mer 22 aoû 2007

les expressions de mon enfance

22 08 2007

Comme vous avez pu le lire dans le billet précédent, ma mère parlait de " bonne ragasse"» quand il tombait des cordes…D’ailleurs, je ne crois pas l’avoir entendue employer ce nom en dehors de l’adjectif qui l’accompagne. C’était donc vraiment l’expression employée pour les grosses giboulées ou les pluies violentes d’orage, quand vous voyez les nuages s’amonceler d’un seul coup et le jour s’assombrir comme si la nuit allait tomber en plein jour : « dépêchez-vous de rentrer, il va tomber une bonne ragasse », et elle courait ôter ses draps du fil à linge.

Ma grand-mère avait également des mots bien à elle, souvent usités dans la famille, mais que je n’ai pas retrouvés ailleurs, donc je ne sais pas si elle les tenait d’ancêtres d’une autre région ou si elle détournait leur usage.

Ainsi, pour servir la soupe, elle se servait d’un " pochon" pour désigner une louche tout à fait ordinaire. Ce mot est employée dans d’autre région pour désigner un petit sac.

Quand venait l’époque de la Chandeleur, elle nous faisait des "matefaims", c’est-à-dire des crêpes. Mais je vois sur Internet une recette lyonnaise qui ressemble tout à fait à des crêpes et dénommée matefaim.

Lorsque le temps menaçait de se refroidir, elle n’oubliait pas d’emporter son "paletot", qui était un gilet à manches longues. Là encore, je vois qu’elle n’inventait pas car je trouve la définition suivante : "veste que l'on porte par dessus d'autres vêtements"

Jamais je n’ai entendue ma grand-mère parler de slip ou de pantalon, pour le premier mot elle nous ordonnait : « remonte ta culotte » et pour le deuxième, dès que la neige arrivait, elle parlait de « ressortir les grandes culottes ». Je ne l’ai d’ailleurs jamais vu en porter, les femmes mettaient des jupes pour les jours ordinaires et dans l’enfance, à la rigueur, une grande culotte était admise pour affronter les grands froids hivernaux. De même, ma mère ne portait un pantalon que lorsque nous allions faire du ski une journée dans le Jura, à une centaine de kilomètres. D’ailleurs, je me souviens qu’en sixième, classe que j’ai effectuée dans un lycée publique de filles la dernière année avant que ne soient ouverts les collèges mixtes, à une date précise en mars, la directrice annonçait à toutes les élèves rangées devant le perron : « A partir de lundi, le port des pantalons est interdit».

Il doit y avoir d’autres expressions que je ne retrouve pas ce matin. Mon esprit s’est mis à vagabonder sur un autre sujet car le dernier paragraphe m’a entraînée du coté des vêtements et je me suis mise à chercher une photo du fameux capuchon que tous les enfants de condition modeste portaient en cas de pluie, que je haïssais, ne supportant pas son odeur ; il était confectionné dans une grosse toile raide bleu nuit enduite de caoutchouc. Si quelqu’un a un document sur ce vêtement, merci de me le faire parvenir, j’en reparlerais un peu plus tard.