mardi 31 juillet 2007

Aujourd'hui, je change de fille

31 07 2007

Ce matin, Fifille est partie par le train à Paris, retrouver un charmant jeune homme rencontré la semaine dernière, le jour du retour d’Italie (en attendant l’avion, finalement les encombrements d’aéroport ont parfois des effets positifs …) et l’aînée descend passer la semaine avec moi, par la route. Elles se croisent donc mais auront le plaisir de se retrouver soit ce soir soit demain…en fonction de l’évolution des Amours de Fifille. Cette dernière était hier un peu… vous savez, quand le temps ne passe pas assez vite pour revoir quelqu’un mais qu’en même temps on a peur d’être déçue et de s’être fait des idées…je ne sais pas comment dire, pas euphorique, ni impatient, un peu les deux à la fois mais avec de la réserve pour ne pas montrer son état à son entourage (qui s’aperçoit quand même de quelque chose quand elle secoue les mains en faisant ‘’hhhheeuuu’’ enfin un sifflement aspiré). Je ne sais pas s’il y a un mot, peut-être amoureuse tout simplement…

Je suis contente de revoir ma grande, si près de son terme. On va déballer toute la layette que j’ai achetée pour Mia, regarder ce que je suis en train de tricoter, les jouets également et les livres. On va gagater, quoi.

Il nous reste un mois et demi à attendre environ. Je me souviens que pour ma première fille, à ce moment-là, j’ai été hospitalisée dix jours car j’avais des contractions et pour la seconde, j’étais déjà allongée depuis un mois et sous traitement médical.

Le soleil est revenue, je vous annonce que je vais faire de la chaise longue avec mon tricot, et me reposer car hier, mon doud’ a voulu absolument m’aider à monter un peu de la cloison avant de repartir ce matin. On a donc avancé un peu, mais moi, je n’étais vraiment pas en état et ce matin, je suis très fatiguée. En plus, je ne sais pas ce que je fabrique mais c’est jamais droit d’après lui, la porte penche d’un côté, le mur de l’autre, pourtant j’utilise le même niveau que lui…Enfin, l’important c’est que cela tienne debout et ne me tombe pas sur le nez, quand il y aura la tapisserie et les meubles, je pense que ce sera toujours bien assez droit pour moi. Bon, elle arrive Grande Fille ? Je ne vais quand même pas m’asseoir sur le rebord du trottoir pour la guetter comme je faisais, enfant, pour voir revenir ma mère sur son solex, lorsqu’elle nous confiait à ma grand-mère, une fois par semaine pendant les vacances pour aller en ville.

lundi 30 juillet 2007

Déviation

30 07 2007

C’était la route qui passait sur le côté de la maison. On l’appelait ainsi, elle avait été construite pour détourner les véhicules de la traversée de la ville, à une époque où l’autoroute ne reliait pas encore Paris au « Midi ». Devant la maison, une cour avec deux tilleuls et une rangée de lilas. Sur le côté droit, des fleurs puis des légumes de même que derrière : une allée de graviers longeait la maison puis le fil à linge et une haie d’hortensias car c’était le nord, une autre de cassissiers et les alignements habituels d'un potager. Des fraisiers bien sûr, et aussi des groseilliers. Tout au fond du jardin, des cabanes pour les lapins. Le jeudi, il fallait aider ma mère à arracher de l’herbe pour les nourrir, le long de la déviation…Il fallait également désherber à la main les allées. Le soir mon père inspectait et les reproches pleuvaient.

Je dois avoir trois ans. Lorsque nous jouons devant la maison, le bruit de la circulation n’est pas trop important car une autre maison fait barrage. Mais derrière, il est beaucoup plus intense, juste un champ et la déviation en ligne droite longe le jardin à environ trente mètres. Lorsque je suis avec mes sœurs ou ma mère qui ramasse le linge ou nourrit les lapins, le bruit est bruit, tout simplement. Si par hasard je me retrouve seule à cet endroit, alors que survient dans le lointain un camion, mes jambes se dérobent, le bruit se fait monstre, il envahit mon cerveau et mes limites deviennent floues, l’impression que je vais disparaître. Je reste clouée sur place. Quand enfin le bruit s’éloigne, je me ressaisis et toute tremblante, le cœur cognant dans ma poitrine, je cours devant la maison et me jette dans les jupes de ma mère qui, ignorant tout de cette grande frayeur, ne comprend pas pourquoi je me précipite ainsi contre elle.

J’en ai gardé une sainte horreur des bruits de trafic routier, de l’ombre du nord derrière les maisons et une réputation de « grosse brute »….

Un jour, trois jeunes anglaises faisant du stop ont été happées par une voiture, à la hauteur de la maison voisine. Deux sont mortes. Quand nous longions cette route pour aller chez ma tante, à quelques kilomètres de là, je tremblais tout le long du chemin. Il m’arrive encore d'en faire des cauchemars et de chercher un autre itinéraire pour arriver chez ma tante.

Je suis retournée voir la maison l’année dernière et je me disais que les tilleuls de la cour, qui ont près de cinquante ans, devaient être gros. Eh bien non, depuis quarante ans que j’ai déménagé de cet endroit, ils n’ont pas autant changé que je pensais.

L'un des deux tilleuls, devant la maison bordée par la déviation, devenue maintenant autoroute. J'ai passé mon enfance à cet endroit, de un an à onze ans.

dimanche 29 juillet 2007

j'suis pompette

29 07 2007

Avant-hier, quand mon ami et sa vieille mère sont venus me voir, nous avons décidé de s'faire un petit resto ce soir puisque mon doud', retenu par des obligations familiales, me laissait seule exceptionnellement pour le week-end. Une table pour trois fût donc retenue à deux pas d'ici, dans un petit village.

Hier, j'appelle ma meilleure amie qui rentrait de vacances. Comme on avait envie de se voir, la seule possibilité étant ce soir, elle accepte de se joindre à nous : je retourne donc au resto pour demander à rajouter une assiette.

Ce matin, j'en parle à Fifille qui devait sortir avec des copines et finalement, comme c'est annulé, elle me dit qu'elle viendra aussi.... et puis mon Doud' voit son obligation familiale repoussée, alors qu'il avait fait une croix sur notre week-end pour s'y consacrer. Il saute donc dans sa voiture pour venir ici et je renvoie Fifille au resto pour rajouter deux assiettes.....

De trois, on est passé à six ! Le resto qui ne nous connaissait pas, a dû nous prendre pour des gens qui ne savaient pas compter vite ou pour de doux cinglés ....Il est vrai qu'on dénote un peu avec la vieille mère qui perd la tête, bien que ce soir, elle se soit comportée à peu près calmement....

Moi et mon Doud', on a bien bu, malgré que le rouge (un Irancy, pour les connaisseurs) sortait du réfrigérateur.... Il ne vaut pas grand chose, ce resto !

Je suis donc pompette, les gens, c'est Fifille qui a ramené la voiture et nous dedans, je vais aller me coucher avec du rire plein les mirettes....

samedi 28 juillet 2007

Salle d'attente

28 07 2007

Chez mon médecin cet après-midi.

Lorsque j’arrive, la salle d’attente est archi bondée, il y a avant moi trois personnes, alors que je suis légèrement en retard. De l’avis général, la durée d’attente est de deux heures en début d’après-midi, trois voire plus en soirée.

Je sors mon tricot, ce qui fait rire ces dames qui me félicitent d’être si prévoyante. D’après elles, je vais pouvoir finir mon pull (en fait une mini robe rose taille 0 pour ma future petite- fille) . J’ai par contre oublié mon livre, je l’avais pourtant préparé (je le retrouverai en rentrant à côté du sac d’où j’ai sorti le tricot…). Ces messieurs ne commentent pas. Quelqu’un sent très fort. Il y a surchauffe malgré la porte-fenêtre ouverte, nous sommes 8 assis autour d’une pièce de neuf mètres carré …Un garçonnet d’une dizaine d’années s’ennuie et s’agite, sa mère rouspète et lui dit d’arrêter de bouger, de cesser de jouer avec le téléphone qui n’a plus de batterie…. Un coin est très bien pourvu de joujoux pour occuper les jeunes enfants, celui-ci est malheureusement trop grand. Une jeune femme, tout comme moi prévoyante, a amené son carnet de sudoku. La maman du jeune zébulon s’exclame qu’elle a oublié son livre, j’ai envie de lui rétorquer qu’elle aurait dû également prévoir le cahier de vacances.

Dans un coin, un couple de personnes âgées. La dame est menue, vêtue d’une jupe droite beige clair et d’un polo écru très chics qui ne sont pas assortis à sa coiffure un peu vieillotte : je devine qu’elle s’est endimanchée… D’après mes calculs, ils n’ont pas de rendez-vous et je comprends en les écoutant, qu’elle vient probablement montrer une radio. Elle espère passer avant moi, tout ceci exprimé à mots couverts à voix basse avec son homme. Pour la prochaine fois, elle veut revenir après un résultat d’analyses et une consultation spécialisée et décide donc d’aller prendre son rendez-vous immédiatement auprès de la secrétaire, qui se tient dans le hall, à deux mètres de la salle d’attente. Toutes les portes étant ouvertes, probablement pour nous éviter l’asphyxie (en provoquant des courants d’air, merci…), je peux entendre la suite. Bien qu’elle insiste pour avoir le premier rendez-vous, elle n’aura que le deuxième car la secrétaire garde celui de 14 heures pour les consultations post-natales (ben oui, quand en plus faut supporter des babies qui braillent dans les neuf mètres carrés de salle d’attente, c’est pas triste… ne pas oublier, en plus du tricot, les boules Quiès…). De retour près de nous, la vieille dame fait le rapport à son mari, voilà, ce sera à 14h20, donc elle attendra sûrement moins longtemps qu’aujourd’hui… Je me suis demandée quand même ce qu’elle loupait, cette dame, en étant assise confortablement dans ce salon : l’avant-dernière étape du tour de France ou les feux de l’amour ?

Aujourd’hui, je n’avais pas trop le sourire car une sciatique me rendait la position assise inconfortable. Pourtant, j’aurais bien attendu encore deux heures si nécessaire et je ne pense pas être la seule à penser de la sorte. Les personnes qui manifestaient leur impatience dans cette salle d’attente avaient peut-être aussi une position assise inconfortable ?

Et pourtant…. Le petit couple sans rendez-vous passera effectivement avant moi et restera tout aussi longtemps dans l’antre tant espérée que les autres.

Enfin, c’est mon tour. Quel accueil : sourire, mots de bienvenue, mains chaleureuses qui accompagnent vers l’entrée… Quoi que je lui annonce comme mauvaise nouvelle sur l’évolution de mes troubles, il cherche à me soulager et prend le temps d’une séance d’ostéopathie. Tout est étudié, écouté, avec le sourire et dans le calme, jamais d’affolement quelque soit l’étendue de la file d’attente…Quand je m’inquiète de lui prendre trop de temps et de retarder encore l’heure de la fin de ses consultations, il me précise qu’il n’est jamais fatigué… Il me martyrise à en crier, j’interromps la conversation pour faire « hahaha, vous me faite mal » et je reprends, lui raconte ma dernière chute et mes incapacités grandissantes, on sait tous les deux que malheureusement, il n’y a pas de solution mais que cette maladie ne fait pas mourir donc on en rirait presque… Je suis sortie fourbue et comme rouée de coups mais j’avais quand même l’impression comme à chaque fois, que ça allait vite aller mieux….

Oui, car lui au moins ne fuit pas devant mes plaintes, il les assume et se colte avec mon corps pour remettre des trucs en place. Il me soigne physiquement, il me touche, il cherche à me guérir malgré tout. Son engagement est total. Je ne comprends rien à sa spécificité mais je lui fais entièrement confiance et je le vénère !

vendredi 27 juillet 2007

reportage Italie

27 07 2007

Voilà, c'est là

mercredi 25 juillet 2007

reportage photo en préparation...

25 07 2007

Tant pis pour les impatients : vous devrez encore attendre pour voir les images d'Italie. J'ai commencé hier soir de les retoucher pour vous concocter un truc, mais comme j'étais avec l'ordi portable dans mon lit et qu'il était tard, je me suis endormie dessus. Oui, vraiment, assise, adossée à une pile d'oreillers, jusqu'au moment où j'ai réalisé la situation et rangé le PC pour m'allonger dans le noir et finir ma nuit... Résultat, ce matin légère migraine due au mécontentement de mes vertèbres cervicales, les pôôôôvres et en plus je les fais bosser car j'ai repris le montage de la cloison de mon placard, moi toute seule encouragée par moi-même...

Donc les photos sont presque toutes sur l'ordi portable, que j'ai traîné avec moi en "bagage cabine" juqu'en Italie pour que Fifille puisse bosser un peu sur son rapport de maîtrise. J'aurais mieux fait de m'abstenir car elle a fait une seule séance en une semaine...

Oui presque toute car j'en ai quelques-unes ici, restées dans l'appareil...Voilà, je vous en mets une petite, histoire de vous faire patienter...et je vais voir où en est la cuisson de mon repas avant de reprendre le collage des carreaux de béton cellulaire et ensuite, j'ai une livraison dans l'après-midi de matériaux, que je vais attendre je crois en faisant la sieste....

mardi 24 juillet 2007

Ne me jetez pas la pierre...

24 07 2007

Ne rien faire que de se préoccuper de mes loisirs pendant une semaine, j’ai apprécié. Un peu moins le côté collectif, bruit, agitation, musique folle, c’est le revers des vacances « Club »… Je deviens vraiment asociale, isolée dans ma bulle ou plutôt dans mon jardin, incapable de maîtriser l’agacement que me procurent certaines situations telles que les files d’attente (l’aéroport pour le retour était saturé et les employés pas au top, retard de deux heures après un embarquement très fastidieux, de quoi perdre en une journée le bénéfice de la moitié des vacances…). Je suis intenable dans ces moments-là, je jure tout fort et choque mon Doud’, rouspète et me plains, etc...J’ai l’impression d’être de plus en plus désinhibée ! L’aspect « traitement de masse humaine comme on traite un troupeau » me choque réellement et je constate que, malgré le prix des services, la qualité est un leurre ! Moi qui ai la chance de ne pas avoir besoin des transports en commun (car à la campagne, ils ne sont pas organisés !), je vais devoir renoncer aussi aux voyages en avion. Par fatigue, car ça devient pour moi trop difficile. Porter les bagages ou les tirer sur leurs roulettes, se préoccuper d’avoir toujours une bouteille d’eau dans son sac, repérer les pipi-room dans les aéroports, courir à la descente du car sur l’autoroute car lors d’une pause de 10 minutes pour deux cars de deux étages dans une station où il y a trois toilettes et déjà du monde qui fait la queue, vaut mieux arriver dans les premières…Ben oui, ma vessie a le même âge que moi et ma maladie n’arrange rien.

Donc douze heures de voyage pour une durée de transport qui ne devrait pas excéder six heures si le contrat était respecté. Une fois de plus, l’impression que l’argent n’a pas le même poids pour le client que pour le commerçant et se sentir traité au rabais !

A l’heure où les « démarches qualité » se multiplient, le constat est amer. La conscience professionnelle a pris du plomb dans l’aile, puisque de toute façon, la seule attente des boss est le résultat en terme de réduction des coûts. Il faut bien se rendre à l’évidence que ce qui prime, c’est le bénéfice qui va aller dans la poche des actionnaires. Cercle vicieux…

Que croyez vous que j’ai fait pour la première fois de ma vie, peu de temps après la présidentielle ? Afin de tenter de contrebalancer la perte que je vais subir dans les mois prochains avec les nouvelles mesures gouvernementales prévues (franchises de soins, augmentation des cotisations, etc…), je me suis lancée dans l’achat d’actions. Ben oui, ne me jetez pas la pierre…