samedi 30 juin 2007

Qui glousse dans la nuit bressanne ?

30 06 2007

Glousser : désigne la poule qui appelle ses poussins ou qui s'apprête à couver.

Eh bien, les amis, comme les caméléons, je m'adapte à la couleur locale : lors de mes nuits en Bresse, je "glousse" dans mon sommeil.

Accessoirement, je parle également. La nuit dernière, au cours d'une insomnie, Doud' me demande :

" qu'est-ce que tu dis ?

- je joue

-à quoi tu joues ?

- à un jeu..."

Souvent, ma deuxième réponse prend un ton irrité. (M'enfin, il va m'empêcher pendant longtemps de vaquer à mes occupations, celui-là ! Que l'on ne me dérange pas au cours de mes songes d'une nuit d'été !).

Essayons, aussi adroitement que possible, de lui glisser cette citation de Michel Audiart (biographie) : "Pendant douze ans, on a fait chambre commune mais rêve à part."

vendredi 29 juin 2007

allons voir si le soleil brille un peu plus bas

29 06 2007

Je pars en "week-end" tout à l'heure, en Bresse, où il semblerait que le temps soit moins gris qu'ici. Tant mieux. Au programme, la brocante de la grange rouge dimanche. Et lecture, tricot, repos...

J'ai des roses superbes dans mon jardin. Il s'agit du rosier d'une amie que j'ai bouturé, je ne sais pas son nom. Il est encore bas car il n'a que deux ans et en plus je l'ai changé de place l'automne dernier. Mais il promet...Les roses tiennent près d'une semaine en bouquet, alors que d'autres comme rose de Rescht, ne tiennent qu'une journée. Celles-ci, je ne les cueille plus mais par contre, elles conviennent très bien pour faire une gelée ou un sirop de rose.

Si quelqu'un sait identifier mon rosier, je le remercie !

Je vais faire un beau bouquet pour porter à mon Doud' car la pluie va les abîmer et de toute façon, il n'y aura personne ici pendant trois jours pour les admirer.

jeudi 28 juin 2007

Du racisme

28 06 2007

L'année de ma classe de quatrième, ma prof d'histoire - géo, dont la mère enseignait le français en Algérie, nous proposa de correspondre avec des ados de notre âge : c'est ainsi que je commençais une correspondance avec une jeune fille de mon âge. Ma soeur, d'un an plus âgée que moi, se mit elle aussi à écrire à la soeur de mon amie.

Elle s'appelait Souâd, j'ai oublié son nom de famille. Elle vivait à Berrouaghia et allait au collège tout comme moi. Ses préoccupations étaient les mêmes que les miennes, celle d'une adolescente de 13 ans qui commence à regarder les garçons et à espérer attirer l'attention de l'un d'entre eux. Elle bénéficiait de la même liberté que moi, c'est à dire celle accordée aux enfants de 13 ans des années 70 : cinéma en "matinée" ou flânerie au parc avec des camarades le dimanche quand il n'y avait pas de promenade familiale obligatoire, et ce jusqu'à 18 heures dernier carat. Le samedi après-midi était réservé aux devoirs puis au lèche-vitrine en ville, entre soeurs et parfois avec ma mère quand il était temps de changer une paire de chaussures ou un vêtement devenu trop usagé ou étriqué. Quelques sorties exceptionnelles en soirée, toujours accompagnées d'un adulte pour des évènement tels que le bal du 14 juillet et le feu d'artifice, ou pour une représentation au théâtre où nous conduisait mon grand-père. Nous étions heureuses de ces libertés, pas forcément accordées à toutes les jeunes filles de notre âge. Seule la sortie pour le carnaval nous était autorisée sans adulte mais il fallait rester entre soeurs.

Mon père était raciste.

A cette époque, j'avais une connaissance très limitée de la population immigrée. Mon seul contact avec elle avait lieu lorsque je passais devant le chantier d'un immeuble en construction : des hommes me regardaient et m'apostrophaient dans une langue étrangère...Il y avait eu la guère d'Algérie, à laquelle mon père avait échappé ayant déjà trois enfants mais mon oncle l'avait "faite" et en était revenu fort mélancolique pour le restant de ses jours. Il était parti juste après ma naissance. S'il n'a jamais évoqué ce qu'il y avait vécu, il ne tenait pas non plus de propos racistes, contrairement à un autre oncle et à mon père. Pourtant, cet autre oncle venait tout droit d'Italie et mon père était descendant d'espagnol par son père, arrivé en France lors d'une vague d'immigration blanche, dans les années 20.

Une autre vision m'était donnée par mon grand-père. Homme engagé depuis 1933, il mettait tout son temps libre au service de la collectivité et il a travaillé pour sa ville tout au long de sa retraite. Il avait notamment un rôle de responsable au bureau du logement et présidait la commission. Mon grand-père recevait personnellement les gens qui avait un besoin urgent de se loger et, à l'heure où de grandes barres HLM sortaient de terre, le regroupement familial commença d'être plus facile pour les travailleurs immigrés. Avec quel plaisir il accueillait ces hommes qui mettaient en lui toute leur confiance ! Le bouche à oreille fonctionnait bien pour ensuite connaître son adresse et lui rapporter un souvenir de la "kasbah".

Ma grand-mère adorait le clinquant, les théières et autres plateaux argentés, magnifiques au demeurant, trônaient donc en bonne place dans son salon. Les tapis recouvraient le sol et les tables. J'aimais bien aller chez elle, quel dépaysement ! A la maison, ce n'était pas le même son de cloche. A chaque repas, mon père prenait la parole et la gardait. Entre ses diatribes contre les arabes et les critiques de ses chefs et patrons en général qu'il fallait tous abattre, afin de ne plus l'entendre, je fermais mes écoutilles et m'échappais par le rêve, vers des pays lointains. Je ne me souviens plus lesquels mais je pense que l'Algérie en faisait partie. En effet, j'ai comme une nostalgie de ce pays, depuis mon adolescence.

Les évènements dramatiques qu'a connu ce pays ces quinze dernières années m'ont beaucoup marquée. Je continue cependant de rêver qu'un jour, il me sera possible d'aller vivre dans ces contrées mais je ne vous cache pas que mes espérances s'amenuisent au fils des ans.

Je me demande souvent ce qu'est devenue Souâd.

mercredi 27 juin 2007

Lettre d'un prisonnier

27 06 2007

(cliquer ici)

"Mon cher L., Quelques mots d'un exilé qui espère d'être auprès de vous d'ici peu. Vous allez bien là-bas, j'ai appris l'accident de Y., heureusement sans suite grave pour elle. J'espère que toute ta petite famille se porte bien et que vous ne souffrez pas trop. Je te charge d'être mon interprète auprès de tous les collègues et surtout faut mettre quelques bonnes bouteilles à gauche. Bons baisers à tous. M."

Hier, ayant besoin d'un rouleau de papier, je suis montée dans une pièce de ma maison qui sert de débarras. Quelques cartons non encore déballés, faute de placards, y traînent au milieu du matériel de la parfaite bricoleuse, le tout recouvert de toiles d'araignées. Ce que je cherchais ne s'y trouvait pas. Par contre, j'ai aperçu une grande boîte contenant des photos et correspondances de ma famille. Je suis donc redescendue avec cette masse de documents dans lesquels je suis plongée depuis hier soir.

J'ai notamment une correspondance adressée à mon grand-père par son meilleur ami et beau-frère, les deux copains inséparables ayant épousé deux soeurs. Ils étaient également collègues d'atelier.

La carte est une "kriegsgefangenenpost" : correspondance des prisonniers de guerre. Elle est datée du 15 août 1943. J'ignore à quelle date mon grand-oncle a été fait prisonnier, je me souviens cependant des récits de ma mère : il a d'abord été emprisonné dans sa ville, ce n'était donc pas lors de la débâcle en 1940. Employé par la municipalité, il aurait pu être "délivré" par ses camarades de travail, lors de sa captivité dans les caves d'un lycée de la localité. Par peur de représailles contre sa femme et son petit garçon, il refusa et fut déporté au camp de Krems en Autriche, dans le stalag XVII B. Ce dernier élément m'est fourni par les informations contenues au verso de la carte. Je ne sais pas non plus à quelle date il est rentré chez lui. Il vécut ensuite peu d'année, usé par les privations et mauvais traitements connus durant sa captivité. Grâce à Internet, j'ai trouvé quelques éléments sur ce camp et en particulier, un site de Francis Fournier où l'on peut lire trois numéros d'un journal édité par les prisonniers.

La lecture de certains articles, notamment sur la nécessité de rester joyeux, donne à méditer. Un extrait de cet article de l'abbé R. Galpin : "La joie est dans l'effort et affaire de volonté. Remplis bien ta vie même de prisonnier, à force de cran, donne lui toute sa perfection et tu trouveras la joie. Bien sûr tu as le droit de désirer plus de liberté que celles qu'on t'a laissée dans un carré de barbelés. Ce serait cruel de te défendre cela et je ne le veux pas, mais la joie parfaite, ça n'existe pas."

encore un Saint du jour

27 06 2007

"A la saint Cyrille d'Alexandrie, dans ta penderie, prend ton manteau en plumes de perdrix et afin de rester sec, cours te réfugier en Ombrie"

mardi 26 juin 2007

La danse des fourmis

26 06 2007

Au petit jour, réveil dantesque : Chat 1 me fait une indigestion de souris, sur la moquette de ma chambre !

Je me fâche et j'ouvre la fenêtre, pas besoin de lui fournir d'autres explications : mes cris ont été assez convaincants car, malgré une pluie battante, il ne demande pas son reste. Vite, je cours dans la cuisine fermer le vasistas situé au-dessus de l'évier, afin que ce cochon ne se réintroduise pas dans la maison (non, voyons, ne prévenez pas la SPA, il peut s'abriter dans le garage surmonté d'un grenier, soit environ 150 mètres carrés : je n'ai jamais trouvé par où il rentrait, je ne peux donc pas lui boucher cette dernière possibilité de s'abriter...).

Quelques heures de sommeil plus tard, je constate que les deux autres chats ont voulu sortir : en essayant d'ouvrir la petite fenêtre, ils ont renversé une boîte de conserve où trempaient, dans du white spirit, deux pinceaux. . . Une mare orangée et odorante s'est formée sur l'inox : une nuée de fourmis s'y abreuve !!! Elles, rentrées par la fenêtre, ne peuvent par contre plus sortir et après avoir bu le précieux breuvage, errent dans toute la cuisine, avançant telles des crabes...En les regardant de plus près, je vous assure que ces fourmis n'avaient pas l'air en bonne santé : elles étaient tout rabougries.

lundi 25 juin 2007

Le Saint du jour

25 06 2007

A la Saint Anthelme, mets ton gilet de laine et tes pantalons de flanelle...

Invention de circonstance, un vent froid venu on ne sait d'où, nous glace et fait descendre la température. Mais où est l'été ? J'espère que mes quelques mots ne deviendront pas un dicton pour les siècles prochains ...