lundi 25 juin 2007

Le Saint du jour

25 06 2007

A la Saint Anthelme, mets ton gilet de laine et tes pantalons de flanelle...

Invention de circonstance, un vent froid venu on ne sait d'où, nous glace et fait descendre la température. Mais où est l'été ? J'espère que mes quelques mots ne deviendront pas un dicton pour les siècles prochains ...

juin se termine

25 06 2007

Tous les ans, quand juin arrive, je me réjouis en pensant aux bonnes soirées à passer dehors. Cette année, je me sens frustrée, pluie et temps maussade nous ayant poussés au salon, pas loin du coin de la cheminée que je n'ai cependant pas eu le courage de rallumer.

Si je cherche dans mes souvenirs, mise à part une canicule en juin 1975, je trouve peu d'évènements vécus lors de belles soirées de juin. Cette année-là, je vivais mon premier été de "jeune travailleuse". J'occupais un bureau situé dans un bâtiment ancien, la chaleur ne se faisait sentir qu'une partie de l'après-midi. Le soir, un bain à la piscine municipale, installée près de la rivière avec des plages de pelouse et un beau panorama, nous ravigotait. Puis avec une amie, nous roulions dans la campagne, elle sur sa mob et moi sur mon solex, jusqu'à la nuit tombée. Oui, la vitesse toute relative de mon engin me procurait une sensation de vent frais. Cette canicule avait été particulièrement longue. J'aspirais à revoir des nuages dans le ciel.

J'aime pourtant la chaleur. Cependant, il faut de bonnes conditions pour la supporter : une maison ancienne, des murs de pierres, un coin de verdure, des volets épais pour s'abriter durant la journée. Les constructions modernes, à moins d'y adjoindre la clim, ne sont pas adaptées. Quant aux lieux de travail, c'est bien souvent encore pire : aucune isolation, pas de volets, des surfaces importantes recloisonnées sans modification des huisseries, avec des bureaux entièrement vitrés et d'autres ne comportant pas une surface de fenêtres suffisante pour garantir une bonne aération.... Arriver à 8 h du matin, dans un bureau où il fait déjà 29 degré, parce que les fenêtres ne peuvent rester ouvertes la nuit, laisse augurer une bonne journée où le système D est à l'honneur pour échapper à une vague de malaises : pieds nus sur la moquette, ça aide. Quand la soufflerie du ventilo ne suffit plus, ouvrir portes et fenêtres pour se donner l'impression que le courant d'air est plus frais et courir après tous les papiers qui se prennent pour des papillons. Étaler tous les objets suffisamment lourds pour retenir ces envolées. Se rendre compte alors que finalement, l'air n'est pas plus frais, refermer les fenêtres et laisser la porte ouverte pour continuer d'échanger nos impressions avec les filles du bureau voisin. Aller chercher un verre d'eau froide à la fontaine, installée après la canicule de 2003 par notre gentil patron, merci les syndicats et le comité de prévention. Placer une bande d'essuie-main mouillée devant le ventilo et aller la repasser sous l'eau toutes les 10 minutes en se disant chaque jour que demain, il faudra penser à amener un torchon pour remplacer cette solution de fortune. Il faudrait ne plus penser à rien, dormir... La solution de modifier ses horaires n'apporte pas de mieux puisque commencer à 6 h le matin pour finir à 15 h, ne nous est généralement autorisé qu'après maintes démarches de la part des syndicats, la décision arrive quand la moitié des troupes est déjà sur le flanc et généralement la veille de la fin de la canicule....

Pour en revenir aux longues soirées de juin, je me souviens qu'il y a deux ans, il faisait particulièrement beau pour la fête de la musique; j'étais alors en formation toute la semaine et je participai pour une fois à cet évènement. Si j'appréciai la promenade dans une ville superbe où les monuments historiques sont particulièrement bien mis en valeur, il n'en fut rien pour la fête elle-même : quelle cacophonie ! un groupe avec des enceintes tous les 50 mètres, c'est hard pour des oreilles plus habituées au silence de la campagne entrecoupé du chant des grillons la nuit et de celui des cigales la journée (moins strident que dans le sud car les nôtres sont plus petites et moins nombreuses, elles sont arrivées avec les cerisiers plantés, je crois, au début du siècle dans ma région, pour compléter le revenu des viticulteurs).

Finalement, je réalise que les bonne soirées dehors, c'est plutôt après le 14 juillet et jusqu'au 15 août par ici, à la lumière du projecteur de chantier que j'allume quand on se rend compte que, malgré la lumière de la cour, après l'extinction des lampadaires de la rue, on ne voit plus rien dans son assiette.