jeudi 24 janvier 2008
Arrêtez de fumer !
24 01 2008Voici le texte dont je vous parlais l'autre jour, que j'ai écrit lorsque j'ai cessé de fumer.
Il y a maintenant 8 ans et demi et aujourd'hui, je ne peux concevoir que je me sois livrée si longtemps à cette addiction, 26 ans, avec de très grosses quantité (30 cigarettes quotidiennes au cours des dernières années). En effet, je n'ai plus jamais eu envie de fumer, je me suis coupée complètement de l'odeur du tabac, au point de ne pas me rendre compte que quelqu'un fume à côté de moi. Cette "guérison" s'est accompagnée d'un long travail sur moi-même.
27.10.99
Le passage du temps, il ne me semble pas plus long depuis que je ne fume plus, en fait il y a peu de moments où je pense que j'ai envie d'une cigarette. Le fait d'avoir de la nicotine par le patch est-il une aide par rapport à la façon de gérer le temps qui passe ? Que se passe-t'il quand on arrête le patch ?
Si je ne suis pas seule, ou si je suis très occupée par un travail de communication (réception, téléphone), il peut se passer plusieurs heures sans que je souffre de ne plus fumer. Par contre, si je suis seule, avec des dossiers à rédiger au bureau, au bout d'un moment, il y a l'ennui qui se traduit par l'envie de quelque chose, et je pense à la cigarette. C'est la même chose à la maison, et si j'essaie de me forcer à des activités que je ne faisais pas avant, le week-end ou le soir, j'ai des tas d'idée, mais des difficultés à faire un choix et à m'y mettre, préférant jouer sur l'ordinateur à des jeux idiots et saoulants, de façon compulsive et pendant plusieurs heures.
Pour la nourriture, peu de compulsion, mise à part deux jours de bonbons la semaine dernière et quelques gâteaux dimanche soir avant de m'endormir. Mais si les bonbons étaient pour compenser l'absence de tabac, les gâteaux sont plus pour calmer la faim car je ne mange pas assez aux repas.
J'ai quand même réussi depuis trois semaines à faire des choses que je ne faisais pas auparavant, et qui me forcent à penser à ma vie : des activités manuelles le soir, et l'écriture de texte.
J'ai aussi besoin de passer du temps à parler de la dépendance au tabac, avec des proches à la maison, avec des amies, des collègues au bureau. Mais j'aurai besoin d'en parler plus et d'exprimer mes angoisses par rapport à l'arrêt des patch et la peur de, non pas rechuter, mais re-déprimer, l'angoisse d'être déjà malade du tabac, mais aussi de parler du soulagement de ne plus se sentir déjà tout à fait dedans.
Je n'ai pas envie de refumer pour les raisons suivantes :
- si j'ai une chance de ne pas être déjà malade, je pourrai profiter de voir mes proches plus longtemps et de vivre dans leur affection, je pourrai devenir une grand-mère pour mes petits-enfants et cultiver longuement le jardin que j'aurai peut-être un jour.
- je me sens libérée par rapport aux contraintes matérielles d'avoir toujours des cigarettes, de faire un détour pour en trouver au mois d'août ou le Dimanche quand j'avais oublié d'en acheter, de chercher mon briquet dans le fond de mon sac en conduisant de l'autre main, de fermer la fenêtre de la voiture quand il fait 40° parce que décidément pour allumer cette foutue clope c'est pas possible avec l'air qui rentre, de ne pas aller lire au lit malgré ma fatigue car j'ai encore pas ma dose, de penser en fumant une cigarette déjà à la suivante parce que celle-là est déjà presque finie et que je n'ai même pas eu le temps de l'apprécier, de me relever boire du lait avant de m'endormir car aujourd'hui j'ai tellement fumer que j'ai l'estomac en capilotade, etc. ...
- je me sens moins fatiguée nerveusement et visuellement que quand nous fumions toutes les trois dans le bureau, les fins de journée étaient douloureuses du côté des yeux, et l'odeur devenait difficile à supporter pour tout le monde, y compris les fumeuses !
- je ne sais pas si c'est l'effet du patch qui distille bravement et régulièrement sa dose de nicotine, mais il n'y a pas de pointe de stress où il fallait une clope pour supporter la conversation téléphonique, ou la rédaction de rapport. je me sens moins tendue.
- j'ai accepté que dans l'instant qui suit, je ne rechuterai pas, je reste lié à l'instant qui suit pour me dire que si j'ai envie d'une cigarette, ce n'est pas pour tout de suite, ça va passer, c'est passé, je n'y pense plus. Cela n'empêche pas le temps de passer quand même, et sans cigarette.
- l'image de moi sans fumer je ne sais pas ce que c'est, ce n'est pourtant pas trop à cette transformation de mon image que je m'attachais quand je n'arrivais pas à accepter l'idée d'arrêter de fumée, mais plutôt à une absence d'un environnement odorant et enfumé, oui, c'est plus lié à l'odorat que je ne pouvais imaginer sans l'odeur du tabac. Je pense que d'avoir eu un parent fumeur y est pour quelque chose. C'est rassurant, l'odeur d'enfance, et pourtant, elle est liée à la présence de mon père que je préférais absent.