sam 28 juil 2007
Salle d'attente
28 07 2007Chez mon médecin cet après-midi.
Lorsque j’arrive, la salle d’attente est archi bondée, il y a avant moi trois personnes, alors que je suis légèrement en retard. De l’avis général, la durée d’attente est de deux heures en début d’après-midi, trois voire plus en soirée.
Je sors mon tricot, ce qui fait rire ces dames qui me félicitent d’être si prévoyante. D’après elles, je vais pouvoir finir mon pull (en fait une mini robe rose taille 0 pour ma future petite- fille) . J’ai par contre oublié mon livre, je l’avais pourtant préparé (je le retrouverai en rentrant à côté du sac d’où j’ai sorti le tricot…). Ces messieurs ne commentent pas. Quelqu’un sent très fort. Il y a surchauffe malgré la porte-fenêtre ouverte, nous sommes 8 assis autour d’une pièce de neuf mètres carré …Un garçonnet d’une dizaine d’années s’ennuie et s’agite, sa mère rouspète et lui dit d’arrêter de bouger, de cesser de jouer avec le téléphone qui n’a plus de batterie…. Un coin est très bien pourvu de joujoux pour occuper les jeunes enfants, celui-ci est malheureusement trop grand. Une jeune femme, tout comme moi prévoyante, a amené son carnet de sudoku. La maman du jeune zébulon s’exclame qu’elle a oublié son livre, j’ai envie de lui rétorquer qu’elle aurait dû également prévoir le cahier de vacances.
Dans un coin, un couple de personnes âgées. La dame est menue, vêtue d’une jupe droite beige clair et d’un polo écru très chics qui ne sont pas assortis à sa coiffure un peu vieillotte : je devine qu’elle s’est endimanchée… D’après mes calculs, ils n’ont pas de rendez-vous et je comprends en les écoutant, qu’elle vient probablement montrer une radio. Elle espère passer avant moi, tout ceci exprimé à mots couverts à voix basse avec son homme. Pour la prochaine fois, elle veut revenir après un résultat d’analyses et une consultation spécialisée et décide donc d’aller prendre son rendez-vous immédiatement auprès de la secrétaire, qui se tient dans le hall, à deux mètres de la salle d’attente. Toutes les portes étant ouvertes, probablement pour nous éviter l’asphyxie (en provoquant des courants d’air, merci…), je peux entendre la suite. Bien qu’elle insiste pour avoir le premier rendez-vous, elle n’aura que le deuxième car la secrétaire garde celui de 14 heures pour les consultations post-natales (ben oui, quand en plus faut supporter des babies qui braillent dans les neuf mètres carrés de salle d’attente, c’est pas triste… ne pas oublier, en plus du tricot, les boules Quiès…). De retour près de nous, la vieille dame fait le rapport à son mari, voilà, ce sera à 14h20, donc elle attendra sûrement moins longtemps qu’aujourd’hui… Je me suis demandée quand même ce qu’elle loupait, cette dame, en étant assise confortablement dans ce salon : l’avant-dernière étape du tour de France ou les feux de l’amour ?
Aujourd’hui, je n’avais pas trop le sourire car une sciatique me rendait la position assise inconfortable. Pourtant, j’aurais bien attendu encore deux heures si nécessaire et je ne pense pas être la seule à penser de la sorte. Les personnes qui manifestaient leur impatience dans cette salle d’attente avaient peut-être aussi une position assise inconfortable ?
Et pourtant…. Le petit couple sans rendez-vous passera effectivement avant moi et restera tout aussi longtemps dans l’antre tant espérée que les autres.
Enfin, c’est mon tour. Quel accueil : sourire, mots de bienvenue, mains chaleureuses qui accompagnent vers l’entrée… Quoi que je lui annonce comme mauvaise nouvelle sur l’évolution de mes troubles, il cherche à me soulager et prend le temps d’une séance d’ostéopathie. Tout est étudié, écouté, avec le sourire et dans le calme, jamais d’affolement quelque soit l’étendue de la file d’attente…Quand je m’inquiète de lui prendre trop de temps et de retarder encore l’heure de la fin de ses consultations, il me précise qu’il n’est jamais fatigué… Il me martyrise à en crier, j’interromps la conversation pour faire « hahaha, vous me faite mal » et je reprends, lui raconte ma dernière chute et mes incapacités grandissantes, on sait tous les deux que malheureusement, il n’y a pas de solution mais que cette maladie ne fait pas mourir donc on en rirait presque… Je suis sortie fourbue et comme rouée de coups mais j’avais quand même l’impression comme à chaque fois, que ça allait vite aller mieux….
Oui, car lui au moins ne fuit pas devant mes plaintes, il les assume et se colte avec mon corps pour remettre des trucs en place. Il me soigne physiquement, il me touche, il cherche à me guérir malgré tout. Son engagement est total. Je ne comprends rien à sa spécificité mais je lui fais entièrement confiance et je le vénère !