quitter pour un temps indéterminé, a provoqué chez P'tit Titi des larmes. J'ai pris dans mes bras, consolé, dis combien je comprenais ce chagrin, raconté que moi aussi j'avais été malheureuse lorqu'à l'âge de trois ans, ma manan était elle-aussi partie à l'hôpital, bercé et chantonné. J'ai mis des mots sur les interrogations : "Je crois bien que je la reverrai jamais. - oh que si, dans une semaine, on ira voir maman pour ton anniversaire." Nous avons parlé des cadeaux que cet évènement allait occasionner et puis tout doucement, avons réglé nos respirations l'une sur l'autre et nous nous sommes endormis.
Je préfère devoir faire face à ces moments-là que de laisser ce petit de 5 ans s'enfermer dans une angoisse, celle de ne pas savoir, de ne pas constater de visu que sa maman va mieux, qu'elle reprend des forces, qu'elle est toujours sa maman avec son autorité bien assise. Il comprend très bien finalement que la médecine n'est pas une science exacte et que nous ne pouvons pas prévoir actuellement dans combien de temps elle reviendra à la maison pour s'occuper à nouveau de lui. C'est un petit homme raisonnable qui va avoir 5 ans.