lundi 31 mars 2008

L'année du Serpent

31 03 2008

Et puis un jour, on ose relever la tête. Enfin, pour moi, cela s’est traduit comme cela : j’ai commencé à arpenter la vie en ne contemplant plus le sol, courbée que j’étais sous le poids de mon encombrant boulet, mais redressée, regardant les autres dans les yeux, et l’horizon vers lequel j’allais...

J’ai alors cessé d’être dans l’attente du désir de l’autre, pour me soucier de mon propre désir.

J’ai ouvert mes mains et, paumes levées vers le ciel, espéré que la sérénité qui m’habitait tout à coup, se transmettrait à l’autre.

La joie et la douceur m’envahissaient. Le rire de l’enfance revenait. Une soudaine insouciance me rendait indulgente.

Mes traits se sont détendus, mon souffle est devenu plus ample.

J’ai dirigé ma vie, les pas dans ma liberté recouvrée, à côté de la sienne, laquelle n’a pas aimé s’en faire à l’idée.

Il n’a pas supporté. Me délester de ce poids, c’était aussi redevenir une femme quand lui avait besoin d’une mater dolorosa à bercer dans le filet de sa perversité.
Il m’a dit qu’il partait. C’était il y a six ans.

Sablier de Printemps - Jour 8

dimanche 30 mars 2008

là-haut sur la montagne...

30 03 2008

''L'humanité se divise en deux camps bien distincts que tout oppose irrémédiablement. La ligne de fracture passe très précisément au milieu de la table de ma salle à manger...''

D’un côté, le monde de l’enfance, de l’autre celui des adultes.

D’un côté, un tas de cubes multicolores, quelques crayons ouverts et mâchouillés, des restes d’avions en papier à moitié déchirés, des feuilles gribouillées, quelques petites voitures.

De l’autre, suivant les jours, une machine à coudre et quelques morceaux de tissus, des classeurs et des factures, des albums et des photos en vrac, un ordi et une souris.

Mille fois par jour, des cris s’élèvent entre les deux camps.

Ce soir, je suis vaincue, j’ai rangé toutes mes affaires et malgré tout, la table est pleine. L’autre camp a profité de la situation et a tout envahi. Un casque rouge et des patins à roulettes dominent le chaos, perchés sur une multitude de choses…

Cette montagne s’écroulera-t-elle cette nuit ? Ce qui est sûr, c’est qu’elle ne disparaîtra pas toute seule, je crois qu’il va falloir que je m’y colle demain….

Sablier de printemps - Jour 7

le temps de la sieste.

30 03 2008

Deux projets pour tout de suite, maintenant : profiter de la sieste de P’tit Titi pour aller nettoyer un tout petit morceau de potager afin de semer des salades et des radis et/ou (selon la longueur de la sieste) trouver des motifs pour faire un transfert sur deux débardeurs car j’en ai trois de la même couleur (je devais être dans la lune quand j’ai fait ma commande, ou bien il ne restait que cette couleur dans ma taille…).

Bon, les radis et les salades, je sens que l’idée même va être arrosée incessamment sous peu, vu la couleur du ciel… Déjà que je me demandais si c’était une bonne idée, car je ne vous cache pas que jardiner en se mouchant toutes les trois secondes, c’est du sport et ça vous donne tout de suite envie d’abandonner…Surtout que, dès que je suis dehors, dans l’humidité ambiante qui a commencé après la canicule de 2003, c’est une fontaine à jet continu, mon nez ! Alors, avec les mains pleine de terre ( bah oui, moi je sais pas faire autrement et pour se moucher, les gants, c’est pas top), fouiller dans sa poche pour sortir un mouchoir, berk ! Hier, j’avais carrément sorti la boîte mais comme j’en ai déjà vidé une, je tiens ABSOLUMENT à sauvegarder la dernière, elle ne sera pas exposée au risque de la pluie, afin d’avoir des réserves au moins jusqu’à l’ouverture du supermarché demain matin ! Oui, c’est très mauvais d’utiliser les mouchoirs en tissu quand on a un microbe, car on ne cesse de se réinfecter avec. Alors moi qui voudrais, quand j’ai un rhume, qu’il soit fini avant même son commencement, cette saleté, je ne vais donc pas lui permettre de se réintroduire sans arrêt dans ma pomme….

Bon alors on va donc plutôt chercher un motif. Je cours voir dans ma boîte à photos préférées quel sujet je vais tourmenté et déformé pour obtenir un truc tout à fait personnel que je serai la seule à porter sur les plages de mes rêves. Bonne sieste…

samedi 29 mars 2008

Récit d'une semaine d'enfer

29 03 2008

Après avoir posté ma prestation du jour pour les Sabliers de Printemps, organisés chez KOZLIKA, j’ai ce soir un peu de temps pour vous donner des nouvelles de « P’tit Titi & Cie ».

Revenons quelques jours en arrière, lundi donc, jour du cinquième anniversaire de P’tit Titi. Nous avons eu la joie de tous être réunis chez Grande Fille (sauf Fifille qui termine sa vie d’étudiante cette semaine, avant de finir son dernier stage de Master 2). Il y avait donc moi (ben oui, personnage central, bien sûr, aïe, mes chevilles…. ) et ma fille, son mari et ma petite-fille, P’tit et Grand titi et leur adorable maman. J’avais bien choisi le gâteau, d’après elle, il était parfum pistache et framboise. Une pluie de cadeaux a envahi la petite maison de Grande Fille, bientôt jonchée de papiers multicolores, camion, patins à roulettes, hélicoptère, etc….Aux dires de sa maman, cet enfant n’avait jamais été aussi gâté.

Puis nous avons repris le chemin de l’hôpital, un peu tristounets, sauf P’tit Titi car il a tout le temps dormi, dans la voiture, dans le fauteuil de la chambre de l’hôpital pendant qu’on réglait des trucs, puis à nouveau tout le long du trajet effectué sous une pluie battante.

Je me suis reposée un peu cette semaine, pas difficile me direz-vous, un temps complètement délirant nous a empêché toute sortie et on a appris à faire du patin à roulettes dans la cuisine et dans le salon, en se tenant aux meubles et à ma main et on a tous beaucoup dormi… Siestes, dodo tôt le soir, longs moments avachis devant la télé avec un tricot pour se donner bonne conscience (d’toute façon, ma bonne dame, tu peux pas sortir, il grêle, il pleut, ah ben non, y’a du soleil, ben trop tard, il neige….).

Tout ça m’a valu mon premier œil au beurre noir. Vous ne me croyez pas ? Je vous explique. La minette n’a pas besoin de mettre le nez dehors pour savoir qu’elle ne veut pas y aller. Comme je ne transige pas sur la propreté (ben oui, c’est pas parce qu’il pleut qu’il faut crotter dans la caisse de litière ! Après, faut que je la change, donc comme tout le monde, enfin tous les chats ici, tu vas dehors, minette grise de rage !), nous avons toutes les deux quelques occasions de nous crêper le chignon. N’ayant pu la faire sortir par le fenestron au-dessus de l’évier puisqu’il y avait déjà Chat2 perché qui hésitait à sauter dans les flaques d’eau, je l’ai choppée et après avoir ouvert la fenêtre donnant sur la rue, je l’ai lâchée sur le trottoir. Evidemment, une voiture passait à ce moment-là et la minette a ressauté dans la cuisine, je me suis retournée en me penchant pour la rattraper et bing, le coin de la fenêtre dans la pommette droite !!! Cette triste aventure m’a permis de découvrir que mon anti-cerne est tout sec et qu’il ne peut plus servir à cacher la misère, faudra songer à en racheter ! Je ne suis déjà pas partisane des sorties, alors vous devinez que je suis plutôt restée enfermée, surtout que mon Doud’ était là depuis lundi, pas envie qu’on pense que je suis une femme battue…

J’ai tellement oublié de m’aérer que les microbes ont repris du poil de la bête et me sont tombés dessus il y a trois jours, gros rhume qui va cette fois-ci plutôt du côté des bronches que des oreilles, tant mieux, je ne suis pas encore remise de la dernière otite et n’ai toujours pas pris mon rendez-vous chez l’ORL. Aujourd’hui, les microbes ont atteint le ventre…

Enfin, ce week-end, on reste tranquille, on se tient au chaud…et si tout va bien, mon amie sortira de l’hôpital la semaine prochaine. Et comme une bonne nouvelle n'arrive jamais seule, Fifille déménage jeudi avec l’aide de son père….

Une vieille histoire vraie...

29 03 2008

...écrite pour le Sablier de Printemps - Jour 6

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un doigt de Porto

29 03 2008

Certains soirs, pour faire mon intéressant, il m'est arrivé de monter sur une chaise, de me draper dans un torchon à carreaux et de déclamer une poignée de vers avec des accès de lyrisme proportionnels à mon taux d'alcoolémie. Il s'agissait de l'extrait suivant : « C'est pas marqué dans les livres / Le plus important à vivre / C'est de vivre au jour le jour / Le temps c'est de l'amour ».

Cette phrase que m’écrivait mon ami Jean m’a bien fait rire. Je l’imagine fort bien dans cette situation avantageuse. Le torchon à carreaux, c’est très seyant pour un homme que j’ai toujours vu tiré à quatre épingles. Quant à son taux d’alcoolémie, il devait friser 0, 05 grammes, c’est bien suffisant pour le mettre dans cet état-là, ce vieil idéaliste aigri. Aigri par les vicissitudes d’une vie qui n’a pas tenu ses promesses.

Cocasse, en plus, le texte qu’il déclamait, comme pour s’en persuader lui-même, car c’est ce qu’il conseille sans cesse à son prochain, vivre au jour le jour… Lui pourtant, jamais je ne l’ai vu ancré dans le présent, il ne cesse de poursuivre ses rêves pour un demain qui n’arrive jamais.

Et que représente pour lui « le temps c’est de l’amour » ? L’amour, jamais il n’en parle pour lui, toujours seul je l’aurai connu. Jamais il n’évoque une aventure ou une liaison. Le seul amour qu’il tente d’obtenir, sans jamais en être satisfait, c’est celui de sa famille. Etre le meilleur d’une nombreuse fratrie totalement disloquée...Dans un déni total, cette quête est pourtant devenue sa seule raison de vivre...Pour cela, voici dix ans qu’il se consacre entièrement et inlassablement à accompagner seul sa vieille mère malade.

De temps à autre, pour se divertir, il doit prendre un doigt de porto et voilà le résultat, ses vieux démons ressortent et il redevient le jeune homme insouciant qu’il a dû être.

Sablier de printemps - Jour 5

jeudi 27 mars 2008

de l'oubli d'un clic

27 03 2008

Vous savez pas la dernière ? Il parait que j'ai un blog. Oui, oui, un de ces machins sur Internet où je raconte ma vie.

J'ai depuis longtemps l'habitude d'écrire des notes sur ce qui fait mon quotidien, pour les relire quand je serai vieille, le soir au coin du feu. J'avais commencé sur des carnets et quelques uns ont été entreposés au grenier lors de mon dernier déménagement. En rangeant un peu, je me suis aperçue qu'ils commençaient à faire la joie des souris qui ont allègrement grignoté les coins....Je me suis dépêchée de les mettre à l'abri et de les recopier sur CD.

Afin que cela ne se reproduise pas, j'ai décidé d'écrire mes notes directement sur un site où je peux agrémenter mes narrations de photos diverses. C'est un bon moyen de ne pas se faire bouffer par les souris et donc de conserver mes données dans de bonnes conditions. Bien sûr, j'avais pris le soin de cocher "hors ligne", car mon but n'était pas de raconter ma vie à la planète Terre branchée sur le net.

Mais que s'est-il passé ? J'ai commencé à recevoir de commentaires un soir de pleine lune, j'ai cru que je rêvais ! Quelqu'un me lisait ! Et émettait son avis sur les questions que je me posais à moi....Les bras m'en sont tombés.

Alors, j'ai repris courageusement les quelques 300 billets déjà écrits et me suis rendue compte qu'il ne suffisait pas de notifier dans le premier billet "hors ligne", il fallait le faire chaque jour....

Sablier d'automne - jour 4